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Le dico * * * page 3/3
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Dernière révision
février 2010
Avant-propos
Ce dictionnaire en 3 pages est lié aux sujets traités dans nos pages, et apporte des informations complémentaires qu’il aurait été fastidieux d'évoquer dans nos articles. Il comprend aussi des définitions traitant de thèmes périphériques qui nous ont paru intéressants de mentionner dans le contexte. Il est complété par notre dictionnaire des utopies et dystopies .
Liste des mots de O à Z
Obatala - Obeah - Obi - Ogboni - Oloddumare - Olofin - Olorun - Opélé - Ori - Orishas - Orunmila - Osogbo - Ossoun - Oyo - Palenque - Palmarès - Palo - -Para-créoles - Parans- - Pâques (choix de la date) - Pataki - Péonage - Phallophorie - Pomba Gira - Pontos - Piétisme - Presbytéranisme - Pseudépigraphe - Puritanisme - Quilombo - Quiroga (Vasco de) - Réductions - Repartimiento -Requerimiento -Sacrifices - Scolastique - Sébastianisme - Seringuero - Sertao - Simbi - Simonie - Sotériologie - Thiase - Tobossi - Tohoussou - Tokueni - Tordesillas - Trinité - Uchronie - Umbanda - Utopie - Vaudou - Voduns - Winti - ZanbétoAccéder à la liste de A à E
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Définitions.
Obatala
Orisha. Aussi appelé Orishanla (grand Orisha) ou Oshala. Il aida Oloddumare à créer l’homme et la femme en leur donnant la bouche le nez les oreilles le
crâne et les membres, Olodumare qui avait commencé l’ébauche en terre glaise finit le travail en envoyant le souffle. Avec sa femme Ye mowo il représente
le couple créateur le ciel et l’eau. Il est associé à Oduduwa avec lequel il participe à la création, mais ayant abusé du vin de palme il s’endormit
donnant naissance aux infirmes. Il est l’équivalant du couple Mawu-Lisa du culte des voduns souvent désigné comme le dieu suprême mais qui est en fait
le démiurge à la fois principe féminin représentant l’Occident et la lune en temps que Mawu et le principe masculin représentant l’Orient et le soleil
en temps que Lisa. Obatala est le père de tous les Orishas et propriétaire des têtes qui sont leur lieu de résidence dans l’être humain. Orisha majeur
il est propriétaire de la couleur blanche, des pensées et des songes. Il est assez puissant pour gouverner Shango et Oggùn. Respecté par les autres
Orishas, c’est lui que l’on va chercher comme avocat en cas de litige. Personne ne doit jurer ou se déshabiller en sa présence. Il se syncrétise avec
Notre Dame de la Miséricorde sans doute parce qu’au même titre que Mawu-Lisa il revêt avec Ye Mowo une nature androgyne ou asexuée pouvant lui permettre
une assimilation à une personnalité féminine. Mais à Bahia il est sous le nom d’Oxala (l’équivalant phonétique portugais d’Oshala ) assimilé au Christ
de Bomfim (bonne mort) soit Jésus Christ.
Obi
L’obi est un système de divination originaire d’Afrique utilisant seulement quatre morceaux de noix de coco ou quatre cauris (et même des pièces de
monnaie), qui jetés sur le sol ou sur un chiffon vont répondre à la question posée par le devin selon l’alternance des faces présentées ( pour la noix de
coco il s’agira du côté vert ou blanc). Cependant les questions posées par le biais de cette consultation ne peuvent recevoir comme réponse que, oui ou
non. Il existe 5 réponses possibles allant du oui sans réserve au non le plus absolu. Ce système est utilisé dans le
hoodoo et la Santéria et peut être
pratiqué par des profanes.
Obeah, Myal
Ensemble de croyances et pratiques de magie blanche et noire faisant appel à l’utilisation des plantes et aux esprits de défunts. L’Obeah tire son nom du
Twi des Ashanti du Ghana dont le mot Obayifo désigne le sorcier dont les pratiques consistant à mettre à sa disposition l’esprit d’un
défunt sont elles d’origines Kongo-Angola de même que l’emploi de matières minérales et organiques pour constituer un mélange magique destiné à capturer
les forces de la nature comme le font les bakongo au moyen des minkisi (knisi).Le nom Mial ou Myal viendrait du mot «maye» voulant
dire magicien, enchanteur, et désigne le prêtre et plus généralement le magicien ou le guérisseur expert dans l’utilisation des plantes et surtout apte
à contrer les sorts jetés par le sorcier.
L’Obeah est répandu aux Caraïbes. Au Surinam il apparaît dans le culte des Winti au
travers de l’Obia (Obiaman=magicien) pour la magie blanche et le wisi (wisiman=sorcier) pour la sorcellerie. Aux Iles Vierges les rituels de possession
des esprits défunts sont symbolisés par les Mocko-jumbies équivalant aux zombies du culte vaudou.
En savoir plus sur l'Obeah et le Myal
En savoir plus sur le winti
Ogboni (Société des..)
La société des Ogboni présente au Nigéria, Bénin et Togo est une société aux pratiques extrêmement secrètes bien que ses adeptes ne se cachent pas de
leur appartenance. En général ces derniers se reconnaissent par le port de l’Edan (photo en marge)qui représente deux figurines en laiton montées sur des boucliers et
unies entre elle par une chaine en fer. Ces deux personnages de sexe masculin et féminin ne sont pas deux individus différents mais représentent le double
de sexe opposé au possesseur de l’objet, une sorte d’âme sœur. Les Ogboni appelés Osugbo à Ijebu décidaient des rois et conservent un véritable pouvoir
dans le domaine de la politique et la justice. Il semblerait qu’une partie de leur activité consiste à établir un lien entre vivant et morts non dans la
perspective de s’emparer de leur pouvoir de leur force ou de leur savoir comme le font les rituels egungun, mais pour conformer une éthique sociale
appropriée aux souhaits des ancêtres, établissant ainsi une sorte de conseil supérieur de la lignée qui dépasse le seul monde du vivant. A telle enseigne
comme le signale Stéphania Capone dans "Yoruba du nouveau monde" (page 204)"les sociétés Ogboni sont intervenues pour que
soient refusés les rituels funéraires à des individus ayant pratiqué l’homosexualité ou s’étant suicidé, au motif que l’un ne peut être une alternative
valable comme choix de vie et l’autre une insulte aux ancêtres". Les adeptes des sociétés ogboni sont de plus en plus souvent des chrétiens ou même des
musulmans, non par syncrétisme des rites ogboni avec ces religions mais par double pratique des adeptes.
Dans le temps cette société dont les
pouvoirs s’exerçaient même dans le monde politique pouvait décider l’élimination de tout adepte ayant perdu ses faveurs. Le chef des Ogboni envoyait une
tasse de poison chez le banni et ce dernier devait en boire le contenu, ce qu’il ne manquait jamais de faire.
Oloddumare
Dieu unique de la religion Yoruba, créateur de tout ce qui existe, seigneur de notre destin éternel selon la signification de son nom. Il ne fait l’objet
d’aucune représentation et aucun autel ne lui est consacré. Il n’est pas en contact avec les hommes et laisse ce soin à Olorun et Olofin sa deuxième
et troisième manifestation. Il est aussi connu sous le nom d’Eleda source de toute création, Alaayé ou vie éternelle, Elemii celui qui donne ou retire le
souffle, Olojo Oni, celui qui contrôle le jour.
Olofin (Olofi)
Troisième manifestation d’Oloddumare dieu suprême des yorubas, son noms signifie « maître du palais ». Ce palais est le ciel et sa cour est composée des
Orishas grâce auxquels il est en contact avec les hommes. Rien ne peut arriver sans son intervention mais il vit retiré et ne descend pratiquement jamais
sur terre. Olofin répartit l’Ashé entre les Orishas et c’est lui encore qui a autorisé Orunmila à descendre comme prophète.
Olorun
Deuxième manifestation d’Oloddumare le Dieu suprême des Yorubas, il est le propriétaire du ciel C’est à lui que revient la charge de rester en contact
avec les hommes. Il est aussi le propriétaire de la vie et transmet les énergies. Il possède les couleurs, la lumière, l’air.
Opélé
Prononcé Okuele, l’Opélé est un chapelet formé de deux jeux de quatre morceaux d’écorce de noix de coco présentant chacun une face haut et bas qui sert
au babalawo, (le devin de l’Ifa du culte yoruba) à déterminer deux séries de chiffres composés uniquement par de 0 ou des 1,
au moyen desquels sont sélectionnés les odus par lesquels Orunmila transmet son message. L’opélé utilisé dans le cadre de séances
de divination habituelles est l’un des deux moyens de sélection employé par le bablawo. L’autre méthode utilisant la planche Ifa ou Opon Ifa est réservée
aux grandes occasions comme la cérémonie de la main d’Orunmila.
Orishas
Les Orishas sont des divinités vénérées chez le peuple Yoruba du sud du Nigéria dont le centre cultuel est la ville d’Ile-Ife. Dans la cosmogonie Yoruba
il existe un Dieu unique (Olodumare ou Ologun), qui déçu par les hommes s’est désinvesti de toute relations avec eux et a confié à des divinités
intermédiaires les Orishas le soin de veiller sur sa création. Il existerait 800 Orishas. 400 resteraient attachés au monde divin et ne seraient jamais
en rapport avec les hommes, et 400 autres, chargés d’assurer les liens, navigueraient entre le monde manifesté et le divin. Généralement le nombre des
Orishas objets de cultes se limite à une vingtaine. Chaque Orisha exerce une maîtrise sur un élément naturel, un champ d’activité. Ils ont leurs
caractéristiques propres, couleur, parfum, mets, habillement. Les Orishas sont présents dans un grand nombre du culte afro-américains, soit parce qu’ils
en sont à l’origine, soit parce qu’ils s’y sont intégrés avec des divinités d’autres origines. (Santéria, Candomblé Ketu, Umbanda, Macumba, Shango,
Batuque…) Comme dans tous les syncrétismes, afin de survivre ils ont été vénérés dissimulés derrière les personnalités de saints catholiques leur
correspondant
Les principaux Orishas sont :
Eshu, gardien des barrières et des carrefours est généralement le premier Orisha à être invoqué dans les cérémonies. Yemaja (Iemanja, Ymoja, Yemanja,
Janaina,) divinité universelle, mère des déesses, patronne des femmes enceintes. Shango (Sango, Xango..) dieu du tonnerre et des éclairs, il châtie les
voleurs et les menteurs. Ogun dieu de la guerre et de la métallurgie. Aganju, dieu des volcans et des déserts. Ochosi (Oxossi) Dieu de la forêt et des
chasseurs. Obatala (Oxala, Orixala) Dieu créateur du corps humain et propriétaire de toutes les têtes. Oya déesse de la fertilité, la magie, des ouragans
et tornades. Nanà,( Nanà-Buluku) déesse de la boue et des marécages. Ossain (Ozain, Ossaniyn) Orisha de la forêt, gardien des herbes et médecines
naturelles. Ochumare (oxunmare ) dieu de l’arc-en-ciel, gardien des enfants et du cordon ombilical. Erinle, orisha de la médecine et de la guérison.
Etc… La nature divine des Orisha peut aussi être mixée à des personnages historiques ayant marqués la société Yoruba, tels que Shango qui aurait fondé le
royaume d’Oyo (Nigéria) ou encore Ogum fondateur d’Ifé la ville sacrée du culte. Chaque adepte du culte est dévoué à un Orisha qui lui est désigné par
le prêtre lors des cérémonies d’initiations. (Le babalorixa dans le candomblé).
Orunmila
Orunmila, aussi appelé Orula, est l’orisha de la divination, le grand bienfaiteur de l’humanité et son principal conseiller. C’est un grand guérisseur et
il révèle les secrets de l’avenir au moyen de l’Ifa. Il a été le seul témoin d’Oloddumare quand celui-ci a créé l’univers et c’est pourquoi il connaît
tous les destins. Il est le premier prophète de la religion des Yorubas et fut chargé par Oloddumare de contrôler les naissances et les décès et de
veiller au développement des espèces vivantes. Il est le propriétaire des Oracles et l’interprète de l’Ifa. Ceux qui n’écoutent pas ses conseils sont à
la merci des Osogbos (malédiction) envoyées par Eshu. Orunmila ne réside pas dans la tête autrement dit ne communique pas au
travers de la transe mais seulement au travers de l’Oracle. IL est présent auprès des esprits s’apprêtant à se réincarner pour les aider à choisir le
destin de leur future existence.
Osogbo
Pour les yorubas les énergies qui nous entourent sont soit négatives (Osogbo) soit positives (Ire). Il existe plusieurs types d’osogbo ou d’iré qui
précisent le domaine particulièrement affecté ou favorisé par les influences. Le Babalawo (Yoruba) ou le santéro (santéria) vont au cours de la
consultation interpréter ces données pour déterminer comment leur demandeur peut agir soit éviter les malédictions ou au contraire renforcer les
bénédictions.
Oyo
Oyo est une ville du Nigéria mais également un royaume fondé par Shango devenu pour l’occasion l’Orisha de la guerre. Dans le batuque né dans le sud du
Brésil et maintenant plus actif en Argentine et Uruguay, la Nation Oyo concerne le culte initié au Brésil par les yoyuba originaires d’Oyo et vénérant les
Orishas avec une prédominance du culte de Xango (Shango).
Palenque
Nom donné dans l’empire espagnol d’Amérique aux agglomérations regroupant des nègres marron. Le palenque dont le nom
signifie "palissade" ou "poteau" en espagnol était un village ou un groupe de villages autour desquels étaient installés des palissades, pièges, pieux et
autres systèmes de défense. Plus généralement les palenques étaient situés dans des zones difficiles d’accès offrant déjà une défense naturelle. Le
terme ‘Rancheria’ était lui attribué à des regroupements de marrons plus restreints faits de quelques « ajoupas » (cabanes). Nous trouvons cette même
distinction au Brésil entre le ‘quilombo’ équivalent lusitanien du ‘palenque’ et le ‘mocambo’ équivalent de la ‘rancheria’. Au Venezuela les palenques
sont connus sous le nom de ‘Cumbes’. L’histoire des palenques est avant tout celle du marronnage et reste donc très contingente des spécificités locales.
Ainsi certaines sociétés marronnes ont cohabité avec l’autorité centrale en la perturbant mais sans jamais la déstabiliser vraiment comme au Mexique au
Honduras et à Panama. D’autres au contraire ont contraint les pouvoirs coloniaux à leur accorder un statut d’autonomie par traité, comme en Jamaïque, au
Surinam en Colombie et à Cuba.
Palo
Le palo est une religion syncrétique afro-caribéenne originaire du royaume duKongo (Congo(s) et Angola) qui s’est développée sur l’ile de Cuba et qui
repose sur le culte des ancêtre et la vénération des forces naturelles présentes dans des lieux bien précis.(Cascade, source, rivière…).Le culte bakongo
repose sur la capacité que les anciens, prêtres, sorciers ou magiciens ont de faire intervenir des entités, (ancêtres, fantômes, simbi, knisi) pour
déclencher des forces malfaisantes ou bienfaisantes qui agiront dans le domaine social ou individuel, chaque acteur ayant son domaine de prédilection.
Ainsi seuls les anciens par l’intermédiaire des ancêtres pourront déclencher les forces hostiles qui agirons uniquement dans le cadre social et jamais
le dans cadre individuel qui sera lui, le travail du sorcier faisant appel au fantômes ou nkuyu. Il en ira de même pour toutes actions bienveillantes,
où le prêtre aidé du simbi interviendra pour obtenir des actions bienveillantes au profit du groupe social, et le magicien
(nganga) aidé du knisi apportera sa magie blanche à l’individu.
Les bisimbi (pluriel de simbi) sont des esprits locaux attachés au village. Les minkisi (pl:de knisi) sont des récipients en terre cuite ou en fer dans lesquels sont
réunit divers matériaux sensés produire la magie escomptée ( terre de cimetière, ossements, etc) Sur ces matériaux sont dressés des bâtonnets extraits de
l’arbre sacré ( en principe l’Iroko) De ces bâtonnets est issu le nom de Palo (bout de bois en espagnol) donné au culte à Cuba. Les minkisi sont souvent
pris pour les équivalent des Orisha, mais ils sont bien les récipients qui en capturant diverses forces créent les entités correspondante le
kimpungulu
( pluriel de mpongo). Dans le Palo le récipient prend le nom de « prenda ». Le Palo est avant tout un culte des morts (nfumbe ou infumbe) mis au service
du palero.
Plus d’informations, voir notre page « Palo l’autre syncrétisme cubain »
Paques (méthode de calcul de la date)
La méthode de calcul de la date de Pâques chez les chrétiens date du concile de Nicée en 325. Il a été établi que les Pâques se fêteraient « le dimanche
qui suit le 14em jour de la lune qui atteint cet âge au 21 mars ou après »
Le 14em jour de la lune correspondant à la pleine lune il faut comprendre que dès le 21 mars le dimanche qui suit la prochaine pleine lune sera désigné comme
fête de Pâques. Ainsi le premier dimanche possible après le 21 mars sera le 22 mars et la date la plus éloignée de Pâques sera le 25 avril.
Du fait que les chrétiens orthodoxes ont conservé le calendrier Julien, il existe un écart de 13 jours entre les Pâques orthodoxe et catholique.
Chez les Juifs la Pâque (Pessah) fête le passage de la mer rouge et la fin de l’exil. Elle est fêtée le soir du quatorzième jour du moi de Nisan qui est
le premier mois du calendrier juif. Autrement dit le soir qui précède la première pleine lune suivant l’équinoxe de printemps (21 mars).
Vous l’aurez compris le mois de Nissan premier de l’année ne commence donc pas à date fixe. En effet l’année juive est basée sur le calendrier lunaire de
354,36 jours et perd donc environ 11 jours par an sur le calendrier solaire. Rassurez vous il existe des années de rattrapage.
En savoir encore plus sur Pâques.
Para-créoles, Parans
Les Para-créoles ou Parans sont les esclaves noirs ayant acquis leur liberté lors de l’abolition de l’esclavage au Surinam le 1er juillet 1863, et non
par évasion comme les Boschs. Il leur avait été accordé alors de posséder une exploitation en forêt ainsi que l’autorisation de
couper le bois pour leurs besoins, de chasser et de pécher dans la zone de leur plantation. La langue parlée est le Sranantongo, un
mélange de portugais du 17em siècle, de pidgin parlé sur les côtes est d’Afrique, d’anglais, de yiddish et de divers dialectes africains. Les Parans sont
adeptes du culte des Winti dont Anana Keduaman Keduampon est le Dieu unique.
Pataki
Histoires sacrées ou légendes relative à un Orisha. Les patakis contribuent à anthropomorphiser les forces de la nature représentées par le orishas
en leur attribuant une histoire terrestre créant ainsi un mythologie. Les Patakis sont inclus dans le système divinatoire de l'Ifa
chacun d'eux correspondant à l'un des 256 odus possibles.
Péonage
En Amérique hispanique le péonage définit une relation économique dans laquelle un travailleur agricole non propriétaire est attaché au service d’une
grande propriété. La particularité du péonage est que le paysan ne reçoit pas de salaire mais des crédits d’achat lui permettant de s’approvisionner dans
des magasins appartenant au propriétaire, le principe étant d’endetter le péon afin de l’amener à une dépendance totale. Le péonage est apparu au 19éme
siècle en réaction à la fin de l’esclavage d’une part et la disparition des lois contraignant les populations autochtones à fournir une main-d’œuvre
quasi gratuite d’autre part. (Encomienda puis Repartimiento, Mita etc.
La Phallophorie
La phallophorie était littéralement le « port » d’un objet représentant un phallus, au cours d’une procession. Le terme phallagogie a la même
définition bien qu’il semble plus précisément concerner le culte rendu par Isis au phallus d’Osiris. L’utilisation du terme phallagogie synonyme de
phallophorie, doit donc être certifié par des sources complémentaires. La phallagogie ne doit pas être confondue avec la phallologie qui est l’étude des
phallus des différentes espèces animales. Au cours des processions étaient également présents des pyrophores, ou porteurs de feu, des théophores, porteurs d’images
d’un dieu, des cistophores, porteurs de corbeilles, des liknophores, porteurs de berceau sacré.
La Piétisme
Doctrine apparue au sein du protestantisme luthérien qui faisait de l’interprétation des écritures par les fidèles et de la pratique individuelle de la
prière une valeur majeure de la religion qui devait s’opposer à l’interprétation dogmatique et figée de l’orthodoxie luthérienne et calviniste. Le nom du
mouvement provient des réunions de prières (collegia pietatis) organisées en 1670 à Frankfurt par Philipp Jacob Spener.
La Pomba Gira (Article révisé en 09/2010)
La Pomba Gira est un esprit féminin omniprésent de la quimbanda généralement associée à un Exu
dont elle est l’épouse. Tout comme ce dernier Pomba Gira est avant tout un nom générique équivalant au terme démon bien qu’ici la connotation diabolique des
traditions judéo-chrétiennes soit à moduler. En effet dans la quimbanda le couple infernal est chargé de l’évolution d’une création qui autrement resterait
immuable et immobile.
Il n’en reste pas moins que par un héritage culturel qui impose de discerner le bien du mal, Pomba Gira symbolise la nature
maléfique en envoutante de la femme lorsque celle-ci se veut insoumise à l’autorité de l’homme et entend mener sa vie selon ses seuls désirs. Pomba Gira
est l’image de la prostituée et de la sorcière qui font commerce avec le diable. Comme toute entité spirituelle de la quimbanda Pomba Gira en ses nombreux
avatars reprend un personnage ayant existé.
Ainsi la Pomba Gira la plus célèbre est Maria Padilha épouse de Lucifer. Elle est l’émanation de Maria Padilla qui fut la maîtresse du roi Pedro Ier
de Castille (1334/1368) dit Pedro le cruel et qui fit assassiner famille et amis et ne vécu que trois jours avec sa femme avant de retourner vivre avec
sa maîtresse.
Prosper Mérimée qui avait déjà écrit sur le sujet de Pedro Ier s’est inspiré du personnage de Maria pour en faire l’héroïne de sa
nouvelle, Carmen, dont Bizet fera un opéra. Cette rencontre est d’autant plus intéressante que Maria Padilha est considérée dans la quimbanda comme étant
tzigane. (Ciganas). A l’époque de l’esclavage les gitans étaient assimilés aux sorciers et subissaient les mêmes peines de déportation vers le Brésil.
C’est ainsi qu’une communauté de gitans importante est apparue dans les régions de Salvador de Bahia et Rio apportant avec elle les traditions et
réputations qui alimenteront le réservoir d’esprits spécialisés comme les malendros que l’on retrouve dans le royaume de le Lyre (Un des sept royaumes de
la quimbanda).
Carmen est sans conteste l’image absolue de la femme indépendante, qui ne peut être séduite que si par un insondable mystère du
destin elle consent à s’intéresser à vous. Attitude insupportable dans un monde où la femme n’est rien, et qui la voue d’office au bûcher ou en tous cas
à la relégation dans le monde des démons. Plus généralement Pomba Gira est la version syncrétique afro-brésilienne de la figure de Lilith, la première
épouse d’Adam qui refuse d’être astreinte à la « position du dessous » et préfère s’exiler dans les profondeurs de la mer plutôt que de se soumettre.
Elle en retirera la réputation d’une tueuse d’enfant et d’un être profondément maléfique dont tout homme devra se préserver jusqu’à, dans la tradition
juive, à ne jamais dormir seul faute d’être victime de la reine des démones.
Le mot de Pomba Gira ne doit pas être confondu avec Bombogira du
candomblé Bantou qui est l’équivalant bantou de l’Eshu (exu) Yoruba, même si ce nom d’origine kikongo pouvant être traduit par « esprit des chemins »
aurait bien été selon (Stéfania Capone) bricolé pour donner notre Pomba Gira et cela même si les sexes diffèrent.
Lire sur le sujet Stéfania Capone "La quête de l'Afrique dans le candomblé"
Pontos
Les « pontos » sont liés au culte de l’umbanda quimbanda et sont de deux types. Les pontos cantados qui sont des chants destinés à
invoquer un esprit particulier, et les pontos riscados qui sont des dessins cabalistiques spécifiques pour chaque esprit honoré et
convoqué lors d’une cérémonie. Les pontos riscados sont dessinés sur le sol à la pemba (craie). Les pontos riscados sont assimilables
aux Anaforuanas de la secte des Abakua plus connue à Cuba sous le nom de Nanigos , aux
Firmas (signatures) du Palo cubain, et aux Vévés du vaudou haïtien.
Même si chaque esprit a son empreint unique elle peut être légèrement modifiée d’un centre de culte à l’autre.
Le Presbytéranisme
Système de gouvernance de l’église protestante qui consiste à confier le pouvoir de l’église au niveau local, et national à des corps constitués
de pasteurs et de laïcs . Au niveau local le conseil ou consistoire (appelés aussi conseil presbytéraux) est formé de pasteurs et de laïcs élus à la
fonction. Au niveau national ce sont les synodes formés de pasteurs et de délégués des conseils presbytéraux qui gouvernent. Le nom complet pris pas ce
système de gouvernance est le Système Presbytérien Synodal
Le Presbytérianisme est aussi le nom attribué à l’ensemble des églises calvinistes de langue anglaise.
Peudépigraphe
Un texte pseudépigraphe est un texte dont le titre ou le nom de l’auteur sont faux. Littéralement cette définition devrait concerner les ouvrages pour
lesquels un auteur écrit sous un pseudonyme. Cependant écrire sous un pseudonyme ne constitue pas un faux au sens propre l’auteur ayant choisi de se faire
connaître sous un autre nom que le sien. En religion un écrit pseudépigraphe peut être retenu comme canon, d’ailleurs les évangiles sont pour la plupart
pseudépigraphes puisqu’elles n’ont certainement pas été écrites par les auteurs désignés mais « à la façon de ». Les écrits pseudépigraphiques reconnus se
signalent en prenant le préfixe « pseudo » attaché au nom de l’auteur, par exemple le Pseudo-Denys l’Aréopagite. Dans la religion protestante les textes
pseudépigraphes sont ceux qui ne sont pas reconnus au canon de l’église, autrement dit les apocryphes de l’église catholique. Pour les protestants les
textes apocryphes sont ceux de l’Ancien Testament, qui pour les catholiques sont appelés deutérocanoniques.
Puritanisme
Le puritanisme est une conception de la religion prise en Angleterre en raison des circonstances historiques particulières à ce pays. En effet en
Angleterre comme ailleurs s’était propagée parmi les chrétiens une véritable révolte envers les mœurs dissolues du clergé catholique, révolte qui avait
aboutie sur le continent à la réforme protestante. Cependant en Angleterre ce mouvement d’émancipation s’est trouvé confronté aux évènements qui ont
entrainés la séparation de l’église avec Rome (1534) à la suite du refus du pape d’autoriser le divorce d’Henri VIII. Les partisans de la réforme ont
cru que cette rupture allait favoriser l’installation du protestantisme dans le pays, mais dans un premier temps Marie Stuart succédant à Henri VIII
rétablit les liens avec Rome et le protestants furent persécutés. La Reine Elisabeth Ier rompt à nouveau et définitivement avec Rome (1559), mais au
lieu d’installer une église presbytérienne telle que la concevaient les réformateurs protestants, c’est une église
épiscopalienne soumise à la monarchie qui apparaît.
Nouvelle déception avec Jaques VI d’Ecosse qui devenu Jaques Ier d’Angleterre refusera
l’installation d’une église presbytérienne en Angleterre contrairement à ce qui s’était passé en Ecosse. Nouvelle vague d’exil (May Flower 1620). Une
dernière lueur d’espoir apparaît avec la république de Cromwell qui fait la part belle au puritanisme. Mais avec le retour de la monarchie en 1660 leur
implication politique en fit des ennemis irréductibles pour la monarchie. Il s’en suivit pour eux une nouvelle vague de persécution qui amènera un grand
nombre à fuir sur le continent et surtout en Amérique.
Les puritains sont de ce fait ces chrétiens anglais tentés par la réforme protestante dans
ses formes les plus exigeantes et qui déboutés dans leur pays d’origine vont essaimer dans les Amériques pour imprimer leur conception religieuse et
politique de la société à la fois dans les nouvelles églises presbytériennes, évangéliques et congrégationalistes, et dans les futurs états
« puritains » de la côte est des futurs Etats-Unis.
Quilombo
Le mot quilombo signifierait 'union' dans le dialecte bantou kimbundo. Une autre version donne une origine Angola où les populations à rites
d’initiation guerrière, les Ovimbundu, donnent ce nom aux espaces clos où sont enfermés les initiés.
Les quilombos étaient au Brésil le nom donné aux communautés de nègres marrons.. Les premiers quilombos sont signalés dès
1580. Le plus célèbre d’entre eux est celui de Palmarès situé dans l’état du Pernambouco (à l’époque comportant une partie de l’actuel Alagoas) dont la
population (quilomboleiros ou quilombolas) a atteint près de 20.000 personnes réparties en fait sur plusieurs villages. Dirigé par un roi élu, le
quilombo tentait de recréer la structure sociale africaine, mais étendait sa protection à tous fuyards qu’ils soient noirs ou non. Le nom mocambo ou
mucambo (De l’ambundu un dialecte bantou, mu-kambo signifiant terrier) employé comme synonyme de quilombo concernait plus précisément de petits
regroupement de quelques personnes (30 maximum) et servait également (ou sans doute pour cette raison) à désigner dans le Pernambouco des habitations
misérables. L’histoire des quilombos reste dépendante de celle du marronnage au Brésil. Contrairement à l’empire espagnol où des autonomies furent
accordées à certaines sociétés marronnes (Jamaïque, Cuba, Colombie) ou encore au Surinam avec les républiques concédées par la Hollande aux groupes
Saramacca et aux Boshs en général, le marronnage brésilien n’a jamais abouti à des situations similaires. Sans doute que l’action plus ciblée des
bandeirantes brésiliens, comparativement à celle des conquistadores espagnols, a concouru à cet état de fait.
Voir l’histoire du quilombo
de Palmarès..
Lire sur le sujet le roman de Jean-Paul Delfino «Zumbi»,qui restitue le contexte de l'époque.
Palamarès (Quilombo de ..)
Vers la fin du XVIe siècle des esclaves de la capitainerie du Pernambouco au Brésil se révoltent et se réfugient dans les zones montagneuses de la Serra
Barriga où ils vont créer le mocambo d’‘Angola Janga’ ou ‘Angolinha’posant ainsi les prémices du quilombo de Palmarès. Dès le début du XVIIe siècle l’autorité coloniale va tenter en vain de les capturer.
En 1630, face à l’invasion hollandaise de la région, les esclaves adopteront diverses attitudes. Sous les ordres de leur chef, Calabar, les uns
rejoindront les rangs des hollandais. D’autres, sous le commandement du Noir Henrique Dias se constitueront en troupes et s’allieront au Portugal (régiments
henriquinos). Cependant l’attitude la plus commune va être de mettre à profit le désordre engendré par la guerre luso-hollandaise pour rejoindre les quilombos
de la serra Barriga.
En 1654 les hollandais sont chassés du Brésil et durant plus de vingt ans l’autorité portugaise tentera de détruire le
quilombo de Palmarès regroupant désormais un grand nombre de mocambos. A leur tour les palmerins vont entreprendre des razzias dans les plantations
régionales. En 1678 Ganga Zumba chef de l’ensemble des sociétés marronnes du quilombo accepte les termes d’un accord de paix proposé par le gouverneur
du Pernambouco, qui stipule qu’en contrepartie de la cessation des conflits il serait accordé terres et liberté aux palmerins. Sauf que ceci concernait
exclusivement les individus nés à Palmarès, les autres devaient retourner à l’esclavage. Ganga accepte mais son chef militaire Zumbi refuse et continue
le combat. L’état colonial met alors le paquet et confie au bandeirante Domingo Jorge Velho le soin de former une milice faite de blancs, d’indien et
de mamelouks pour attaquer Palmarès. En 1694 le quilombo est détruit et en 1695 Zumbi est tué par un de ces proches, Antonio Soarés qui trahit pour
sauver sa peau. La tête de Zumbi est conservée dans le sel et envoyée à Recife pour être exposée en place publique.
Ganga Zumba de son côté été
rapidement assassiné et les terres du Cucaú promises sont restées arides, tous les palmerins ayant suivi Ganga ayant été rendus à l’esclavage. Sur le
nom même de Ganga Zumba existe une incertitude. En effet il est probable que Ganga Zumba ait été d’abord un titre dont l’origine viendrait de Nganga
Nzumbi, Nganga étant le magicien dans la culture Kongo et Nzumbi le Dieu unique. Le nom
pourrait aussi venir de Ganazumba qui en Kimbundu (dialecte
bantou) signifie Grand seigneur. S’il est possible que Ganga Zumba ait été le nom du chef de Palmarès rien n’exclue que la fonction ait fini par créer
le nom. En effet les quilombos comme leurs équivalents espagnols les palenques étaient fortement hiérarchisés et il est donc improbable qu’ayant été
créés vers 1580 il ait fallu attendre plus de 70 ans pour entendre parler de celui qui est signalé comme le « premier » chef de Palmarès.
Lire sur le sujet le roman de Jean-Paul Delfino, « Zumbi »
Quiroga (Vasco de )
En 1531 Vasco de Quiroga est envoyé en Nouvelle Espagne pour y tenir le poste d’Oidor (auditeur) dans la deuxième Audencia. La première Audencia qui avait
la charge de gouverner les possessions mexicaines de la couronne espagnole avait tellement abusé de son pouvoir en pratiquant à la fois corruption et
cruauté qu’elle avait été supprimée. Son chef Guzman fut rapatrié en Espagne où il restera emprisonné jusqu’à la fin de ses jours. Très échaudé par
l’expérience l’empereur Charles V demande à ce que les cinq membres de la deuxième Audencia soient irréprochables. C’est ainsi que Vasco de Quiroga se
retrouve en 1531 à Mexico city, Oidor de cette deuxième Audencia. Très rapidement il fera partie de cette minorité qui trouve abusive l’exploitation des
indiens par les colons et particulièrement le système de l’encomienda. En 1535 Quiroga fonde sur ses propres ressources
le premier hôpital-pueblo ou village hôpital de Santa-Fe à Mexico, dont l’activité dépasse largement celle d’un hospice. La volonté délibérée de
Quiroga est de créer une société égalitaire fondée sur les principes développés par l’humaniste anglais Thomas More dans son Utopia (1516).
Il est acquis que Quiroga ait eu connaissance de cet écrit puisqu’il s’en inspire largement dans la construction sociale de sa communauté. Comme dans Utopia les familles sont soumises à des contingents. La famille (6000 par cité) est centrée sur l’activité agricole et sur l’exemple d’Utopia il est prévu de fonder de nouvelles colonies en cas de dépassement des quotas. Enfin, idée exceptionnellement avant-gardiste, la journée de travail était limitée à 6 heures. Cependant si Quiroga adapte le principe utopien il transforme le droit de propriété en utilisation usufructuaire transmissible aux enfants ou petits enfants en cas de décès ou de destitution, et ne le supprime donc pas. En 1537 Quiroga est envoyé dans la région du Michoacán, sur la côte Pacifique du Mexique, pour y réduire la révolte des indiens. Il s’acquitte magistralement de sa mission en se faisant apprécier des indigènes. Il fonde dans cette région son deuxième hôpital-pueblo et devient en 1537 le premier évêque du Michoacán (un des 31 états du Mexique actuel). Avec Bartholomé de Las Casas il est une figure admirable de cette colonisation aux intensions humanistes dont l’Espagne a cette fois pu s’enorgueillir. Ces utopies se sont dissoutes dans l’histoire.
Réductions (ou Missions)
Les jésuites comme les autres ordres religieux qui les ont précédés en Amérique du sud ont dû s’insinuer dans la double concurrence rampante que se
livraient d’une part les empires portugais et espagnol et d’autre part les pouvoirs temporel et spirituel. Pour les premiers si le traité de
Tordesillas prétendait avoir réglé la question du partage des zones d’influence, dans les faits les portugais utilisaient tous les stratagèmes pour enfoncer des
frontières qui limitaient leurs ambitions. Pour le reste la double autorité papale et royale imposait que toute action, et particulièrement si elle
était entreprise par des religieux, soit autorisée par les deux pouvoirs.
Sur ce fond commun les deux empires en présence vont cependant adopter des
attitudes diverses face aux nécessités de la colonisation. En Espagne dès le milieu du XVIème siècle des voix vont s’opposer au sort réservé au indiens
au travers du système de l’encomienda. Bartolomé de Las Casas et Vasco de Quiroga s’avèrent être les principaux avocats de la cause humaniste, l’un en
défendant des indiens lors de la controverse de Valladolid, l’autre en créant ses hôpitaux-pueblos au Mexique sur le principe de l’Utopia de Thomas More.
Informée de la réalité du terrain par ces opposants à l’esclavage la couronne espagnole va créer la base légale permettant de protéger les indiens. Ce
seront la « Cédula Real » qui en 1607 décrète que les indiens convertis au christianisme ne pourront être asservis, et de plus, seront exonérés de taxes
pour dix années, puis la « Cédula Magna » de 1609 qui déclare que les indiens devront être aussi libres que les espagnols. Au Portugal en revanche nous
ne voyons rien apparaître mais il est vrai que cet empire passe sous la domination espagnole de 1580 à 1640.
C’est dans cette configuration
historique que vont s’insinuer les jésuites qui débarquent tardivement au Brésil (1549) pour la bonne raison que leur ordre n’a été créé qu’en 1540. Ils
vont peu à peu pénétrer l’Amérique du sud et se retrouver en 1572 en Bolivie (à l’époque le Haut-Pérou). A leur tour ils s’opposent au traitement réservé
aux indiens, celui-ci s’avérant finalement contre-productif aussi bien sur le plan économique puisque les indiens préfèreront souvent la fuite ou le
suicide à l’esclavage, que sur le plan religieux où le Dieu d’amour proposé par les jésuites semble avoir produit une bien terrible engeance. Sur ce
constat les jésuites vont poursuivre l’idée de protéger les indiens des exactions des colons, et donc de les soustraire à leur champ d’influence.
On
prétend que les jésuites se sont inspirés de l’Utopia de Thomas More pour inventer leur société mais en fait s’il est certain que Vasco de Quiroga à bien
suivi l’idée de l’humaniste anglais, les jésuites semblent avoir fait leurs armes en observant l’organisation du village de Juli sur les bords du lac
Titicaca et en en adaptant le concept. C’est donc en 1609 dès que la base juridique l’autorise, que vont être créées les premières missions (connues sous
le nom de Reducciones) en Argentine et au Paraguay chez les indiens guaranis. En 1626 sera créée la première réduction du Brésil, puis en 1682 la
première chez les indiens Moxos (Bolivie, état de Beni) et enfin en 1691 chez les indiens Chiquitos (Bolivie, état de Santa Cruz).
La création des
missions (7) au Brésil nous étonne car il n’existait pas de base juridique pour cela dans l’empire portugais. Sauf que cette création date de la période
de la domination espagnole sur le Portugal. Cependant nous devons avouer que la situation des ces mission brésiliennes doit être éclairée par plus
d’information car il ne semble pas sauf erreur qu’il n’y ait jamais eu de création de réduction au Brésil durant la domination portugaise.
Quoiqu’il
en soit le système des réductions démontre une particulière lucidité de la part des jésuites qui soustrayant les indiens à l’influence pernicieuse des
colons, les attirent dans un environnement propice à leur évangélisation et finit par les extraire des pouvoirs politiques et religieux autres que le leur.
L’affaire est jouée en finesse. Les réductions (un peu à l’image des concepts tant prisés dans les sociétés utopiques) sont construites selon une
organisation géométrique type qui fait de l’église le centre d’intérêt entouré d’un côté par le cimetière, et de l’autre par le presbytère réservé aux
jésuites et aux visiteurs, ces derniers ne devant jamais s’attarder dans les réductions ni y être logés chez les indiens. En face se situe le village des
indiens organisé selon une formation géométrique en rectangle. Les réductions sont généralement dirigées par deux jésuites, l’un étant en charge de la
conversion et de la diffusion de la doctrine, l’autre la gestion des questions quotidiennes, l’organisation des ateliers. Ces deux jésuites sont secondés
par un conseil de plusieurs caciques ( cabildo) permettant ainsi en déléguant la responsabilité à des natifs de conserver une apparence de traditions.
La société civile fonctionne sur un principe de solidarité et d’égalité où l’ensemble de la production et des besoins sont mis en commun, ce qui a valu
au système le nom de socialisme catholique.
Il est évident que ce système des réductions constituait un refuge attirant pour des indiens par ailleurs
gravement menacés. Mais en soustrayant ainsi la main d’œuvre indienne les jésuites ne se sont pas fait d’amis aussi bien du côté portugais qu’espagnol
et cela même en dépit des lois protectrices. En revanche si le rejet des réductions par les colons était unanime, sur le plan politique l’attitude
différait selon l’empire concerné. Du côté portugais tout était bon pour tordre le cou à Tordesillas. Alors en retirant la main d’œuvre indienne du marché
des esclaves les jésuites offraient le bâton pour se faire battre. Les bandeirantes, des sortes de brigands agissant selon les besoins officiellement ou
non étaient entre autre chargés de rattraper les esclaves en fuite tout comme les mamelouks avec lesquels on les confond. Lorsque ces bandeirantes
s’attaqueront aux réductions pour capturer les indiens et les rendre à l’esclavage, les autorités portugaises laisseront faire trop contente de voir leur
commis officiels ou non empiéter sur les possessions espagnoles.
Du côté espagnol on devait à l’évidence constater que les missions finissaient par
former de fait une ligne de défense face à la pression portugaise même exercée par procuration, si bien que les jésuites n’eurent pas trop de mal à obtenir
l’autorisation du roi d’Espagne d’armer les guaranis des réductions pour assurer eux-mêmes leur résistance. Vaincus à diverses reprises les bandeirantes
tournèrent un temps leurs attaques vers les réductions situées plus au nord (Chiquito et Moxos) puis finirent par abandonner.
En 1750, le traité des
limites, aussi appelé traité de Madrid, fixa les frontières entre l’empire colonial espagnol et portugais, sur le principe général que la terre appartenait
à celui qui l’occupait, entérinant par conséquence les conquêtes illicites des mercenaires à la solde du Portugal qui avaient étendus leurs présence bien
au-delà des limites de Tordesillas. Ce traité eu pour conséquence de déclencher la guerre des sept réductions. Ces réductions situées à l’est du rio
Uruguay ont eu la malchance de se retrouver sur un territoire absorbé par le Portugal, le fleuve délimitant la nouvelle frontière. Les Guaranis furent
contraints en conséquence d’abandonner leur terres, ce qu’ils refusèrent de faire. Ayant du subir une violente répression les populations Guaranis furent
en partie exterminées, les survivants retournant à la forêt.
Les jésuites avec leurs réductions avaient fini par créer un pouvoir échappant à la fois
à l’autorité du roi et celle du pape, et comme avec les colons cela leur avait valu de nombreuses inimitiés. En 1767 ils furent expulsés des colonies
espagnoles mettant fin ainsi à l’expérience des réductions (le Brésil les avait déjà expulsés en 1759). Quelques temps plus tard (1777) l’Espagne
récupérait la partie est du fleuve Uruguay qui deviendra plus tard l’Uruguay. Quelques réductions furent reprises par d’autres ordres religieux,
mais bientôt allaient naitre sorties des deux empires les nouveaux états indépendants dont les frontières avec le Brésil suivront en grande partie la
ligne des réductions partout où elles existaient.
Repartimiento
Système en vigueur dans l’empire colonial espagnol autorisant les espagnols à imposer des corvées à la population indienne contre une minime rémunération,
autrement dit d’une forme de travail obligatoire. Il s’agissait de répondre à un besoin de main d’œuvre que l’encomienda ne suffisait pas à satisfaire.
Bien qu’en contradiction avec certaines dispositions légales qui affirmaient que les indiens étaient des vassaux libres, ce système reposait sur une
argumentation qui prétendait que d’une part les indiens ne pouvaient servir les espagnols que sous la contrainte et d’autre part que l’enrichissement des
espagnols induisait celui des indiens.
Le terme de «repartimiento» fut aussi appliqué parfois à l’encomienda mais il constitue bien un dispositif
différent. Il est également connu sous le nom de «mita» au Pérou, «cuatequil» en Nouvelle Espagne ou encore «tendas» ou «ruedas». Les obligations pouvaient
dépendre de besoins saisonniers comme les récoltes et dans ce cas le taux de mobilisation de population pouvait plus que doubler, ou encore de besoins
constants comme l’exploitation de mines (Potosi) où là il s’agissait d’établir des systèmes de roulement. Le repartimiento a largement contribué à
l’extermination des indiens en particuliers ceux qui étaient forcés de travailler dans les mines d’argent ou pire de mercure ou encore le pécheur
de perle au large de Margarita. Les trop longues périodes d’astreintes dans un environnement dangereux et sans aucune sécurité étaient une véritables
condamnation à mort à laquelle les indiens tentaient de se soustraire par la fuite ou le suicide.
Le terme Repartimiento ne doit pas être confondu
avec Requerimiento.
Requerimiento
Lors de la conquête espagnole en Amérique les nouvelles découvertes devaient être faites au nom de Dieu, du souverain et placées sous l'autorité de ce dernier
et cela même si ces découvertes résultaient d’entreprises privées dans lesquelles la couronne n’avait pris aucun risque financier.
Ainsi à chaque
nouvelle expédition un notaire accompagnateur prononçait une réquisition qui imposait aux populations rencontrées
la soumission à l’autorité royale et a terme au nouveau Dieu. Bien souvent cette réquisition ou «requerimiento» était mal ou simplement pas traduite
alors que dans les faits il s’agissait d’un véritable ultimatum imposant une soumission complète aux nouveaux maîtres.
Le requerimiento ne doit pas être confondu avec le «repartimiento»
Sacrifices
La notion de sacrifice ou accomplissement de la chose sacrée concerne tout don fait à un dieu pour le louer, obtenir ses faveurs, ou le rendre
propice aux demandes (propitiatoire). Il existe un sacrifice sanglant qui concerne la mise à mort d’un être vivant, humain ou animal, et le sacrifice tout
court qui implique que l’objet offert est de nature périssable. Ainsi un bouquet de fleur qui par nature périra et sera alors retiré de l’autel pour être
jeté fera l’objet d’un sacrifice. L’offrande elle en revanche se limite à la remise d’un objet non périssable qui sera souvent conservé dans les lieux de
cultes. Un ex-voto par exemple est une offrande. Dans le sacrifice sanglant l’animal mis à mort est souvent partagé entre les dieux (os, graisse, cuisse)
le sacrificateur (épaule, queue, langue), le devin (les entrailles pour la divination)et enfin les adeptes qui se partagent les restes. Dans les cultes
africains et leur avatars américains l’animal sacrifié dépend de la divinité vénérée. (Orisha, Vodun, Knisi) . Dans le langage Fon (Bénin) le terme Vodun
signifie littéralement l’essence du sacrifice.
Scolastique
Système de pensée qui au Moyen Age œuvre à concilier la philosophie antique avec la doctrine chrétienne. Il s’agit en fait de soumettre l’intellect au
religieux pour sans doute en contrôler tout risque d’émancipation d’une pensée soumise à la seule raison. L’origine du terme est en soi intéressante dans
la mesure où le mot latin « schola » provient du grec « scholê » qui signifie oisiveté, inactivité. De fait la scholastique était du ressort des religieux
qui seuls avaient le loisir d’étudier contrairement au clergé séculier occupé par les tâches matérielles.
Sébastianisme
Le sébastianisme est un mouvement messianique né au Portugal à la suite de la mort du roi Sebastião Ier à la bataille de Ksar-el-Kébir au Maroc en 1578. Il
procède de la rencontre de trois circonstances. La première repose sur la légende selon laquelle le roi ne serait pas mort lors de cette bataille, et
d’ailleurs son corps n’a jamais été retrouvé. La deuxième circonstance puise ses racines dans l’influence de la religion juive toujours en attente de son
messie, tendance amplifiée par les « trovas » ou prophéties du poète portugais Gonçalo Annes Bandarra (1500-1556) qui annonçait le venue d’un roi mystérieux
issu du Portugal et dont la destinée serait de régner sur le monde entier. La troisième cause reste beaucoup plus « naturelle » et tient au fait que dès
1580 le Portugal perd son indépendance pour tomber sous la domination du royaume de Castille. Le sébastianisme s’inscrit parfaitement dans la logique
messianique qui envisage la venue d’un sauveur chargé de rétablir la nation, le royaume ou l’ethnie dans sa grandeur passée.
Seringuero
Le seringuero est l’un des acteurs qui intervenait de la filière de production du caoutchouc en forêt amazonienne, en particulier dans l’état de l’Acre au
début du XXème siècle. L’organisation de cette filière reposait alors sur trois éléments. Le premier était donc le seringuero, ouvrier chargé d’extraire
dans une zone géographique allouée le latex de l’hévéa principalement ( il existe d’autres espèces moins répandue, le castilloa et le sapium etc.) .
Cependant ce seringuero n’est pas un salarié ni une propriétaire mais un« client » ou « freguêz » des patrões (patrons) qui à leur tour sont parfois
des entrepreneurs indépendants mais plus généralement des concessionnaires agissant pour compte d’un troisième partenaire, les compagnies de navigations
qui ayant l’exclusivité des droits de navigations sur les rivières se posent en partenaires incontournables et tout puissants.
La relation contractuelle
entre patron et seringuero est typique. Le seringuero en acquérant le droit d’exploitation d’une zone géographique (collocacão ou seringal) est
contractuellement tenu de s’approvisionner pour tous besoins dans les magasins de son patron loueur. De fait le patron agissant seul ou pour compte d’un
tiers prend le risque dans son ensemble. C’est lui qui est chargé de fournir à son seringuero le matériel nécessaire à démarrer et entretenir son
exploitation et inscrit cette fourniture de départ (aviação ou avance) comme les suivantes au débit du seringuero. Le seringuero paiera sa dette au fur
et à mesure par la fourniture du latex récolté qui viendra au crédit de cette dette éliminant de fait l’argent du système et aliénant d’avantage le
seringuero.
Cependant compte tenu de la valeur donnée au latex et de l’importante charge de travail nécessaire à sa récolte, le seringuero n’arrivera
jamais à rembourser et se trouvera ainsi attaché à une certaine forme d’esclavage, d’autant plus que toute tentative de fuite pour échapper à la dette peut
être punie de mort. La chute des cours du latex survenue à partir de 1910 en raison de la concurrence asiatique, a mis un terme à ce mécanisme laissant
sur place des population entières de seringueros trop pauvres pour émigrer et privés des patrons qui malgré tout offraient une certaine sécurité à des
individus incapables de subsister dans un environnement hostile . Il faudra attendre que Ford veuille s’émanciper du monopole anglais sur le caoutchouc
pour qu’une tentative de production organisée soit à nouvau tentée au Brésil (Fordlandia). Malheureusement celle-ci se traduira par un échec les plans utilisés
mal préparés et plantés trop prés les uns des autres se transmettront un champignon destructeur. De toute cette aventure du caoutchouc ne subsistera
pratiquement que la Santo-Daime, une religion fondée en Acre par un des rares seringuero qui aura réussi à s’émancipe, Raimundo Irineu Serra.
Le nom
de Cauchero est parfois employé à la place de seringuero. Seringuero est un mot d’origine portugaise alors que cauchero est d’origine espagnole (caucho
en espagnol signifie caoutchouc). S’il est toujours possible que les termes soient utilisés selon la langue du pays d’exploitation, la différence réside
dans le type d’arbre et donc d’exploitation concernée. Le seringuero récoltait le latex en provenance de l’Hévéa Brasiliensis, arbre qui poussait à
proximité des cours d’eau et dont la récolte s’effectue par saignée. Le cauchero lui récoltait le latex en provenance du Castilloa elastica appélé aussi
caucha, arbre qui poussait dans des régions plus sèches et dont la récolte s’effectuait par abattage. Le mot caucho en espagnol est la traduction
phonétique du mot original «cahuchu» utilisé par les indiens Maïpas, et qui signifie « arbre qui pleure ».
Sertao
Au Brésil le Sertao est l’intérieur du pays par opposition au littoral où se situait principalement l’implantation portugaise. Par déformation le terme
est devenu synonyme de cambrouse. Le Sertao est aussi une région du Nordeste du pays connue pour son aridité.
Simbi (bisimbi)
Dans la religion Bakongo le simbi (pluriel bisimbi) est un esprit bienveillant attaché à un village et non à un lignage comme l’ancêtre. Les bisimbi sont invoqués lors des
cérémonies collectives. Ils étaient experts dans l’art du tissage et le travail des métaux. Pour les Bakongo le monde est partagé entre le royaume de Dieu et celui
des humains sur la terre. Entre les deux existe un immense océan où vont et viennent entre le divin et l’humain une hiérarchise d’esprits. Au dessus de
l’homme se situe les fantômes et les ancêtres. Les fantômes ou nkuyu sont des esprits errants appartenant à des êtres ayant des dettes à payer en raison
de leur mauvaise conduite au cours de leur existence. Les ancêtres font partie du lignage, les nkuyu non. Au dessus arrive la hiérarchie des bisimbi. Ils
sont des ancêtres parvenus à un échelon plus élevé de la hiérarchie et sont à la disposition des humains. Les bisimbi sont en principe des divinités
aquatiques bien qu’il semble que tout esprit vivant en principe dans l’océan qui sépare Dieu des hommes ne puisse être qu’aquatique.
Simonie
La simonie chez les chrétiens concerne l’acte de pratiquer un sacrement ou d’obtenir une charge ecclésiastique contre rémunération. Bien que la
réforme grégorienne se soit attaquée à cette pratique, elle doit être considérée dans son contexte d’une époque où le laïque et le religieux était intimement lié.
De fait la lute contre la simonie liée à celle du mariage et concubinage des clercs (nicolaïsme) n’avait pas seulement pour
objectif de moraliser les mœurs du clergé mais bien d’interrompre les successions familiales dans l’attribution des charges religieuses et par conséquence
d’éliminer l’intervention du pouvoir temporel dans les affaires de l’église.
L’origine du nom est tirée de l’histoire de Simon le Magicien (ou le Mage)
considéré comme un des premiers gnostiques (Ier siècle) et qui aurait proposé aux apôtres Pierre et Paul d’acheter leur pouvoir magique (La puissance du
Saint-Esprit). Les sectateurs de Simon sont les simoniens et leur doctrine le simonisme. A ne pas confondre avec les chrétiens pratiquant la simonie, les
simoniaques.
Sotériologie
La sotériologie est doctrine religieuse qui offre le salut en but ultime à l’individu. Le christianisme en est un exemple typique. L’homme et l’humanité
sont dans un état d’aliénation lié à une faute dont ils seront libérés aux temps ultimes à condition de s’être soumis à la loi, ou parfois même d’être
naturellement éligible par chouchoutage divin comme le propose la prédestination.
Thiase
Les « thiases » sont des assemblées bruyantes qui accompagnent les cérémonies en l’honneur d’un dieu. Ce terme désigne plus particulièrement les ménades,
silènes, et satyres qui composent l’entourage de Dionysos. Les ménades étaient des femmes possédées, impolies, suffisamment fortes pour déchiqueter une bête
sauvage avant de la dévorer. Silène était une sorte de satyre père adoptif et accompagnateur de Dionysos. Les silènes sont les satyres qui accompagnent le
demi-dieu Silène( « Comos » Bonne chère) et (« Coros » Satiété). Il est difficile de faire la distinction entre silène et satyre, les deux mots étant
pratiquement synonymes.
Tobossi
Voduns enfantins de sexe féminin appartenant à la famille royale du Dahomey. Ils parlent un dialecte africain différent de celui des adultes ce qui les
rend difficile à comprendre. Si les voduns peuvent se tromper, les Tobossi, jamais.
Tohoussou
Tohossous aussi écrit Tohoussous. Dans leur souci de créer un ciment communautaire les rois d’Abomey (Dahomey) avaient fait en sorte que les voduns
attachés à leur famille soient vénérés par l’ensemble de la population, contrairement aux voduns de lignage habituellement vénérés par les familles ou
clans auxquels ils appartenaient. Les voduns royaux se divisaient en trois catégories. Les Ahoussous ou anciens rois, les Nesouhoués, les anciens
princes ou princesses et les Tahossous, les enfants anormaux des anciens rois. L’origine du mythe remonte au roi Akaba d’Abomey qui eut un enfant
anormal (Zamadonou) possédant six yeux, des dents et la barbe dès sa naissance.Agadja et Tégbéssou succésseurs d’Akaba eurent à leur tour des fils
anormaux (Kpélou et Adomou). Personnages difformes, fantasques et parfois cruels les Tohossous vivent dans les marigots et sont d’ailleurs des voduns
des eaux. Chaque roi d’Abomey possède ses propres Tohossous. La cérémonie d’hommage qui leur est rendue dure 24 jours. Les Tohoussous sont les voduns des
enfants handicapés ou anormaux. Au Brésil le seule la «Casa das Minas» de Saint Louis de Maranhão vénère les voduns de la famille royale d’Abomey faisant
de Zamadonou un esprit hôte du terreiro.
Tokhueni
Se dit d’enfants nés d’une même mère mais de deux pères différents. Ils ouvrent la voie au voduns.
Tordesillas
Le traité de Tordesillas à été signé en 1494 entre le roi Ferdinand II d’Aragon et Isabelle Ier de Castille d’une part et le roi Jean II du Portugal d'autre part afin de
partager les nouvelles conquêtes entre l’Espagne et le Portugal. A l’origine, la bulle papale Æternis Regis de 1481 stipulait que les terres situées
au sud des Canaries seraient attribuées au Portugal. A la suite de la découverte de Christophe Colomb le pape Alexandre II de nationalité espagnole édicta la
bulle Inter Cætera (1493), par laquelle il fixait une ligne de partage située à 100 lieues à l’ouest des iles du Cap Vert. Les terres situées à L’Est de cette
ligne étaient attribuées au Portugal et à l’Ouest à l’Espagne. Les Canaries restaient espagnoles, Madère, les Açores et Cap Vert étaient attribuées au Portugal.
Alors que le Brésil n’était pas encore découvert, cette ligne de partage ne donna pas satisfaction au roi du Portugal qui réussit à la faire reporter à 370
lieues, soit approximativement à 1 800 Kms à l’ouest du Cap Vert. La distance originelle de 100 lieues correspondait approximativement au 40° de longitude ouest,
soit un ligne qui allait de l'actuelle ville de Fortaleza à Espirito Santo (Brésil), alors que le report à 370 lieues reportait ce partage entre l’actuelle Belém au
nord et Sao Paulo au sud. Cependant grâce à l’action des bandeirantes , les limites imposées seront largement franchies, et il faudra attendre
le traité de Madrid, ou (traité des limites) de 1750, pour que soient fixées les frontières entre l’empire espagnol et portugais en Amérique du sud.
Avec les découvertes en Asie, il fallut se rendre à l'évidence et fixer une nouvelle ligne de partage extrême orientale qui serait la continuité du
méridien de Tordesillas. Très approximativement cette ligne fixée par le traité de Saragosse, en1529, passait
à 297 lieues à l’ouest des Moluques soit environ sur le 133° de longitude est. Les Philippines situées en zone portugaise étaient considérées comme enclave
espagnole. Ces traités ignoraient les autres puissances maritimes, en particulier l’Angleterre la France et la Hollande qui durent recourir à la piraterie en
attendant mieux.
Trinité
Le dogme trinitaire a été défini lors du concile de Nicée (325) réuni sur l’instigation de Constantin Ier pour régler la question de l’arianisme qui
mettait la zizanie dans le tout neuf landerneau chrétien. Dans un débat dont l’issue dépendait de l’adresse des argumenteurs à imposer leur thèse sur des
sujets qui échappaient totalement à la validation scientifique, la vérité sortie de ce concile relevait en partie du consensus mais aussi de la capacité
des factions en présence de s’allier les bonnes grâces d’un pouvoir temporel pourtant incompétent en la matière. L’un des fondements théologique de la
controverse s’inscrivait dans un contexte de concurrence entre l’église chrétienne en formation et les thèses gnostiques qui tout autant essayaient de
s’emparer de la personnalité du Christ pour promouvoir leurs croyances. Ainsi, affirmer une trinité sans en affiner les conditions risquait de précipiter
le monothéisme obstiné de la proto-orthodoxie chrétienne dans les bras honnis du polythéisme implicite du gnosticisme.
Au-delà de ces motivations justifiables on a cependant souvent l’impression que la futilité, ou disons la minceur des thèses contradictoires, servait
parfois là comme ailleurs à délimiter les camps, compter ses amis, former ses écoles et au final s’emparer des place à prendre dans cette nouvelle
distribution des cartes.
Dès le début du christianisme de multiples tendances se firent connaître sous différents noms tirés soit de l’inventeur de la doctrine, soit d’un
critère distinctif de cette doctrine. Parfois ces deux motifs amenaient deux termes pour une même opinion en rajoutant ainsi à la complexité du sujet.
D’une manière générale c’était le lien entre le Père, le Fils (Christ) et le Saint-Esprit qui étaient concerné. Mais parfois la controverse se fixait
sur un des «personnages» seulement.
L’arianisme fut donc l’un des adversaires les plus acharnés de l’orthodoxie qui
n’est, rappelons-le, devenue orthodoxe du seul fait de sa victoire. N’oublions pas que l’arianisme fut aussi un temps orthodoxe (Valens 364/378) avant
de rejoindre définitivement l’hérésie.
L’arianisme considérait que le Père est inengendré et que tout ce qui est créé ne peut donc être Dieu en
conséquence de quoi le Fils (le Christ) ne peut être d’égale substance que le Père. Cette conception s’oppose donc à la position prise au concile de
Nicée et qui affirmait que le Père et le Fils étaient de même substance (consubstantiels). Les tenants de cette thèse furent ainsi appelés les
homoousiens et furent donc définis comme orthodoxes (aussi appelés parfois nicéens).
Face aux homoousiens s’élevaient
les ariens stricts dont on a déjà parlé et qui furent aussi nommés Anoméens (substance différente) en considération de leur opinion. A Nicée une autre
catégorie d’ariens moins stricts prétendaient que si le Père et le Fils n’étaient pas de même substance, ils étaient de substance semblable en essence.
Comprenne qui pourra. Ces semis-ariens qui furent -pour le peut d’écart et la minceur de l’argument- distingués des homoousiens par l’intrusion du
fameux iota et appelés les homoïousiens.
Une troisième catégorie d’ariens plus laxistes ou plus diplomates, les
homéens aussi appelés Acaciens du nom d’Acace de Césarée, disaient que le Fils était semblable au Père, mais attention ça change tout, non subordonné.
Pourquoi pas ?Les Aétiens disciples d’Aèce ou Aétius d’Antioche et les Eunomiens disciples d’Eunome lui-même un temps
disciple d’Aèce furent aussi des ariens aussi appelés Hétérousiens du fait qu’ils considéraient le Fils comme étant d’une substance différente du Père,
et Exoucontiens (qui est né du néant) car ils affirmaient que Jésus n’avait pas existé de tous temps et fut tiré du néant.
Ce n’est pas tout. Dès le deuxième siècle et sans doute sous l’influence du gnosticisme pour lequel la création est une œuvre du mal, apparaît le docétisme aux sources incertaines. Pour ce courant de pensée Dieu ne peut s’incarner dans la matière et Jésus ne peut donc pas avoir de corps physique mais un corps éthéré ou spirituel. Sa crucifixion est une illusion. Autre thèse attachée qui s’intéresse à la nature du Christ est celle du Nestorianisme (Nestorius 381-451) pour lequel cette fois cohabitent en Jésus deux natures distinctes, l’une humaine et l’autre divine. Condamné au concile d’Ephèse en 431 le nestorianisme sera une des premières églises schismatiques en se détachant du courant orthodoxe. Ne reconnaissant donc que les deux premiers conciles de Nicée et Constantinople, l’église nestorienne aussi appelée église des deux conciles se répandra principalement en orient. Comme il se doit le nestorianisme à son contraire le monophysisme qui ne voit dans Jésus qu’une seule nature, et qu’elle est divine.
Le
Monarchianisme, autre courant de pensée, axe son idéologie sur la prééminence de Dieu comme seul Monarque. Dans son expression modaliste le
monarchianisme affirme que le Père le Fils et le Saint-Esprit ne sont que des modes de la divinité et non des personnes différentes. Cette position est
aussi connue sous le nom de celui qui en est à l’origine Sabellius (Sabellianisme) mais aussi sous celui de Patripassianisme ( de patri=père et
passus=souffrance) selon l’idée que ce serait le Père qui serait mort sur la croix.
Une autre facette du monarchianisme est le subordinatianisme
selon lequel seul le Père est Dieu inengendré et le Fils acquit sa nature divine par adoption le jour de son baptême.Le macédonianisme (IVème siècle)
lui considère que seuls le Père et le Fils sont divins mais pas le Saint-Esprit. C’est aussi pourquoi ils furent appelés les Pneumatomaques soit
l’ennemi du Saint-Esprit.
Sans prétendre à être exhaustif il nous faut aborder aussi la querelle du filioque qui est plus tardive mais concerne aussi le rapport trinitaire. Lors du concile de Nicée il fut établi que le Saint-Esprit procédait du Père. Au VIIIème siècle l’église latine (occident) décida sans consulter l’église d’orient que le Saint Esprit procédait du Père et du Fils. Objet de discorde et de querelle sur fond de pouvoir d’influence entre église d’orient et d’occident, ce point d’achoppement sera le prétexte à la rupture entre l’église d’orient qui deviendra l’église orthodoxe et d’occident l’église catholique romaine.
Pour conclure, rien de mieux que de reprendre les termes du consensus final sorti de Nicée
(credo) pour observer l’incompréhensibilité pour les non initiés de saisir les subtilités.
« le Fils est consubstantiel au
Père. Quand on disait que le Fils est consubstantiel au Père, on ne prenait pas ce mot au sens qu’on le prend lorsqu’on parle du corps des animaux
mortels, le Fils étant consubstantiel au Père ni par une division de la substance divine dont il eût fait partie, ni par quelque changement de cette
même substance ; on voulait dire seulement que le fils n’était pas d’une autre substance que le Père. »
Umbanda
L’umbanda est un culte afro-brésilien fondé sur les divinités africaines telles que les Orishas, et qui a ajouté dans ses croyances et rituels la
vénération des esprits amérindiens et les apports du spiritisme d’Alan Kardec. Sous l’autorité chacune d’un Orisha, vont œuvrer au travers de sept
lignes distinctes, les esprits défunts des saint catholiques, des personnalités historiques ou légendaires de toutes origines, de savants, médecins,
et même des enfants décédés avant leur septième année. Ces esprits sont en charge d’assister les vivants en leur indiquant au cours des transes les
solutions à leurs problèmes. L’Umbanda se refuse à toute pratique de magie noire, et les Exus, esprits diaboliques (dans la vision chrétienne) qui lui
donne mauvaise réputation par leur nature ambiguë et complexe à appréhender, sont principalement rejetés dans le domaine de la Quimbanda qui apparaît en
quelque sorte comme le pendant négatif de tout ce que l’Umbanda n’a pas voulu assumer. La Quimbanda à son tour possède 7 lignes qui sont toutes dirigées
par un Exu.
Plus d’information, voir notre page Umbanda-Quimbanda.
Vaudou
Le vaudou est un culte africain pratiqué au Bénin (ex Dahomey) et qui vénère les voduns, des entités intermédiaires entre un Dieu unique et les hommes.
Les voduns sont attachés à des manifestations de force naturelles, mais sont également attachés à des lignages, des familles ou des clans. Un personnage
historique ayant marqué l’histoire de la nation ou de la tribu peut être considéré comme vodun , de même qu’une divinité étrangère peut être adoptée,
imposée ou même achetée. Ce culte s’est développé dans les caraïbes et particulièrement en Haïti ou les voduns sont connus sous le nom de loas (lwa). Il
existe trois types de rites en Haïti. Le rite Rada qui reconnaît les divinités dahoméennes ou bon loas, le rite kongo qui privilégie les esprits d’origine
bantoue (Congo/Angola) et le rite Pétro qui reconnaît les loas créoles nés en grande partie à Saint-Domingue et qui sont de nature très agressive.
Plus de détails, voir notre page Vaudou et notre page Peuple Fon et les voduns.
Uchronie
Article revu et complété en janvier 2011.
Uchronie est issu du titre d’un écrit de Charles Renouvier (1857) intitulé « Uchronie (utopie dans l’histoire) Esquisse
historique apocryphe du développement de la civilisation Européenne tel qu’il n’a pas été, tel qu’il aurait pu être.» Dans ce récit l’auteur
modifie un évènement survenu durant le règne de Marc Aurèle et spécule sur ses conséquences dans l’enchaînement de l’histoire. Dans ce monde parallèle
Constantin Ier qui déjà avait fait porter le Chrisme sur son étendard fut, malgré ses rêves prémonitoires de succès, tué à la bataille
de Tergeste (Trieste) qui l’opposait à Galère. Julien passait inaperçu, et Théodose ignorant le christianisme n’en fera jamais une religion d état, pas
plus qu’il n’interdira le paganisme. Les chrétiens interdits en occident répandront leur foi dans les provinces d’orient, où la doctrine christique moins
polluée par sa collusion aux pouvoirs politiques, restera proche de ses origines humanistes. Le Moyen-âge européen s’épargnera ainsi les croisades et
surtout l’inquisition qui privée du bras séculier restera une rêve avorté.
Le « Napoléon Apocryphe » de Louis
Geoffroy (1836), par exemple, a précédé Renouvier sur ce thème précis qui consiste à modifier un évènement du passé, et partant de ce qui est alors nommé
«point de divergence», imaginer un autre développement de l’histoire. Mais c’est Renouvier qui lui donne son nom bien que celui-ci soit
sujet à diverses interprétations que l’on peut considérer parfois erronées.
Certains dictionnaires, sans doute influencés par le sous-titre,
donnent comme définition, «Uchronie : Utopie appliquée à l’histoire » ou encore « époque fictive, évocation imaginaire dans le temps ». En premier lieu
l’uchronie n’a rien d’une utopie appliquée à l’histoire. En effet l’utopie pour se distinguer du récit sur roman ou de la fable se doit de répondre à
certaines conditions dont la première est de formuler une critique de son époque en évoquant l’existence -en un lieu ou un temps isolé- d’une société
parfaite considérée à tort ou à raison comme heureuse. Dire en conséquence que l’uchronie est une utopie appliquée à l’histoire ou une évocation
imaginaire dans le temps est déjà une redondance du terme ‘utopie’ et n’apporte rien. Cette assimilation devient d’autant plus inadaptée que l’uchronie
ne présume en rien qu’une finalité heureuse ou un monde parfait adviendra de son évènement divergent.
De fait il existe une différence fondamentale
entre utopie et uchronie qui ne se situe pas dans un différentiation entre temps et espace, ou histoire et fiction, mais bel et bien dans le fait que
l’utopie pose un jugement de valeur sur son temps et sur son monde imaginé réputé parfait, alors que l’uchronie se contente d’évaluer une ensemble de
circonstances et d’évènements, une nouvelle chronologie historique fait d’ajout et d’omissions mais en tous cas exempts de tous jugements de valeur.
En suivant maintenant la piste qui nous est offerte par Bachelard nous pouvons à terme parvenir à une proximité de sens entre uchronie
et utopie dès lors que l’on se base sur d’autre critères que ceux de l’étymologie d’un non-temps et un non-lieu, ,ou des éléments déjà exposés. Bachelard
a en effet donné une très intéressante définition de l’utopie en disant que l’utopie est à la vie (sociale) ce que l’hypothèse est à la science. Sur cette
idée on peut ajouter que l’uchronie est à l’histoire ce que l’utopie est à la vie et l’hypothèse à la science, et pour faire plus simple, dire que
l’uchronie est une hypothèse appliquée à l’histoire.
Il reste cependant à éclairer un autre axe de différentiation entre nos deux « U » car il ne
serait pas contradictoire de dire que l’utopie étant une hypothèse de la vie l’est probablement tout autant de l’histoire. Mais l’utopie part de notre
présent pour aller vers le futur, alors que l’uchronie vient du passé pour aller à la rencontre de notre présent. Il ne faut pas perdre de vue que
l’utopie dans le passé est un mythe, une légende ou un paradis perdu.
Cependant nos deux u-compères finissent dans un accord commun qui est celui de
nous forcer à modifier notre perception de la normalité. L’utopie en nous affirmant qu’un monde parfait peut advenir de l’acceptation de ce qui de nos
jours serait considéré comme étrange, inadmissible, iconoclaste, révoltant, révolutionnaire et même tout simplement impossible. L’uchronie tout autant
nous amène à imaginer un monde dans lequel la norme serait différente, bizarre, incongrue, étrange, inadmissible et même impossible à admettre dans notre
présent de comparaison.
En tout état de cause, l’histoire alternative, terme utilisé de préférence chez les anglo-saxons, semble être mieux adapté et en tous cas lever toute ambigüité.Il existe une multitude d’œuvres uchroniques en littérature comme au cinéma. Pour faire simple nous citerons le film de Laurent Tuel, Jean-Philippe dans lequel Johny Hallyday a raté son audition et n’est jamais devenu une star du rock, laissant la place à d’autres. Mais c’est avec Terminator le film de James Cameron (1984) que l’on trouve forme de l’uchronie plus proche de la science fiction avec la rencontre de voyageurs venus du futur pour éliminer Sarah Conors afin qu’elle ne mette jamais au monde celui qui sera le futur chef de la résistance en 2029.
Vous pouvez consulter le site Cafard cosmique qui liste quelques uchronie.
Uchronie (Oeuvre de Charles Renouvier 1857)
«Uchronie (l’utopie dans l’histoire) Esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation Européenne tel qu’il n’a pas été et tel
qu’il aurait pu être » est le titre complet de l’œuvre de Charles Renouvier publiée en 1857, et qui donna naissance au néologisme «uchronie».
Réduire cette œuvre relativement peu connue à l’artifice de l’uchronie largement repris dans la littérature et le cinéma, serait en négliger toute
la puissance et la créativité. Si l’Utopia de Thomas More représente bien le genre auquel il donne lui aussi son titre, on peu dire
que l’uchronie de Renouvier n’est qu’incidemment représentative de la veine uchronique, et s’avère d’une érudition et d’une puissance évocatrice qui le
range sans réserve dans l’œuvre de pure philosophie, non par des démonstrations abscondes et des argumentations confidentielles mais bien au contraire par
des confrontations lumineuses entre le monde réel et celui de l’hypothèse.
L’hypothèse en l’occurrence, est que le christianisme ne s’étant pas
imposé à Rome au IVème siècle, la face du monde occidental en a été changée. N’ayant de ce fait pas été investi de la confiance que confère l’habitude,
ni par la notoriété du succès, cette religion contenue par aucune autorité supérieure s’adonnait à la dispute et la fine argutie au moyen de laquelle
chacune de ses sectes entendait établir sa domination et décider enfin seule de ses dogmes et doctrines.
C’est en présentant le contexte que l’auteur
installe ce décalage propre à l’uchronie. En effet alors que dans notre monde les chrétiens sont les victimes d’une Rome sanguinaire et intolérante, en
uchronie l’histoire privée de son partial héritage nous révèle d’autres facettes.
Les romains étaient très tolérants envers les religions à conditions
qu’elles respectent trois grands principes. En premier une religion devait avoir une antériorité, en second elle ne pouvait avoir comme projet d’éliminer
les divinités païennes reconnues et enfin elle ne devait en aucun cas se mêler des affaires de la Cité. Sur la première condition le christianisme
contournait le problème en s’arrimant à l’héritage judaïque, mais sa volonté délibérée de prosélytisme, sa prétention à annoncer un royaume terrestre
établi au nom de leur Dieu et leur tendance à désigner leur propre hiérarchie, les posaient nettement en promoteur de la théocratie et de fait, ennemis
de Rome.
En uchronie Constantin Théodose ne furent pas ceux de notre histoire, et les chrétiens jugés hostiles furent exilés dans les provinces d’un
orient qui était l’origine à la fois de leur doctrine et de leur mentalité. Ainsi à la lisière des mondes barbares, contraints par aucunes autorités ni
aucune force à s’accorder entre eux, les chrétiens développèrent leur tendance innée à la dispute, pour débattre de sujet aussi vaporeux que le sexe des
anges et parvenir parfois à quelques consensus tout aussi incompréhensibles dans leur prétentions à discerner par exemple la différence qu’il pourrait
y avoir entre une même substance et une substance identique.Comprend qui pourra !
Dans ces joutes oratoires ils perdaient de plus en plus de vue
l’essence de leur doctrine pour donner la primauté a des compromis qui simplement parce qu’ils rencontraient l’accord du plus grand nombre, devenait
tout à coup la vérité révélée traçant à l’occasion la limite entre ceux qui étant dans l’avis général se considéraient comme orthodoxes, et ceux qui
n’adhérant pas aux accords étaient définitivement hérétiques.
C’est dans ce cheminement lent et laborieux que l’église se forgeait une identité, par l’épuration de tout les récalcitrants à l’ordre que peu à peu elle s’inventait en évitant les différents pièges posés par les multiples contradictions des écrits mêmes dont elle se servait pour établir ses certitudes. Pendant qu’elle continuait à régler ses comptes dans des discours alambiqués, se levait quelque part en Arabie un nouveau prophète qui ne s’embarrassant pas de subtilités et s’adressant simplement aux gens simples levait une nouvelle religion dont il se fallu de peu qu’elle ne soit qu’un nouveau christianisme si là encore les affaires temporelles ne s’en étaient pas mêlé.
Cependant l’ouvrage de Renouvier ne se borne pas à imaginer une chrétienté exotique, mais profite de la perspective décalée de la société en devenir pour glisser un regard critique sur les exigences liées au pouvoir qui avant Rome, pendant et après elle, restent d’une absolue intemporalité. Le pouvoir est antimoral. Capté par une race de succubes qui se nourrit d’un peuple conformé par son milieu naturel à se sentir soumis à une ordre organique de la société, ordre vécu comme une fatalité à laquelle on se soustrait non par émancipation ou conviction d’une égalité en droit, mais par la certitude de trouver dans le sacrifice et la souffrance d’une « ultramorale » rigide la satisfaction d’aller à la rencontre du paradis pour héros. Empreinte de superstition et de contrition, une telle attitude témoigne des risques que prendrait tout tyran de confier l’égalité et la liberté à un peuple soumis à de telles influences. Car si ce peuple était parvenu à maturité il s’emparerait de cette égalité sans attendre qu’on la lui donne, alors que maintenu dans cet infantilisme civique il s’empresserait de remettre sa liberté entre les mains d’un autre tyran qui saurait le flatter, ou lui faire d’impossible promesses ou simplement le décharger d'un fardeau qu'il ne saurait assumer.
Si le pouvoir pour être supportable doit être confié à un philosophe, force est de reconnaître qu’il n’y est pas pour l'instant à sa place. Car à
vouloir gouverner par le juste et l’équitable, le tribun donne des signes de faiblesse comme autant de brèches dans lesquelles les médiocres se glissent
pour y rétablir leur mauvais royaume. Si le destin du monde et de confier à la justice et non l’autorité le droit de diriger, encore faudra-t-il que
chaque composante de cette humanité ait atteint l'élévation de l’âme où l’homme parvenu à sa pleine liberté ne veut pas exercer le pouvoir pas plus
qu’il ne veut le subir.
C’est de cette confrontation permanente entre une réalité hypothétique et une hypothèse plus réaliste que nature que nait
toute la puissance de l’œuvre de Renouvier et qui la place bien au-delà du seul artifice de l’uchronie pour l’engager sur une remise en perspective
de notre réalité afin que pour une fois soit donné aux vaincus l’honneur d'écrire l’histoire. En chef-d’œuvre d’une grande érudition et d’une
infaillible intelligence.
Utopies
Le terme utopie est tiré de l’œuvre éponyme de Thomas More (Utopia, 1516) conseiller d’Henri VIII d’Angleterre et exécuté pour n’avoir pas réellement
adhéré à la séparation de l’église anglicane avec Rome. Le nom, Utopia, peut être traduit pas le lieu de nulle part, le non lieu, si on utilise la racine
grecque «ou-topos» (ou = privatif=sans, et topos = endroit), ou peut signifier le lieu du bonheur si on retient la racine «eu-topos» (eu = bon, heureux)
à moins que de façon tout à fait calculée le terme signifie le non-lieu du bonheur. Néologisme devenu nom commun, le terme s’applique à des sociétés
imaginaires, la plupart du temps isolées du reste du monde (île, endroit fermé) et qui posent comme principe le bonheur parfait et égal pour tous les
membres de leur communauté. Les utopies sont majoritairement des œuvres littéraires qui par le subterfuge de la fiction font passer un message à leurs
contemporains pour leur faire toucher du doigt les défauts ou abus de leur époque en présentant une société imaginaire heureuse et débarrassée de ses
lacunes. Cependant les mondes prétendument parfait de l’utopie sont rejetés par notre raison comme étant incompatible avec une quelconque réalité. Cette
perception est confirmée par l’usage du mot qui est assimilé aux notions négatives de chimères, illusions, fantasmes.
Les principales œuvres utopiques sont, «Utopia» de Thomas More , «La République» de Platon, «La cité du soleil» de Campanella (1568), «L’Abbaye de Thélème» de Rabelais (etc…). L’Icarie, l'Hernnhut du conte de Zinzendorf, New Harmony de Robert Owen , Auroville de Sri Aurobindo ont été des expérimentations de communautés utopiques. Utopia a également donné lieu à des tentatives. Mais bien que l’on considère les missions jésuites du XVII et XVIIIème siècle (Missions du Paraguay) comme inspirées de l'ouvrage de Thomas More, c’est surtout avec les hôpitaux-pueblo du Mexique (1534) que Vasco de Quiroga a tenté une copie conforme de l’Utopia de More.
Les sectes ne sont pas assimilables à des communautés utopiques. En effet la présence d’une hiérarchie dominante et souvent aliénante, et la soumission des adeptes à la volonté et aux caprices d’un gourou assimile les sectes aux contre-utopies si l’on veut bien encore oublier l’objectif religieux poursuivi.
Les utopies ne sont pas non plus assimilables aux mythes qui ne concernent que des mondes idylliques ayant existé
majoritairement dans des paradis perdus et qui souvent sont récupérables à conditions de se soumettre à certaines obligations ou vénérations. Les mythes
postulent à des mondes ayant existé, les utopies à des mondes pouvant exister dans un futur où les hommes auraient profondément changé, ou dans des
lieux encore inconnus où les hommes sont très différents ( des non-lieux).
Voir notre définition de Contre-utopies ou dystopies
Voir notre dossier complet sur les Utopies et dystopies
Voduns
Les voduns sont les équivalents des orishas nigérians dans le culte vodou des peuples Fon et Ewe du Bénin qui ont d’ailleurs assimilés quelques divinités
yoruba aux leurs. Les voduns ne sont pas exclusivement liés aux forces naturelles, mais peuvent comme chez leurs voisins être des ancêtres des clans, des
dieux de tribus soumises ou assimilées ou même des divinités achetées.
Au sommet de la hiérarchie du culte des voduns se situe Nana-Buluku
le Dieu
hermaphrodite, auto-engendré qui donne naissance à un premier enfant Mawu, de sexe féminin, maîtresse de la lune et de la maternité. Son deuxième enfant
de sexe masculin est Lisa, maître du soleil, il est en charge du travail et de la guerre. D’une manière générale il est peu fait mention de Nana-Buluku
et ses enfants le plus souvent considérés comme les dieux suprêmes sont reconnus sous la forme androgyne de Mawu-Lisa. Mawu-Lisa a/ont engendré 7 enfants
dont Dan qui est le père des voduns.
Le panthéon vodun est organisé en trois classes principales. Les voduns du ciel ou ,Jivodun tel que Gu le
dieu du fer ou Hevioso le dieu de la foudre. Les voduns de terre, ou Ayi-vodun, comme le terrible Saktapa dieu de la variole, et enfin les voduns de
l’eau ou, Tovodun comme Agwé dieu de la pêche. Les voduns sont purement africains et ne doivent pas être confondus avec les Loas qui sont les divinités
du vaudou en Haïti. De plus au sein de ce vaudou haïtien existe des divergences selon le rite concerné. Le rite rada reprend sous l’appellation Loa les
voduns dahoméens. Le rite Kongo reprend des loas d’origine bantoue, et le rite Petro célèbre des loas créoles originaires de Saint-Domingue et de nature
plus agressive que les autres loas.
En savoir plus sur le vaudou et les voduns , lire notre page : Vaudou
Winti
Le winti est un culte afro-américain apparu chez les nègres marrons de Guyane hollandaise appelés Bosch (bushimengue). Les wintis sont des entités
intermédiaires entre les hommes et le dieu unique dont l’origine des croyances se situe parmi les populations Fanti-Ashanti du Ghana, Fon du Dahomey et
Agni (Ghana, Cote d’Ivoire). Les wintis sont organisés en double hiérarchie qui met les dieux africains (bossales) en premier, les conjoints d’origine
locale et les bâtards nés de leurs union, puis une autre hiérarchie qui met en tête les dieux du ciel, puis ceux de la terre et enfin ceux de l’eau..
L’homme est constitué du «Kra» âme et esprit, donné à la naissance repris à la mort. A la mort subsiste le«yorka» qui peut habiter un être vivant
au cours des transes. Le corps est donné par père et la mère, mais le kra vient du djodjo qui est le parent spirituel en contact avec les wintis et
Anana et qui à la mort peut récupérer le kra pour le confier à un nouveau-né. Les wintis sont convoqués en jugement chez Anana du 13 au 31 décembre
afin de rendre compte de leur travail de l’année. Selon les résultats ils peuvent recevoir des pouvoirs complémentaires ou être interdit de retour sur
terre.
Plus d’information, voire notre page Le Winti des Boshs
Zangbéto
Zangbéto ou «chasseur de nuit» était Porto Novo un gardien nocturne chargé de chasser les voleurs et malfaiteurs. Son zèle excessif l’amenait parfois à
s’en prendre à n’importe qui ce qui poussa le pouvoir à interdire ses activités. Il se distingue par l’apparence d’une forme d’une meule de paille
tourbillonnant sur elle-même.
