Grands et petits avatars
Le dico * * page 2/3
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Dossiers annexes
Utopies et Dystopies
Sacrifice et religion
Chronologie
Iréné de Lyon
Royaume de prêtre Jean
Oedipe
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Articles annexes
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Ayahuasca
Bandeirante
Encomienda
Eldorado
Enchantés (royaume des)
Fitzcarraldo
Jurema
Mission
Palenque
Palmarès
Quilombo
Sébastianisme
Seringuero
Tordesillas
Dernière révision
février 2010
Avant-propos
Ce dictionnaire en 3 pages est lié aux sujets traités dans nos pages, et apporte des informations complémentaires qu’il aurait été fastidieux d'évoquer dans nos articles. Il comprend aussi des définitions traitant de thèmes périphériques qui nous ont paru intéressants de mentionner dans le contexte. Il est complété par notre dictionnaire des utopies et dystopies .
Liste des mots de F à N
Firmas - Fitzcarraldo - Flamines - Fon - Fun-fun - Garifuna - Gélédé - Glossalie - Gnose - Gnosticisme - Grégorien(ne) - Hénothéisme - Herméneutique - Herrnhut - Hexakosioihexekontahexaphobie - Hétérousiens - Homéens - Homoousiens - Homoiousiens - Homuncionates - Humuncionites - Humuncionistes - Hypostase - Ifa - Ikofa - Ita - Iten - Jagunços - Jêjé - Jurema - Kétu - Kimbanguisme - Kimpungulu - Knisi - Kongo - Kumina - Latifundisme - Lucumi - Macumba - Malês - Mamelouk - Mano d'Orunmila - Marron-marronnage - Mère - Messianisme - Metensomatose - Millénarisme - Missions - Mpongo- Monophysisme - Myal - Nag Hammadi - Nago - Ndoki - Nganga - Nicolaïsme - Nkuyu -Accéder à la liste de A à E
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Définitions.
Firmas
Dans la règle du Palo Monte à Cuba, les « Firmas » sont selon la traduction du mot les signatures, autrement dit des tracés fait sur les «Prenda»
ou sur le sol ou tout autre objet cultuel. Les firmas correspondent chacune à une divinité ou entité unique et leur dessin et l’un des moyens de les
appeler à participer soit aux cessions et rituels de possession, soit l’élaboration des travaux de magie/sorcellerie. Les dessins effectués avec du
plâtre sont utilisés pour la pratique de la magie blanche, et ceux fait avec du charbon sont pour opérer la magie noire. Les firmas cubaines sont à
rapprocher des pontos riscados de l’umbanda, des anaforuana du culte
nanigos (Abakua) de cuba, et des Vévés du vodou haïtien.
Fitzcarraldo
Fin du 19em siècle début du 20ém les régions de la forêt amazonienne frontalières du Brésil de la Bolivie et du Pérou attirent les convoitises de quelques
aventuriers qui vont faire main basse sur les zones de productions du caoutchouc. Qu’il provienne des régions humides proches des cours d’eau ou des zones
plus sèches en altitude, l’acheminement de la production dans un pays sans infrastructures doit impérativement emprunter le cours d’eau navigables. Trois
grandes routes se dégagent. Les rios Purus et Madeira empruntent un trajet nord-ouest et permettent aux régions de production de l’est brésilien sud Pérou
et nord Bolivie de livrer leur marchandise sur Manaus. Le troisième axe principal est celui du rio Ucayali qui partant du sud du Pérou se dirige au nord
pour rejoindre Iquitos et en suite Manaus en reprenant un parcours plein ouest.
Le passage par Iquitos rallonge considérablement le trajet et c’est
là qu’intervient notre Carlos Fermin Fitzcarraldo. Aventurier né d’un père américain et d’une mère péruvienne, Fitzcarraldo (né Fitzgerald) va exploiter
les zones de productions de la région de l’Ucayali. Mais Fitzcarraldo a entendu dire que les Incas auraient emprunté un passage terrestre permettant de
rejoindre le rio Urubanda (affluent de l’Ucayali donc route d’Iquitos) et le rio Madre de Dios (affluent du Madeira route directe vers Manaus). Sur
cette idée il tente de trouver un passage allant vers le Purus, mais s’il découvre bien un passage il lui faudra près de 500kms de navigation pour
réaliser qu’il est sur le Madre de Dios. La différence n’est pas anodine. En effet la navigation sur le Madeira auquel aboutit le Madre de Dios
nécessite de nombreuses ruptures de charges en raison des nombreuses cataractes, ce qui induit des portages terrestres longs et couteux.
C’est en
tombant sur le centre de production du baron Suarez que Fitzcarraldo a la confirmation de son erreur. Cependant Suarez stupéfait de voir débarquer une
armada d’une provenance impossible prend des accords avec Fitzcarraldo pour utiliser sa route mais en sens inverse. Ainsi le projet initial est
complètement inversé. Désormais le Madre de Dios sera remonté jusqu’au point de passage terrestre (isthme de Fitzcarraldo) où après un seul et court
portage les envois seront transbordés pour reprendre la route de l’Ucayali puis Iquitos.
C’est cette histoire de la découverte de ce passage et du
transbordement du matériel qui est à l’origine du scénario du film éponyme de Werner Herzog. Dans ce film Fitzcarraldo se prénomme Brian Sweeney, et son
bateau s’appelle Molly du nom de sa compagne. Dans la réalité le bateau de Fitzcarraldo s’appelait le Contamana et il s’agissait d’un tout petit vapeur
qui fut mis en pièces détachées lors de son transfert terrestre. Rongé par l’humidité et affaibli par les démontages et remontages le Contamana n’est
jamais revenu en arrière et son épave est toujours visible à Puerto-Maldonado au Pérou, quant à Fitzcarraldo il n’a guère profité de son succès et il est
mort noyé avec Suarez l’un ayant essayé de sauver l’autre.
Flamines
Les flamines (sing. flamens) étaient à Rome le nom des prêtres attachés au culte d’un seul dieu. Il existait 15 flamines, 3 majeurs attachés au culte de
Jupiter, Mars, et Quirinus, et 12 flamines mineurs attachés aux cultes de,( Carmentis, Cérès, Falacer, Flora, Pomone, Vulcain…) Les flamines majeurs étaient
choisis par la grand pontife, et les mineurs élus par la plèbe. Les flamines étaient soumis à des règles strictes comportant de nombreux interdits. Ils ne
pouvaient sortir que coiffés de l’Apex, un bonnet conique en cuir blanc. Leur fonction devait être tenue à vie. Ils devaient être mariés mais devaient
abandonner leurs fonctions s’ils devenaient veufs.
Fon
Bien qu’ils soient souvent désignés comme peuplade d’origine du culte des voduns les Fon du Bénin s’insèrent dans un ensemble de sociétés rivales partageant
plus ou moins les mêmes croyances. Le sud-est du Bénin a fait face à deux types d’invasion. L’une au XIIème siècle a vu arriver de l’est les Yoruba voisins, et
l’autre vers le XVIème siècle a vu débarquer les Adja-Ewe provenant du Togo, dont les Fon sont devenus un des groupes les plus influents. De ce fait la vision
d’une origine unique du vodou relève d’un concept colonial qui par dédain, ignorance, ou calcul politique déniait à l’Afrique toute antériorité historique
propre. En effet les Fon d’avant la colonisation se sont trouvés en concurrence avec les Goun de Porto-Novo, les Houéda de Ouidah, sans compter les peuplades
du nord et bien sûr les yoruba voisins. Ce qui nous intéresse ici est de remarquer que dans les grandes migrations imposées par l’esclavage, les syncrétismes
ne seront pas uniformes au prétexte qu’ils sont d’inspiration vodun (vodou), mais auront des spécificités typiques des peuplades qui en sont véritablement à
l’origine. Ainsi les cultes vodou nés des migrations de peuples Ouidah démontreront une vénération au vodun Dan (Dambira) ou dieu serpent qui était l’animal
fétiche de la tribu Ouidah, alors qu’une telle vénération sera absente dans d'autres cultes vodou.
Lien vers: Histoire du Bénin
Fun-fun
Dans la tradition des Yorubas le monde des orishas est divisé en deux. D’un côté se situent les orishas blancs appelés fun-fun, qui sont
qualifiés de ‘froids’ et transmettent les pouvoir vitaux. Ce sont Obatala, Osain, Oshun, Oko, Yemaya. De l’autre côté on trouve les orishas noirs
qualifiés de 'chauds', maîtres de la guerre et de tout ce qui fait couler le sang. Ce sont Shango, Oggun et Oya.
Garifuna (pl:garinagu)
Les Garifunas ou « Caraïbes Noirs » sont des peuples des caraïbes et d’Amérique centrale issues du métissage de noirs africains, de nègres marron et
d’autochtones des caraïbes. En 1635 des africains initialement destinés à l’esclavage se sont retrouvés à la suite d’un naufrage sur l’ile Yurumein
(Saint Vincent) et y ont pris souche se mélangeant avec les Arawaks. Garifuna forme son pluriel en Garinagu en langue originale, toutefois le français
accepte garifunas. Le terme Caraïbe noir s’oppose à celui des Caraïbes Rouges autrement dit aux populations d’origine locale. Cependant en Espagne comme
en Angleterre les arawaks sont dénommés Caraïbes jaunes (Yellow - amarillo). Après avoir été abandonné par les français dans leur lute contre les anglais,
les garifunas ont été vaincu et déportés par ces derniers sur l’ile de Roatan près des côtes du Honduras. Au bout de quelques années ils s’en sont évadés
pour se réfugier au Honduras, Guatemala, Belize.
Gélédé
La société des Gélédés est une société à masque de la société Yoruba organisée en groupes d’hommes ou de femmes pouvant être dirigée par une femme ce qui
est unique dans les sociétés à masques. Les manifestations Gèlèdés ont lieu une fois par an après les récoltes ou lors d’évènements particuliers comme
les sècheresses ou les épidémies. L’objet de Gélédé est de combattre les forces surnaturelles malveillantes pouvant porter préjudice au groupe social en
s’attaquant à ses ressources ou en apportant des maladies. C’est Éfé, un être masqué venu de l’au-delà, qui la nuit en compagnie de trois tambours et
des membres de la société neutralise les mauvais sorts dont les sorcières sont toujours responsables. Les manifestations diurnes des Gélédés semblent
se limiter à de simples divertissements. Symboliquement les rituels Gélédés seraient une forme de rites propitiatoires servant à apaiser les colères de
la «mère nature» résultant du passage d’une société matriarcale à une société patriarcale.
Glossalie
La glossalie est la disposition de certains adeptes en particulier chez les pentecôtistes et les Spiritual Baptists (Shouters)de parler dans des
langues étrangères (xénolalie) qu’ils ne connaissent pas, et ceci généralement lors d'extases ou de transes. La glossalie serait aussi le langage des
anges.
Gnose.
La gnose est un credo qui propose d’atteindre le salut en suivant le chemin de la connaissance (en principe de soi) et en tous cas au travers d’une
expérience et une révélation totalement personnelle. Ce cheminement s’oppose aux religions faisant de la foi et de la
croyance en la révélation faites par les divinités à des tiers intermédiaires (prophètes, messies, ou religieux) la condition du salut. La gnose ne doit
pas être confondue avec le gnosticisme qui sur le fond propose également d’utiliser le chemin de la connaissance pour atteindre à la révélation mais
propose une version organisée et dogmatisée de la vérité à connaître. Pour le gnosticisme l’homme doit savoir qu’il fait parti d’un monde erroné créé par
un Dieu mauvais ou du moins incompétent, le démiurge, et que seul l’anéantissement de ce monde peut favoriser un retour vers le vrai Dieu qui n’a jamais
participé à la création. La gnose reste donc une démarche philosophique ou religieuse alors que le gnosticisme propose une cosmogonie.
Gnosticisme
Il n’existe pas de définition absolue du terme gnosticisme. Celui-ci doit être dans un premier temps dissocié du terme Gnose qui pose la connaissance
comme moyen d’atteindre le salut au travers d’une expérience personnelle, s’opposant de la sorte à la foi qui demande d’accepter que le chemin du salut
soit révélé par l’expérience d’un tiers auquel on doit faire confiance. Le gnosticisme lui, concerne plus précisément un ensemble de croyances qui vers
le IIe et IIIe siècle se sont opposées aux thèses du christianisme naissant. Il serait plus exact de dire sur ce point que le gnosticisme est une
interprétation du christianisme qui a perdu la partie et s’est avéré de ce fait hérétique. Le gnosticisme n’est d’ailleurs pas une religion au sens
propre et n’est pas exclusif au christianisme. Il s’agit plutôt d’une conception de la cosmogonie qui tente de s’enraciner dans diverses religions comme
le mazdéisme, le mandéisme et bien entendu le manichéisme qui est directement issu de la secte gnostique de Mani. L’idée persistante du gnosticisme est
que le monde, le cosmos est une création d’un dieu mauvais ou incompétent, le démiurge et que l’homme doit rejoindre sa nature originelle profondément
divine attachée au vrai Dieu inconnu et non manifesté qui n’a en aucun cas participé à la création. C’est cette connaissance que l’homme doit acquérir,
celle qui lui indique qu’il n’existe aucune raison de s’attacher à ce monde et que bien au contraire il faut travailler à son anéantissement. L’ensemble
de la cosmogonie gnostique nous est connu d’une part grâce aux détracteurs (Iréné de Lyon…) qui en citant les hérétiques leur ont offerts une postérité
inattendue, et d’autre part grâce aux découvertes de Nag Hammadi et des textes majoritairement gnostiques. De façon très succincte le
monde est partagé entre le non créé domaine de Barbélo où tout est contenu en archétype non manifesté du Plérome, et le monde manifesté, déchu et erroné
du Kérome qui doit être effacé à la fin des temps pour que l’homme primordial retourne à la divinité et échappe au monde de la matière qui lui est
étranger. De toutes les sectes gnostiques seule celle de Mani à réussi un temps à devenir une religion.(Manichéisme) L’ensemble des autres sectes n’ayant
que rarement vécu au-delà du IVe siècle, mais en revanche les thèses gnostiques ont largement survécu au travers de certaines « hérésies » comme le
catharisme.
Voir aussi notre page sur les hérésies gnostiques
Voir aussi notre page sur les Textes Apocryphes et
canoniques
Grégorien (grégorienne)
La réforme grégorienne est une phase de l’histoire de la chrétienté initiée par Léon IX et qui s’étend sur le Xème et XIème siècle au cours de
laquelle l’église s’est libérée de l’emprise de monde laïque et du pouvoir temporel en même temps qu’elle entreprenait de discipliner son clergé en
s’attaquant en particulier au nicolaïsme et à la simonie. Le calendrier grégorien n’est pas issu de cette réforme, mais sera réalisé sous le pontificat
de Grégoire XIII et appliqué pour la première fois en 1582.
La réforme grégorienne
Le titre même de réforme doit être clarifié car il sous-entend en partie le rétablissement d’un état d’antériorité qui aurait disparu. Or à l’analyse on
constate surtout que sont sorties de cette affaire de nouvelles normes qui étant aujourd’hui encore la règle nous font considérer l’ordre antérieur comme
hétérodoxe ou même hérétique alors qu’il était à l’époque majoritairement coutumier. Explications.
Trois grandes cibles étaient en ligne de mire de
la réforme. En premier il s’agissait d’écarter le monde laïc de l’ingérence qu’il s’était octroyé dans les affaires de l’église et en particulier des
nominations et investitures. Le second axe était de réformer les mœurs du clergé en mettant un terme au nicolaïsme (concubinage ou mariage de clercs) et
à la simonie ou attribution des sacrements et charges contre finance. Or si nous reprenons chaque thème nous constatons d’abord que l’intrusion de la
communauté laïque et du pouvoir temporel dans l’église relevait d’une organisation de la société issue de la dynastie carolingienne et reprise par la
dynastie ottonienne au sein du grand empire Romain-germanique. L’imbrication de la société civile dans l’église de même que la nomination d’une
hiérarchie épiscopale issue de la noblesse constituait une coutume d’autant plus admise que l’évêque se devait également d’être le protecteur et donc
avoir les moyens de ses prétentions. De plus dans une société quasiment analphabète cette situation n’avait rien de choquant.
En ce qui concerne la
simonie l’affaire est moins évidente et d’ailleurs les abus en la matière seront plus tard une des récriminations majeure de Luther et source d’une
scission définitive. Mais à l’époque les choses sont moins nettes du fait de l’imbrication de charges administratives aux charges religieuses. Quant au
nicolaïsme l’église jette la confusion en mettant dans le même sac les religieux aux mœurs dissolues et ceux qui sont mariés. Or à cette époque le
mariage des prêtres n’est pas interdit mais fait l’objet de règles qui tendent à faire du célibat une vertu supérieure.
De fait la réforme grégorienne n’est pas seulement une tentative de libération du pouvoir laïc mais tout autant une conquête interne de ce pouvoir par
l’évêque de Rome qui cherche à établir son autorité sur l’ensemble de l’église d’occident. De ce point de vue la rupture provoquée avec l’église d’Orient
permet de résoudre une partie d’un problème sur lequel Rome n’avait que peu d’influence. Pour autant il fallait encore faire de cet Orient une branche
hérétique et pour cela la papauté n’a pas fait dans la dentelle.
Par un raccourci simpliste mais bien mis en scène l’évêque de Rome s’est déclaré
descendant de Saint Pierre, ce qui est généralement admis si on se restreint à la seule fonction d’évêque de Rome, mais qui l’est moins (car annoncé
qu’une seule fois chez Matthieu) si l’on considère que cette filiation vaut désignation d’autorité sur la totalité de l’église chrétienne. Pourtant le
pas est franchi et sous prétexte que Pierre aurait été la pierre sur laquelle… il était clair que l’évêque de Rome devenait le successeur désigné Pierre
chef de l’église dans sa totalité.
Il ne restait plus alors pour le pape que de modifier les termes du credo de Nicée en décrétant que nul n’était
catholique s’il ne reconnaissait pas l’autorité suprême du pape. Cette réforme partie pour affirmer l’église dans sa demeure et qui prendra le nom d’un
de ses réformateurs Grégoire VII, finira par accoucher d’un royaume de Dieu sur terre, un royaume catholique soumis à l’infaillibilité d’un pape qui
n’hésitera à intervenir dans les affaires de la cité.
Calendrier Grégorien
Le calendrier grégorien est un calendrier établi au XVIème siècle sous le pontificat de Grégoire XIII et dont l’objectif était d’adapter l’année
calendaire au plus près de l’année solaire. Jusque là l’utilisation du calendrier julien amenait un décalage d’un jour tous les 134 ans, alors qu’avec le
grégorien on atteint cette différence d’un jour tous les 3000 ans. Pour ce faire est intercalée tous les quatre ans un 29em jour au mois de février
(année bisextile) sauf si cette année est séculaire à moins que son chiffre soit divisible par 400. L’an 1 du calendrier grégorien est fixé au jour de la
naissance présumée de Jésus.(A.D Anno Domini,ou ère chrétienne, abréviation utilisée en Anglais).
Lors de la mise en place de ce calendrier il a été
supprimé entre 10 et 12 selon l’époque de la mutation jours sur le calendrier Julien afin de rétablir la correspondance avec le cycle solaire. La
première application à été faite en Espagne au Portugal et dans les états de la péninsule italienne le 4 octobre 1582 dont le lendemain fut le 15
octobre. En France la mise en place à été réalisé le 9 décembre 1582 dont le lendemain fut le 20 décembre (sauf Alsace (1682) lorraine (1760) et
Strasbourg (1682). Un des derniers adhérents a été la Chine
Hénothéisme
Nous trouvons parfois le terme hénothéisme utilisé pour définir les religions animistes africaines. L’hénothéisme est une croyance qui rend un seul culte
à un Dieu considéré comme prédominant. Dans l’hénothéisme bien que les autres dieux ne fassent pas l’objet d’un culte, rien ne l’interdit. En revanche
la monolâtrie ne vénère qu’un seul dieu à l’exclusion de tous autres. Or cette définition attribuée aux animismes, en particulier Yoruba, Bantou, Dahomey
ne nous parait pas coller. A première vue ces croyances sont des polythéismes, mais elles peuvent tout aussi bien être qualifiées de monothéisme selon
l’interprétation que l’on fait de la nature des Orishas, Voduns, Kimpungulu. Dans ces cultures ces dieux sont des représentations des forces naturelles,
à la limite des sortes de Saints, Anges, Archanges, intermédiaire entre le Dieu unique et les hommes. Nous pourrions tout aussi bien traduire Orisha par
le terme de « Saint » ou par « Dieu » et nous aurions alors un mono ou un polythéisme. En revanche ce que nous n’aurions ni un hénothéisme ni une
monolâtrie, car la particularité de tous ces Dieux uniques, Olorun, Nana Buluku, Anana c’est qu’ils se sont retirés du monde et qu’aucun culte ne leur
est rendu. De plus les Orishas, Voduns et autres ne sont vénérés qu’en qualité d’intermédiaires du Dieu unique ou des forces dont ils ont la charge
représentative. Alors ce stade nous pouvons toujours considérer ces animismes comme des monothéismes ou des polythéismes selon le sens que nous voudrons
donner aux mots, mais nous n’avons aucun terme pour désigner un système religieux qui croit à un Dieu prédominant auquel il n’est rendu aucun culte
direct.
Herméneutique
L’herméneutique couvre l’interprétation des textes religieux (herméneutique sacrée) ou tous textes anciens et récent nécessitant pas nature des explications
(philosophie, mythes, droit, sociologie, psychanalyse etc.) ou encore des interprétations ( ouvrages sur la symbolique, les mancies en général etc.).
L’herméneutique aborde l’analyse des textes en se reposant sur la doctrine des quatre sens pouvant revêtir l’écriture à savoir : le sens littéral,
l’allusif, l’allégorique et enfin le mystique. C’est ce dernier sens « Sod » qui occupe le champ d’étude de la kabbale dans le judaïsme.
Herrnhut
Herrnhut est le nom d’une communauté fondée en 1722 par les frères Moraves sur les terres du conte de Zinzendorf en Saxe. Voir les frères moraves
et Jean Huss dans notre page «protestantisme»
Herrnhut signifie Dieu surveille ou regarde.
Hétérousiens
Sectes d’arien disciples d’Aétius qui affirmaient que le Fils était d’une autre substance que celle du Père d’où leur nom
hétér-ousien (autre substance).Ils nommaient adeptes du courant orthodoxe les homoousiens.
Hexakosioihexekontahexaphobie
Anticonstitutionnellement, ce freluquet qui nous rebat les oreilles à chaque occasion en se prétendant être le mot le plus long de la langue française
semble être vaincu par «Hexakosioihexekontahexaphobie» et même exterminé si comme lui on pousse jusqu’à l’adverbe pour en rajouter, donnant ainsi
l’imprononçable « Hexakosioihexekontahexaphobiquement ». Ce mot impossible à placer dans une conversation désigne la phobie du nombre 666, celui de la
bête de l’Apocalypse. Les britanniques ont éliminés ce numéro des plaques d’immatriculation de leur voiture démontrant ainsi une forme
d’ hexakosioihexekontahexaphobie, mais il sera toujours plus facile de parler de superstition.
Homéens
Courant modéré de l'arianisme se situant entre les homoiousiens (non ariens) pour lesquels le fils est
de nature semblable à celle du Père et les anoméens (ariens stricts) pour lesquels il n’existe aucune subordination entre le
Père et le Fils. Pour les homéens le Fils est semblable mais pas nécessairement subordonné.
Homoousiens (ou homoousiastes)
Nom donné par les Ariens (disciples d’Arius) à leurs opposants orthodoxes qui prétendaient que le Père et le Fils étaient
Consubstantiels. Ce nom est de fait la traduction de "consubstantialité", définition adoptée au concile de Nicée et qui fut préférée à
celle qui ajoutant un «i» ou iota, devint homoiousienne prétendant ainsi que les Père et le fils n’étaient pas
consubstantiels mais de nature semblable. Ces colossales finesses qui servaient sans doute d’avantage à délimiter les cours et établir les pouvoirs
s’opposaient en totalité à l’arianisme -qui fut d’ailleurs la raison de la convocation du concile nicéen- et qui prétendait que le Fils (Jésus-Christ)
n’était pas subordonné au Père. C’est aussi pour cette affirmation de différence entre Père et fils que les ariens furent appelés aussi
Anoméens (De anomois : différent). Le débat sur la consubstantialité ne doit pas être confondu avec celui du filioque qui sera plus
tardif et inclura le Saint-Esprit dans la dispute.
Homoiousiens
Le concile de Nicée (325) fut convoqué par Constantin Ier pour régler la controverse relative à la nature du lien entre le Père (Dieu) et le Fils
(Jésus-Christ), et condamner en particulier la version de l’arianisme qui refusait que le Fils soit subordonné au Père. Dans le camp de l’orthodoxie
deux versions s’affrontaient encore selon des critères compréhensibles pour les seuls initiés. Pour les uns le Fils était de même substance que le Père.
Se furent les adeptes de la consubstantialité qui reçurent le nom de Homoousiens (même substance) et emportèrent la décision finale.
Les autres considéraient que le Père et le Fils n’étaient pas consubstantiels mais de nature semblable. Ils furent appelés homoiousiens par l’adjonction
du fameux "iota" devenu symbole des querelles byzantines.
Homoncionates
Non donné aux chrétiens orthodoxes par les ariens (adeptes d’Arius) du fait qu’ils affirmaient la présence de deux natures en Jésus-Christ, l’une divine
l’autre humaine. Cette définition proposée par tous les dictionnaires peut surprendre car le Nestorianisme considéré comme
hérétique, tenait le même discours. L’ambiguïté ne peut être levée qu’en considérant que les homuncionates nous parlent de deux natures alors que les
nestoriens se réfèrent à deux personnes. A ne pas confondre avec les Humuncioniste ni les humuncionites.
Humuncionistes
Les sectateurs de Photin ou photiniens furent aussi appelés humuncionistes. Ils niaient la divinité de Jésus qui ne devint
Christ que lorsqu’il reçut le Saint-Esprit lors de son baptême dans le Jourdain. Pour eux Jésus fut appelé « fils unique » pour la bonne raison que Marie
aurait eu un seul enfant.Ces idées seront reprises par Socin pour donner naissance au socinianisme.
Humuncionites
Hérétiques qui affirmaient que Dieu à créé le corps de l’homme à son image, mais pas l’âme.
Hypostase
Dans le domaine de la religion l’hypostase est un terme qui définit les principes premiers ou les réalités fondamentales. Dans la doctrine néoplatonicienne
les hypostases étaient les formes premières dans lesquelles se manifestait le Dieu unique en l’occurrence en trois hypostases, l’Un
ineffable et absolu, l’ Intelligence née de l’Un, et l’ Âme prise dans le sens global d’une force agissante en toute
chose. Dans la doctrine chrétienne chacune des trois personnes de la trinité est une hypostase mais de même substance (consubstantielles). Cette
question très théorique pour ne pas dire absconse donnât lieu à diverses interprétations contradictoires dont la plupart ont été considérées comme
hérétiques dès lors qu’elles s’opposaient au Crédo de Nicée. (Nestorianisme, Arianisme
, Monophysisme, Apollinarisme et le Monothélisme.) Toutefois ces
hérésies ne portaient que sur le rapport Père et le Fils. En revanche le Saint-Esprit sera lui impliqué lorsqu’il sera décidé au concile de Tolède en
589 de déclarer que ce Saint Esprit ne procède pas seulement du Père mais également du Fils (querelle du Filioque). Ce sera une des causes affichée de la
rupture entre église d’Orient et d’Occident en 1054.
En médecine l’hypostase est un sédiment dans un dépôt organique, principalement l’urine
Ifa
Lorsqu’Oloddumare dieu suprême du panthéon yoruba créa l’univers il eut comme seul témoin
Orunmila, et de ce fait ce dernier eu la connaissance de tous
les destins. Premier prophète envoyé sur terre Orunmila fut chargé d’aider les hommes dans une évolution qui devra les amener au terme de leurs réincarnations
à devenir de purs esprits dans le royaume d’Orun (le ciel). Pour ce faire Orunmila doit pouvoir adresser ses conseils avis et avertissement aux être humains
et cela tout au long de leur existence, et c’est par l’Ifa qu’il communique.
L’Ifa est un système de divination faisant partie intégrante des
traditions yoruba que seul le babalawo un prêtre ayant subit une très longue initiation peut pratiquer. Le terme Ifa désigne à la fois le culte la
prêtrise et l’Orisha Orunumila lui-même. La pratique de l’ifa appelée Idafa repose soit sur l’utilisation de 18 noix sacrées et de la planche d’Ifa
(grand jeu) ou du chapelet divinatoire, l’Opele (petit jeu). A l’aide de l’un de ces deux procédés le babalawo va sélectionner parmi les 256 Odus
possibles celui qui transmet la réponse d’Orunmila à la question qui a motivé la séance. Chaque Odu contient exprimée de façon lyrique et poétique une
histoire sacrée du peuple yoruba (pataki ou ese). De fait les 256 odus englobent et incarnent la totalité des archétypes universels et leur modalité de
développement. La consultation de l’Ifa peut avoir lieu de façon régulière ou à l’occasion d’évènements particulier. Cependant l’utilisation de la planche
d’Ifa est réservée aux très grandes occasions comme la cérémonie de la "main d’Orunmila" par laquelle le nouvel initié va recevoir son signe et le nom de
son protecteur. Le rituel de l’Ifa dont la Mecque est la ville d’Ile-Ife au Nigéria est pratiqué chez les fons du Bénin sous le nom de Fa et les sous
celui d’Afa chez les Ewe du Togo.
voir notre page racines africaines, la divination Ifa>>
Ita
Nom donné au troisième jour de la cérémonie de la « Mano d’Orunmila » au cours de laquelle les babalawos communiquent à l’initié la paroles d’Orunmila
reçues par l’intermédiaire de l’Ifa. Sont également remis les colliers et pratiqués les offrandes et sacrifices (Ebo) en rapport avec le signe d’Odu reçu
par le nouvel adepte.
Iten
Dans l’aire culturelle Yoruba/Fon/Ewe les « iten » sont des récits qui relatent les l’histoire d’un ancêtre fondateur de lignage, d’une personne ou même
d’un Orisha (divinité) Il existe deux sortes d’iten, l’une concerne les textes d’inspiration historique ou mythique qui ne sont racontés que le jour, et
l’autre concerne des récits imaginaires, des contes, et même des devinettes qui ne sont racontés qu’après que le soleil soit couché.
Jagunços
Mot tiré du portugais Zaguncho ou Zarguncho qui désigne une courte lance utilisée en Afrique. Le jagunço est dans le sertao
du Nordeste brésilien un homme de main attaché à un latifundiaire c'est-à-dire au service d’un grand propriétaire terrien (fazenda). Il est chargé à la fois
d’assurer la protection de la propriété et de la surveillance des esclaves. Le terme de capanga qui est également utilisé concerne d’avantage un tueur à gage,
un mercenaire loué pour une tâche particulière. Par extension, jagunço est synonyme de garde du corps. Le terme Cangaceiro
assimilable à jagunço ne concerne lui que des bandits agissant pour leur propre compte contrairement au jagunço qui agit toujours pour un tiers
Ce nom est également donné aux habitants de Canudos (Belo monte) la communauté rebelle aux lois de la république
exterminée par l’armée républicaine en 1897 après trois tentatives avortées.
Jêjé
Le terme Jêjè est utilisé au Brésil pour définir le candomblé les apports cultuels d’autres nations que les bantous (Angola, Congo, Cabinda) et surtout les
yoruba (Nigéria). Jêjé provient d’ailleurs du yoruba « adjéjé » qui signifie, étranger ou djéjé qui désigne les Gun un groupe Fon du Dahomey très imprégné par
la culture yoruba. Dans le candomblé, jéjé concerne donc principalement l’apport des croyances et rituels vodun venant des peuples Fon-Ewe du Bénin.
L’implantation des nations jêjé au Brésil s’est principalement effectuée à Sao Luiz do Maranhão où elle a, en dehors du candomblé jéjé, donné naissance à la
Casa-das-Minas, et ultérieurement au Tambor das Minas Jêjé pour le différencier du
Tambor Nago.
Jurema
Le jurema est un arbrisseau de la famille des acacias et mimosas que l’on trouve communément dans la région Nordeste du Brésil et dont les propriétés
psychotropes étaient utilisées dans le chamanisme amazonien (pagélance) bien avant l’arrivée des colons européens. Il
existe de nombreuses variétés de jurema et c’est le jurema-preta ou jurema noir aussi appelé Mimosa Hostilis utilisé par les indiens
xucurus-cariris, et le jurema branca ou jurema blanc aussi appelé Mimosa Verrucosa , qui sont utilisés dans ce contexte
enthéogène . Le jurema contient des alcaloïdes et en particulier de la dyméthyltryptamine (DMT) qui est neutralisé par l’action de la monoamine oxydase
(MAO) une enzyme présente dans le tube digestif de l’homme. L’action de cette enzyme peut à son touer être stoppée en faisant intervenir un inhibiteur de la
monoamine oxydase (IMAO). Ce rôle est généralement tenu par l’harmine et l’harmaline des alcaloïdes IMAO, qui seront dans le cas du jurema apportés par
l’addition de Peganum Harmala riche en harmaline ou par mélange à l’ayahuasca contenant déjà les IMAO apporté par la liane Banisteriopsis.
Le jurema se consomme en décoction, fusion, ou mélangé à de l’alcool et en vin de jurema. Comme pour l’ayahuasca le jurema ne doit pas être absorbé
avec des antidépresseurs type Prozac, ni avec un grand nombre d’aliments, et c’est pourquoi il est préférable de faire une diète avant consommation. Le
jurema ne doit pas être confondu avec l’ ayahuasca bien que comme lui il soit considéré en France comme un stupéfiant.
Dans le Nordeste du Brésil la rencontre de la pajélance du catholicisme et même des croyances magiques venues d’Europe a produit un culte syncrétique
local le Catimbo ou Catimbo-Jurema. Empruntant largement au catholicisme le culte des Saints, de la Vierge et de Jésus,
le Catimbo utilise le Jurema lors des cessions pour parvenir à la transe durant laquelle les Catimbozeiros incorporent les Mestres du jurema
, des entités habitant le royaume enchanté de Jurema rejoignant ainsi les croyances animistes amazoniennes.
(Voir la définition du royaume des enchantés)
Kétu
A l’origine le royaume Ketu est un des petits royaumes Yoruba (Nigéria). Dans le candomblé brésilien, le terme ketu est utilisé comme synonyme de
Nago, qui lui est le nom portugais donné aux peuples Yoruba dans leur ensemble.
Kimbanguisme
Le kimbanguisme est une église chrétienne issue de l’action de Simon Kimbangu, un prophète né à N’Kumba au (futur) Congo Belge en 1887. Simon Kimbangu est
élève de la British Missionary Society et apprend à lire la bible traduite en kikongo une des langues du Congo. En 1921 Simon prétend avoir des visions du
Christ et devient le messie des noirs. Il fait des miracles et acquiert rapidement le nom de "ngounza" (guérisseur) dont les adeptes seront les "ngounzistes"
. Le succès de ses prédications est tel qu’il amène l’inéluctable enchaînement des événements qui mettant l’économie en danger finiront par menacer la
domination coloniale et entrainer des mesures de rétorsion. A la suite d’un procès truqué Simon est condamné a mort à la grande satisfaction des colons et
celle plus discrète des églises catholique comme protestante. Le roi des belges Albert Ier le gracie, mais Simon restera en prison jusqu’à la fin de ses
jours en 1951. Dès son emprisonnement sa femme, Marie Muilu, aidée des adeptes du mouvement créé l’église kimbanguiste qui deviendra membre du Conseil
œcuménique des églises en 1969. Mais nous sommes en 1935 et les kimbanguistes opposent leur résistance à l’état colonial en refusant de payer les impôts.
S’en suit une politique de déportation extrêmement sévère. Le mouvement kimbanguiste est influencé par les idées de Marcus Carvey (Black Moses) un prophète
du mouvement Rastafari qui affirme que le christ était noir et qui annonce le retour en Afrique d’un roi chrétien rédempteur du continent. Pour les
kimbanguistes les chrétiens ont leur Christ, les musulmans Mahomet, et à leur tour les noirs doivent posséder leur propre messie.
Kimbangu entouré de
ses douze apôtres édicte trois préceptes fondateurs de son mouvement. Le premier impose l’abolition de tout fétichisme y compris les chapelets et médailles
catholiques. En suite les danses érotiques et l’utilisation des tambours doivent être supprimés, sans doute parce qu’ils sont les moyens d’entrer en transe,
et donc de contacter les dieux «païens». La polygamie et les pratiques de la magie et de la sorcellerie sont également proscrites. Le kimbanguisme
s’inscrit totalement dans la série des mouvements messianiques propres à l’Afrique, cependant il est intéressant de remarquer qu’il n’essaie pas de rétablir
les pratiques et croyances des animismes ancestraux mais d’imposer une sorte de doublure noire d’un christianisme blanc. Sans doute le christianisme, fut-il
noir, est mieux adapté à l’image rédemptrice d’un messie que les archaïsmes des religions africaines, mais avant tout, cela semble démontrer le travail de
fond et même de sape réalisé par les mouvements religieux chrétiens.
Knisi (Pluriel=Minkisi)
Le mot « knisi » signifiant en kikongo «choses qui font les choses» est utilisé dans le culte Kongo pour désigner un objet ordinaire, sac, chaudron,
bouteille, mais aussi un fétiche, statuette anthropomorphe ou zoomorphe, qui reçoit l’apport de diverses matières afin d’être investi d’un pouvoir magique
destiné à capter les esprits et entités souhaitées. Ce sont ces principes actifs ou «bilongo» qui transformeront l’objet ordinaire (fwiti/bifwiti) en
objet magique (kiteki/biteki). Deux types de matériaux vont constituer la charge (bilongo). La terre recueillie dans un cimetière ou des carrefours, ainsi
que l’argile tirée du lit d’une rivière vont capter les esprits attachés aux lieux. D’autres ingrédients tirés des règnes végétal et animal, des ossements
même humains (surtout dans le Palo où ils ne doivent jamais appartenir à un ancêtre du clan ou un membre de la famille),
vont eux transmettre la force nécessaire à au processus magique. Au travers du couple knisi/bilongo le magicien capture les esprits des morts (nfumbe) et
dans certains rama celui d’un (Mpongo,mpungu) pour les mettre à sa disposition.
Les minkisi peuvent être aussi des statuettes zoomorphes ou anthropomorphes. Dans ce cas il existe trois sortes de minkisi. Le knisi reliquaire enduit du mélange magique et comportant une poche ventrale contenant le bilongo. Cette poche est généralement refermée par un miroir. Le knisi nkonde est lui recouvert de clous et de lames plantés dans le fétiche. Enfin le knisi mpemba ou phemba qui représente des maternités. A l’origine l’utilisation du knisi servait uniquement à se préserver de l’action d’un sorcier (ndoki) et était préparé par un anti-sorcier ou magicien appelé (nganga) . La relation sorcellerie/magie dans la culture Kongo est extrêmement complexe et s'articule autour de trois axes, la relation collective, les interactions individuelles, et l’environnement immédiat. Or il s’avère que la « délocalisation » vers l'Amérique a brisé à la fois les liens communautaires et la relation au milieu (clan, ancêtres, esprits locaux attachés aux sources cascades etc.…) ne laissant subsister que le rapport individuel et les pratiques magiques qui lui qui en dépendent.
En même temps la signification de certains termes s’est trouvée modifiée. Ainsi
dans les syncrétismes concernés comme le Palo, le mot knisi (souvent traduit par Inquices) est utilisé pour désigner les esprits ou divinités alors que
celles-ci sont au Knogo les kimpungulu (pluriel de mpongo), l’équivalant des Orishas ou Voduns . De même le terme «Nganga» est tout aussi bien utilisé
pour désigner dans le Palo le chaudron où sont réunies les diverses matières et l’opérateur de la magie, magicien, alors que le nganga à l'origine
n’ est que le magicien. De même le knisi ayant peu à peu été utilisé aussi bien pour la magie blanche que noire le mot «ndoki» (sorcier) a disparu pour
laisser la place au seul terme nganga (le magicien) qui sera utilisé aussi bien lorsqu’il agira comme sorciier que magicien et qui deviendra
"nganga Mayombe" ou gnanga juive lorqu’il opérera la magie noire (bonjour l’antisémitisme) et nganga Quimbice ou nganga chrétienne pour la magie blanche.
Quant au knisi il devenu dans le Palo le « nganga » il sera aussi appelé « prenda ». Dans ce même Palo le contenant ou prenda se réduit à un chaudron
de fer dans lequel est ajouté aux matières habituelles les fameux bâtonnets (palos) qui donnent leur nom au rituel cubain.
L’ensemble knisi/nganga/ndoki
s’insère dans un système complexe dont nous donnons plus de détail dans notre article Cosmogonie, sorcellerie et magie chez le Bakongo..
[Voir aussi la page sur le Palo à Cuba]
Kongo (Bakongo,Kikingo)
Le nom de Kongo écris avec un «K» concerne l’ancien royaume du Kongo comprenant les deux Congo actuels, l’Angola, l’enclave de Cabinda et une partie du
Gabon. Le mot Kongo est relatif au pays, le mot Bakongo concerne peuple habitant le pays, Bukongo est la religion, et Kikongo la langue.
Le mot Bacongo écrit avec un «c» correspond à un quartier de Brazzaville construit en 1909 par les autorités coloniales
pour y héberger les noirs devant être séparés des blancs.
Kumina,ou,Cumina
Le Kumina est une religion, (une musique et une danse) pratiquée dans l’est de la Jamaïque. Il s’agit d’un syncrétisme dont les origines bantoues (Kongo)
se trouvent confirmées par la possession des vivants par l’esprit des morts, le culte des Knisi (Inquices) et l’utilisation de termes
kikongo comme le nom lui-même de kumina qui signifie « bouger dans le rythme ». Rappelons que dans la religion Kongo (bukongo) le
knisi est l’objet contenant le mélange de matières animales et minérales sensé capturer les esprits et les divinités intermédiaires les kimpungulu,
alors que dans les syncrétismes afro-américains quand on se réfère au mot Knisi on entend les esprits soit les kimpungulu eux-mêmes (singulier= mpongo).
En savoir plus sur le Kumina
Latifundisme (latifundium, latifundaire)
Le terme «latifundisme» ne figure pas dans tous les dictionnaires mais son usage habituel concerne bien un «état de l’agriculture dans lequel domine le
latifundium». Le latifundium se caractérise par l’existence de grandes ou très grandes exploitations agricoles (Fazenda au Brésil, Hacienda en Amérique
hispanique) dont le propriétaire, généralement un noble ou un hidalgo, réside en ville et ne met jamais les pieds sur ses terres, laissant celles-ci
dans un état de sous-exploitation chronique. Ce système a pour effet d’immobiliser l’espace disponible en précarisant de ce fait la main d’œuvre
contribuant ainsi à la misère du monde paysan. Le latifundaire et le nom générique donné au propriétaire
Lucumi
Le mot Lucumi vient du Yoruba et signifie ‘Mon ami’ ‘Mon camarade’. La religion Lucumi aussi appelée Regla de Ocha (condensation du mot Orisha) est
l’autre nom donné à la Santéria cubaine qui est l’aboutissement d’un syncrétisme entre la religion des Yorubas du
Nigéria et le culte des saint catholique. D’ailleurs le terme Santéria tiré de l’espagnol signifie bien le culte des saints et c’est pourquoi les
pratiquants préfèrent souvent utiliser le terme Lucumi moins imprégné de l’influence coloniale.
Le langage Lucumi est un langage liturgique tiré
d’un dialecte yoruba et utilisé dans la santéria.
Le terme Lucumi a parfois été utilisé pour désigner l’ensemble des esclaves issus de peuples
originaires de la côte de Guinée, les Fons du Bénin, les Nago ou Nagôts sous groupe yoruba du Bénin, les Ibo ou
Igbo du Bénin et Nigéria, les Ashanti du Ghana et les yorubas nigérians. De la même manière le terme Nago à souvent été employé au Brésil pour désigner
ces mêmes origines ethniques diverses alors que les nagos sont un groupe bien défini.
Macumba
Le terme Macumba est d’abord le nom donné au Brésil dans la région de Sao Paulo et Rio à l’ensemble des cultes afro-brésiliens, où il prend à l’occasion
une signification péjorative en l’assimilant à la sorcellerie. La Macumba est aussi un culte syncrétique afro-brésilien où contrairement au candomblé
cabocle les divinités africaines et amérindiennes sont appelées lors d’une même cérémonie, et où Exu « chevauche » c'est-à-dire prend possession d’un
adepte, ce qu’il ne fait jamais dans le candomblé. La Macumba est l’intermédiaire entre le candomblé et l’umbanda.
Plus d’information, voir notre page Macumba
Malês
Nom donné au Brésil aux esclaves de religion musulmane aussi appelés Musulmis. Il s’agirait d’une déformation du mot Mali donné au XIIIème siècle au
royaume de la vallée du Niger habité par les Malikês ou Mandingues, dont le nom au Brésil à donné mandinga en désignation de la magie noire. Cependant
cette version donnée par Roger Bastide est contredite par une autre interprétation qui semblerait plus logique et qui ferait venir le mot du yoruba
"imale" qui veut dire tout simplement "musulman".La plus grande partie des musulmans déportés au Brésil étaient cependant originaires de la tribu Haussas
du nord du Nigéria où l'islam était présent dès le XVe siècle alors que chez les yoruba il ne se répand qu'à partir de 1820.
Mamelouk (mameluco en portugais)
Nom donné au Brésil aux enfants nés du croisement entre un père portugais et une mère amérindienne, et plus généralement par la suite aux croisements
entre européens et amérindiens. Ce terme a été utilisé également pour désigner les membres de bandes de chasseurs d’esclaves qui du XVIIème au
XIXème siècle ont entrepris des razzias à l’intérieur du pays en vue de capturer des indiens ou de ramener des nègres marrons. Ce nom de mamelouk se
confond avec celui de bandeirantes jusqu’à parfois être indiqué comme en étant synonyme. Il est possible que la part importante prise par les
mamelouks dans la constitution des hordes de bandeirantes ait contribuée à la confusion. Mamelouk définit avant tout la nature d’un mélange racial ou
alors plus spécifiquement une armée de mercenaire d’un type racial particulier, ni indien, ni européen. Nous restons donc dans le doute sur cette
définition.
Mano d'Orunmila ( Awofaka - Ikofa)
La mano d’Orunmila est une cérémonie d'initiation de trois jours pratiquée dans la liturgie nigériane yoruba et la santéria cubaine. La
mano d’Orunmila est aussi connue sous le nom de Awofaka si elle concerne les hommes et Ikofa (Ikofafun) pour les femmes. Cette cérémonie est dirigée par
au moins deux babalawos. Il s’agit en l’occurrence de déterminer l’Orisha lié au nouvel adepte autrement dit son ange gardien. C’est au cours
de cette cérémonie que sera aussi communiqué à l’impétrant son signe d’Odu en Ifa, à savoir son nombre digital correspondant (deux série de quatre
chiffres composés uniquement de 1 et 0). Cet Odu sur lequel le nouvel adpete devra méditer toute sa vie contient le secret du destin qu’il s’est choisi
avant sa naissance. Le troisième jour a lieu la cérémonie dite d’Ita (eeta en yoruba) au cours de laquelle les babalawos délivrent le message d’Orunmila,
remètent les colliers et pratiquent les Ebosses ( ebo) ou sacrifice correspondant à l’Odu.
Marron (marronnage)
Article révisé en octobre 2010.
En Amérique et dans les Antilles, le marronnage définissait l’acte par lequel un esclave tentait d'acquérir sa liberté en se réfugiant généralement dans la
forêt ou dans une région difficile d’accès, devenant ainsi un esclave « marron » ou simplement un marron. Le terme marron viendrait de
l’espagnol «ganados cimarronnes» donné au bétail domestique retourné à l’état sauvage. Il
pourrait être aussi originaire du mot symaron, une peuplade de la région panaméenne qui s’étant révoltée contre les espagnols fut vaincue par ces derniers et
mis en esclavage. D’autres versions font provenir le mot du verbe anglais 'to maroon' qui signifie abandonner, isoler, au motif que le mot ‘maroon’ était
utilisé par les marins anglais du XVIIe siècle pour désigner une désertion bien que les anglais utilisént la mot'runaway' (fugitif) pour désigné l'esclave marron.
. Quoiqu’il en soit
l’ensemble des origines relève de connotations péjoratives liées à l’opinion raciste des esclavagistes.
Contrairement à une idée reçue les esclaves
déportés dans les Amériques ne sont pas restés aussi passifs que le laisserait croire une certaine occultation des faits. Dès 1503 apparaissent les
premiers troubles à Hispaniola (Saint-Domingue/Haïti) et déjà le gouverneur de l’époque Nicolas de Ovando adresse une lettre aux souverains espagnols
pour qu’il soit mis un terme à l’envoi d’esclaves noirs sur l’île.
Pour la pèriode allant de 1503 à 1874 Nelly Schmidt (1) répertorie plus de 120 rebellions et soulèvements pouvant parfois durer des dizaines d’années et
atteignant pratiquement tous les territoires des deux empires ibériques. Le marronnage est tellement entré dans le paysage politique que l’Espagne
définit le cadre juridique exact dans lequel il doit être considéré. Elle distingue le marron solitaire ou (simples) du marron rejoignant ou agissant
immédiatement en bande organisée, élisant domicile dans un lieu bien déterminé (apalancados = qui à rejoint un palenque). De plus il est précisé les
conditions dans lesquelles un individu peut être considéré comme marron. Ainsi tout esclave découvert à plus de 3 lieues de la maison de son maître,
ou plus d'une lieue et demi du champ où il travaille est considéré comme fugitif.
La tentative, et à fortiori la réussite des évasions,
sont conditionnées à la création ou l’existence de refuges organisés situés dans des zones géographiques particulièrement accidentées afin de rendre
difficile ou impossible toute intervention des chasseurs d'esclaves. C’est dans cet esprit que ce sont constitués des villages de fugitifs appelés
‘palenque’ dans les colonies espagnoles ou ‘‘quilombo’ au Brésil (Cumbe au Vénézuela) dont l'organisation va bien souvent se calquer
sur la structure de la société tribale africaine.
En dehors des opérations armées
bien spécifiques s’organise un véritable commerce de la poursuite et de la capture des fugitifs. Les ‘bandeirantes’ ou
‘mamelouks’ pour le Brésil, les ‘rancheadores’ de Cuba et l'empire espagnol en général, les ‘Slave Hunters’
pour la Jamaïque ou les ‘Black Rangers’ du Surinam, constituent des bandes de mercenaires rémunérés pour ramener les
fuyards. Les sociétés marronne ont eu des fortunes diverses dépendant non seulement de leur capacité à s’isoler tout en s’insérant dans un circuit
économique d’échange avec leur voisinage, mais aussi de leur disposition à profiter des guerres entre européens pour s’allier aux uns ou aux autres au
gré des opportunités.
C’est d’ailleurs cette diversité de réussite selon les pays qui amène aujourd’hui les descendants d’esclaves à appréhender de façon inégale le marronnage. Ainsi
en Jamaïque (2) en Guyane et au Surinam (3) où les sociétés maronnes ont obtenu leur autonomie, des traités les
obligeaient à collaborer avec les autorités coloniales à la capture de tout nouveau fugitif et en tous cas de refuser de nouveaux transfuges. Dans ces
conditions le regard porté sur le marronnage par les descendants d'esclaves est assez négatif. En revanche dans
les pays où le marronnage a échoué dans ses tentatives d’émancipation et de création de « républiques » libres, restant en quelque sorte en état de résistance,
le marron est devenu le symbole du héro national et de l'émancipation des peuples. (Stèle du Marron inconnu à Haïti, ou de Zumbi (4)
à Brasilia).
(1) Nelly SCHMIDT, d’après son ouvrage “ L’abolition de l’esclavage. Cinq siècles de combats, XVIe-XXe siècle
(2) Obtention de territoires autonomes de la région des montagnes bleues et du Cockpit. Guerre des marrons.
(3) Création des communautés autonomes ou républiques accordée au Djuakas et autres population Bosch.
(4) Voir l’histoire du quilombo de Palmarès
Mère
Mirra Alfassa née en 1878 à Paris fut appelée Mère. Elle est à l’origine avec Sri Aurobindo de la création de la communauté d'Auroville
en Inde. Mariée au peintre Henri Morisset elle divorce pour épouser Paul Richard avec lequel elle part à Pondichéry et rencontre Sri Aurobindo. Elle
travaille à la descente dans le monde matériel de quelque chose qui devra transformer la vie, et fait part de son expérience au travers de ses écrits
(Agenda de Mère). Durant la dernière partie de sa vie il semble qu’elle ait été séquestrée par ses adeptes indiens qui voulaient tout simplement la
déifier contre son gré. Mère aurait même fait parvenir un message à un de ses amis pour lui faire savoir qu’on cherchait à l’empoisonner. Totalement
isolée elle mourra en 1973 très certainement empoisonnée à l’arsenic. Ces manigances ne concernant que le cercle restreint de ses adeptes indiens,
l’environnement « Auroville » n’a pas été impliqué dans cette manipulation et existe toujours à ce jour.
Messianisme
Le messianisme est une croyance ancrée dans le phénomène religieux qui annonce la venue d’un Messie (ou Oint) qui aura pour mission de restaurer un état
de béatitude ancien ou d’installer un ordre nouveau juste et parfait. Souvent envoyé de Dieu le Messie sera de préférence un prophète ou un grand prêtre
mais la tendance de certaines autorités temporelles à s’accaparer les pouvoirs religieux accordera aussi ce rôle à un chef de guerre ou un roi. De fait
il semble bien que le messianisme soit une réponse opportune offerte à un peuple ou une ethnie qui souhaite retrouver une grandeur passée ou établir une
prédominance sur ses voisins. De ce fait si le concept archétypal du Messie peut être revêtu par une personnalité biblique ou par le Christ sensé rendre
le paradis perdu à des hommes qui en ont été chassés, il en existera autant d’avatars possibles destinés à satisfaire des nécessités locales. Ainsi
le Messie devient-il un argument élastique adaptable à toute situation et disponible pour toute manipulation dès lors que l’on prend le soin
de l’accompagner d’une mythologie adéquate.
A titre d’exemple le sébastianisme est un messianisme né d’un besoin du peuple
portugais de compenser la disparition de son roi et ses conséquences, le passage sous la domination espagnole. Mais ce qui aurait pu rester une désespérance ordinaire a
rencontré dans les ‘trovas’, les prophéties du poète Gonçalo Annes Bandarra, l’aliment mystique propre à créer ce sébastianisme qui annonçait le retour de ce roi
disparu pour rendre sa grandeur à l’empire et dominer le monde.
Le sébastianisme est un exemple de l’évolution du concept
messianique qui n’est plus réservé à un envoyé de Dieu mais relève de la mythification d’un personnage historique. C’est avec l’Afrique que le processus
démontre sa parfaite adaptabilité en franchissant une étape supplémentaire. Tout d’abord on remarque que les messianismes africains concernent des
personnages qui ne sont plus des envoyés directs de Dieu mais le plus souvent de délégués du Messie chrétien dont ils se revendiquent. On peut voir dans
cette attitude les conséquences d’une évangélisation réussie mais en même temps on peut s’étonner que ce même Christ porté par les envahisseurs européens
n’ait pas été expulsé en même temps que les anciens colonisateurs. Cependant dans le contexte spécifique de l’Afrique le retour aux religions animistes
comme base politique des mouvements de libérations ou de conquêtes interethniques pose deux problèmes. Le premier réside justement dans le morcellement
des croyances ethniques peu favorable à supporter une action politique unificatrice. Le deuxième réside dans l’environnement animiste fortement imprégné
de magie et sorcellerie qui met tout acteur politique en passe d’être menacé par la sorcellerie concurrente. En s’intronisant envoyé du Messie chrétien,
quitte même à affirmer qu’il était noir, le candidat au pouvoir d’une part échappe aux conséquences de la balkanisation des religions et d’autre part se met sous la
protection du grand sorcier Jésus bien plus puissant que les sorciers locaux. (Voir notre page sur les messianismes africains,
Dona Béatrice , le Kimbanguisme etc…)
Le messianisme ne doit pas être confondu avec le
millénarisme
Voir pour plus de détail
Messie et Messianisme. l’article de André Paul.
Métensomatose
La métensomatose est une croyance selon laquelle après la mort, le corps s’incarne dans un autre corps. C’est le cas du bouddhisme qui ne croyant pas à
l’existence de l’âme mais seulement de l’esprit, il ne peut adhérer à la métempsychose qui elle concerne le passage d’une âme dans un autre corps après la
mort. La réincarnation elle croit à l’évolution de l’âme qui ne peut s’incarner que dans un autre individu et non dans n’importe quel animal comme le
prétend la métempsychose.
Millénarisme (Chiliasme)
Le millénarisme est une croyance religieuse qui prétend que le Messie établira un règne de 1000 ans sur terre. (Aussi appelé millénium). Selon
Cérinthe les femmes seront extrêmement fertiles durant cette période. Pour d’autres au contraire il n’y aura plus de
génération humaine. Le diable enchainé durant ces mille années se déchainera au temps échus et mènera le combat avec Gog et Magog pour être finalement
capturé et jeté dans l’océan de feu.
Il existe différentes positions par rapport au millénium. Pour les Pré-millénaristes la venue de Jésus survient après
sa victoire sur l’Antéchrist, puis vient le règne de mille ans et enfin le jugement dernier. Pour les post-millénaristes le règne de mille ans n’est pas
pris au sens littéral et le jugement dernier serait effectué sur les êtres dès leur décès. Les A-millénaristes ne croient pas au millénium. Le
millénarisme ne doit pas être confondu avec le messianisme.Le terme "Chiliasme" est synonyme de millénarisme.
Monophysisme
Doctrine apparue aux environ du Ve siècle et qui affirme que Jésus Christ était uniquement de nature divine, et lui dénie toute en conséquence toute
nature humaine. Cette doctrine s’oppose au nestorianisme qui considère qu’en jésus Christ coexistait une personne divine et une autre humaine. Le
monophysisme comme le nestorianisme ont été considérés hérétiques par le concile de Chalcédoine en 451, leurs doctrines étant à l’un comme l’autre
contraire au principe de consubstantialité défini au concile de Nicée.
Mpongo (kimpungulu)
Le Mpongo (ou mpungu) qui forme son pluriel en kimpungulu, est dans la croyance Kongo une entité divine attachée à une manifestation naturelle et investie
de certains pouvoirs qui sert d’intermédiaire entre le Dieu suprême Nzambi et les hommes. Ce sont les équivalents des orishas ou voduns mais ils n’occupent
pas la même place centrale dans les rituels. Dans les syncrétismes afro-améicains en particulier le Palo cubain, les kimpungulu sont appelés Inquices
(traduction de Knisi). Il s’agit là d’une déformation de la signification d’origine le knisi étant le récipient, le fétiche, ou l’objet en général qui
reçoit une préparation magique (bilongo) chargée de capturée les esprits locaux attachés aux lieux et les kimpungulu. La liste des principaux kimpungulu
avec leurs attributs est consultable sur notre page consacrée au Palo cubain.
Nag Hammadi
Nag Hammadi est une ville d’Egypte située à 80Kms de Louxor et dans laquelle ont été découverts en 1945, 13 manuscrits d’inspiration majoritairement
gnostique datant du IVe. L’ensemble de ces codices connu sous le nom générique de "Bibliothèque de Nag Hammadi" est conservé au
musée copte du Caire. Cette découverte a permis d’élargir le champ des connaissances relatives aux idées gnostiques des débuts du christianisme qui
jusqu’à lors étaient surtout connues grâce aux écrits critiques de leurs détracteurs, en particulier Iréné de Lyon et Saint Augustin.
Nago
Le nom Nago était donné par les portugais aux Yoruba (Nigéria), et aussi de façon moins usitée, par les français aux différentes ethnies originaires du
golfe de Guinée. Ce terme est également utilisé par les Fon du Bénin pour désigner les yorubas qui habitent leur pays. Nago viendrait du mot inagonu
(pouilleux) utilisé par les dahoméens pour nommer leurs ennemis yorubas. Mot transformé en anagonu et nago.
Les Nago-Yoruba occupent la rive droite
du fleuve Niger, soit le sud-est de l’actuel Bénin et le sud-ouest du Nigéria. Le nom de «nation» Ijexa que nous trouvons dans le culte batuque se réfère
aux yorubas originaires de la ville de Ilesha du Nigéria (Ijexà en étant l’appellation portugaise), quant à la nation Oyo elle se réfère bien entendu
aux Yoruba originaire de la ville d’Oyo et plus généralement du Royaume de même nom fondé par Shango (Xango) devenu un Orisha très vénéré. Le terme de
nation Kétu que l’on voit apparaître dans le candomblé se réfère au royaume yoruba de même nom. De ce fait les termes Oyo, Ketu, Ijexa, ne font que
préciser l’origine yoruba (Nago) des peuplades concernées.
Ndoki
Dans le culte Kongo le ndoki est le sorcier qui utilise les pouvoirs d’un nkuyu ou fantôme pour jeter un mauvais sort sur un individu. Le ndoki n’agit
jamais sur la collectivité. Dans les syncrétismes afro-américains issus de la culture Kongo le nom de ndoki disparaît, la magie blanche et noire étant
souvent, mais pas toujours, accomplie par un même individu comme le nganga dans le Palo.
Nganga
Magicien blanc anti-sorcier, guérisseur dans le culte Kongo, il est apte à préparer les éléments constitutifs du knisi. Dans le Palo Mayombe le terme
désigne à la fois le magicien et le knisi chargé de ses pouvoirs magiques. Dans le palo le nganga en temps que récipient est aussi appelé (prenda).
Dans la culture Kongo originale il existe divers nganga.
Le Nganga Mbiki : Il détermine les causes d’une maladie et détecte si elle naturelle ou provoquée par un acte de sorcellerie. Il oriente
les malades vers le thérapeute le plus apte à le guérir.
Le Nagnga Ngombo ou Nganga Tshiba: Il détermine l’origine des actions
affectant le société en général et en désigne les coupables (vols, conflits). C’est un voyant qui est en mesure de débusquer les sorciers. L’un des tests
permettant de détecter le sorcier est celui de la marmite ou (Tshiba) dont le contenu porté à ébullition s’enflamme si le nom prononcé est celui d’un
sorcier ou au contraire refroidit si l’individu est innocent. Une autre technique plus ancienne consistait au jugement du poison. Si celui qui en buvait
vomissait il était coupable et risquait d’être condamné à mort.
Nganga Malema : Ce nganga soigne les hernies et les inflammations. Il
est également protecteur, chasseurs des mauvais esprits. Les gnanga initiés au Malema sont tenus de respecter certains interdits comme ne pas manger de
porc, ne pas boire et manger ce qui est aigre.
Nganga Mpungu Nvuasa : Ce nganga est en charge de régler les situation délicates.
(adultères…)
Nganga Bilayi ou Nganga Mbâssa : Il a le pouvoir de développer la force physique.
Le Nganga Miyuna :
Ce nganga peu apporter la richesse à ses solliciteurs.
Le Nganga Kauga Nkuyu Yuma (chasseur de diable sec) Ngnga en mesure
d’arrêter les mauvais esprits y compris celui que l’on nomme Nkuyu Yuma ou diable sec, créature du Ndoki (sorcier).
Dans le Palo de Cuba le Taata
(père) est le prêtre du culte. Le Taata knisi est un prêtre qui a formé et initié un autre prêtre, quant au Taata nganga il s’agit
d’un prêtre ayant initié un prêtre qui à initié un prêtre. Un titre attribué à une troisième génération.
Nicolaïsme
Le nicolaïsme désigne dans l’église catholique les situations de clercs mariés ou en concubinage à une femme. Dans ce sens ce mot prend son essor dans
le christianisme moyenâgeux où il entre d’ailleurs en ligne de mire de la réforme grégorienne (Avec la simonie). Le mariage des prêtres n’a jamais été formellement interdit
dans les textes mais a fait l’objet dès le troisième siècle d’une sorte de discrimination qui portait à considérer le célibat comme une qualité supérieure.
C’est un des points sur lequel d’ailleurs s’affronteront les églises d’orient et d’occident et qui restera un des prétextes au schisme définitif. (1054).
Ce nom commun est tiré de Nicolas un des diacres ordonné par les apôtres qui ayant eu la réputation d’être trop attaché à sa femme, finit l’offrir à qui
en voudrait. Mais il semble que la personnalité d’un autre Nicolas ayant fondé la secte gnostique (et donc hérétique) des
nicolaïtes vienne interférer.
Comme toujours ce qui nous est connu des gnostiques est rapporté par ceux-là même qui étaient chargés de les combattre.
Ainsi il subsiste deux versions contradictoires sur les motivations de Nicolas. L’une sans doute issue du premier personnage entend que Nicolas s’est
libéré de sa femme pour mieux faire acte de chasteté, alors que la deuxième au contraire développe une thèse fréquente dans le courant gnostique de
l’époque à savoir que c’est en allant jusqu’aux extrémités de la corruption des sens en pratiquant une sexualité sans retenue que l’on peut se libérer du monde matériel créé par le démiurge et
dans lequel l’homme est retenu prisonnier. (Voir les carpocratiens, les phibionites etc…)
Nkuyu
Le knuyu est dans la culture Bakongo un fantôme auquel est refusée l’entrée d’un village et qui est condamné à errer dans le monde intermédiaire entre les
vivants et les morts. Le knuyu est généralement un sorcier décédé. Esprit malveillant il est utilisé par le ndoki (sorcier) pour servir de médium à sa
sorcellerie. Le knuyu peut aussi être l’âme d’un individu mort à la guerre ou encore d’un suicidé. Généralement le nkuyu n’est lié au village par aucune
parenté ni lignage.
