Grands et petits avatars
1 - Les cultes et sectes de la Grèce antique
Les autres thèmes
1
Cultes et sectes dans la Grèce antique
9
Mouvements sectaires et messianiques africains
Les Dicos
*
De A à E
de F à N
De O à Z
*
Le dico des utopies
Animismes et syncrétismes
*
Les syncrétismes Afro-américains
Barquinha
Batuque
Candomblés
Candomblé Cabocle
Catimbo
Convince
Hoodoo
Ifa
Sagrada Jurema
Kromanti
Kumina
Lucumi
Macumba
Maria Lionza
Myalisme
Nanigos
Obeah
Omoloko
Pagelance
Palo
Quimbanda
Quimbois
Santéria
Santidade
Santo Daime
Shouters
Spiritual Baptists
Tambor de minas
U.D.V
Umbanda
Vaudou
Winti
*
Les racines africaines
Le peuple Yoruba et les Orishas
La cosmogonie des Yorubas
Le Culte Ifa chez les yorubas
Les Egungun ou culte des morts chez les Yorubas
Ibeji,le culte des Jumeaux chez les Yorubas
Les orishas, divinités des Yorubas
Les Fons du Bénin et les voduns
Cosmogonie, magie et sorcellerie chez les Bakongo
*
Les messianismes africains
Communauté de Bregbo
Mouvement de le Croix Koma
Culte Deima
Dona Beatrice
Le Harrisme
Kimbanguisme
Le Matsouanisme
Alice Lakwena
Joseph Kony
*
La religion en Grèce
Spécificité grecque
Rites Eleusiaques
Culte à Dionysos
Zagreus
Isodaïtes
Sabazios
Cultes confidentiels en Grèce
Cotys
Adonis
Cybèle,Attis
Les Cabires
Orphisme
Pythagorisme
*
La religion à Rome
Le culte officiel à Rome
Les cultes domestiques à Rome
La Divination à Rome
Le culte de Bacchus
Pythagorisme romain
Culte d'Isis à Rome
Mithra, le soleil Invaincu
*
Hérésies et gnosticisme
Le Gnosticisme
Abeloïtes
Adamites
Aériens
Aétiens
Aloges
Angéliques
Antidicomarites
Apellites
Apolinaristes
Apostoliques
Aquatiques
Arabiques
Archonticiens
Ariens ou arianisme
Artotyrites
Ascites
Bardesanistes
Basilidiens
Caïnites
Carpocratiens
Cataphrygiens
Célicoles
Cerdoniens
Cérinthiens Mérinthiens
Cléobiens
Colluthiens
Colorbasiens
Donatistes
Ebionites
Elcésaïtes
Encratites:ou tatianites
Floriniens
Helvidiens
Hiéracites
Héracléonites
Jovinianistes
Macédoniens
Marcionites
Marcites
Marcosiens
Malchisédéciens
Méléciens
Ménandriens
Manichéens
Messaliens
Métangismonites
Naasseniens
Nazaréens
Nestoriens
Nicolaïtes
Noëtiens
Novatiens
Ophites
Origénistes
Passalolynshites
Paterniens
Paulinianistes
Pélagiens
Pépuziens
Perates
Phibionites
Photiniens
Priscillianistes
Ptolémaïtes
Sabelliens
Saturniens
Sécundiens:
Séleuciens:ou Hermiens
Séthiens
Sévériens
Simoniens
Tatianites
Tessarescédécatites
Théodotiens
Vadiens
Valentiniens
*
Dossiers annexes
Utopies et Dystopies
Sacrifice et religion
Chronologie
Iréné de Lyon
Royaume de prêtre Jean
Oedipe
*
Articles annexes
Asiento
Ayahuasca
Bandeirante
Encomienda
Eldorado
Enchantés (royaume des)
Fitzcarraldo
Jurema
Mission
Palenque
Palmarès
Quilombo
Sébastianisme
Seringuero
Tordesillas
Dernière révision
février 2010
La religion offcielle
Dans la Grèce antique, religion et état sont intimement liés. Chaque personne privée peut accomplir des prières, des offrandes et des sacrifices à condition de respecter le rituel. Il n’existe pas de clergé hiérarchisé, et les prêtres sont des fonctionnaires ou des magistrats auxquels sont déléguées des charges telles que la police des sanctuaires, l’entretien des temples, l’organisation des fêtes. Ces fonctions sont accessibles à toute personne exempte d’handicap. Des critères locaux peuvent réduire l’accès à ces charges selon l’âge, le sexe, ou aptitudes physiques en relation de la divinité vénérée.
Le prêtre n’est pas obligé d’avoir la vocation ni de suivre un mode de vie particulier. La prêtrise est un service rendu à un dieu, et les revenus du prêtre dépendent de la notoriété du dieu. A l’origine les honoraires sont remis en nature, mais peu à peu des dons en argent vont être déposés dans le tronc (thèsauros) installé dans le sanctuaire. Toutefois le prêtre ne touchera qu’une partie des sommes versées. La fonction profite en outre d’une notoriété qui accorde à son titulaire de nombreux signes de reconnaissance, place d’honneur au théâtre, octroi d’une couronne, érection d’une statue en signe en remerciement. Nous le remarquons, l’ensemble des manifestations cultuelles est pratiqué par des laïcs, faisant de la religion officielle un service public subventionné par l’état.
Intimement liés aux cultes, les sacrifices représentent un aspect important des rituels.
Au sens propre le mot sacrifice indique « l’accomplissement des choses sacrées ». Dans l’acception parfaite le sacrifice est la mise à mort rituelle
d’un animal en l’honneur d’un dieu. Toutefois ce sacrifice étant l’offrande à un dieu, le terme offrande a été utilisé en synonyme de sacrifice. En fait
la notion de sacrifice ne doit pas être limitée à la mise à mort d’un animal, mais à toute offrande animale ou végétale par nature périssable. Un bouquet
de fleur étant à terme évacué du sanctuaire, sera considéré comme un sacrifice. La distinction va s’opérer par ajout du mot « sanglant » ou « non sanglant
» selon qu’il s’agira d’une mise à mort animale ou non. L’offrande elle ne pourra concerner que des objets non périssables (ex-voto)
En Grèce le
sacrifice sanglant prestigieux est celui du bovin. La mise à mort suit un rituel précis qui s’achève avec l’écorchement et le dépeçage de l’animal. Les
os des cuisses recouverts de graisse sont conservés pour les dieux et consumées sur l’autel pour que la fumée atteigne les cieux. La peau parfois, la
queue, la langue, l’épaule constituent les honoraires du sacrificateur. Les viscères sont observés afin de pratiquer les divinations requises, puis ils
sont rôtis et les participants en consomment des petits morceaux.
Dans les cas où les sacrifices sont réservés à un héros ou un mort, le sang de
l’animal se déversera dans une fosse (bothros) ou sur le sol, mais en aucun cas sur l’autel. De plus l’animal sera entièrement consumé sans que ses
restes soient partagés.
Avec le sacrifice un autre domaine imprime sa marque dans la société religieuse grecque, c’est l’art divinatoire.Comme nous
le verrons pour Rome, la divination en Grèce n’est pas un médium destiné à connaître l’avenir, mais une méthode permettant d’entretenir une relation pragmatique
avec les dieux afin de savoir si les actes réalisés, ou prévus, les agréaient. Il s’agit avant tout d’établir un moyen de communication qui puisse permettre
d’interpréter la volonté des dieux.
Il existe deux types de divination. Le premier consiste à interpréter les signes envoyés par les dieux, ausculter
les entrailles pour voir s’ils acceptent le sacrifice, observer le vol des oiseaux, les orages, les rêves… Le deuxième type se base sur l’inspiration
divine attachée généralement à un lieu particulier comme une source à Claros (Apollon), un chêne à Dodone (Zeus), une grotte aux émanations gazeuses à
Delphes (Apollon). Alors que les signes peuvent être interprétés par des devins privés ou mandaté par la cité, les divinations attachées à un sanctuaire
sont pratiquées par des « spécialistes » aptes à interpréter les messages, des prophètes ou prophétesses.
En dehors de cette religion officielle pouvaient se développer des cultes privés que l’état pouvait ignorer, tolérer, admettre sous conditions ou interdire, mais en aucun cas subventionner. Un dieu pouvait être admis au culte officiel, et faire par ailleurs l’objet de cultes sectaires par définition non reconnus. C’est le cas de Dionysos qui admis par la cité verra le contenu de ses rites officiels rognés jusqu’à être réduit au rang de dieu de la beuverie et de la galéjade. Ce sera alors dans les sectes dionysiaques que l’on pourra retrouver dans sa version originale, la nature du dieu.
Là encore, en proposant des exotismes à l’onirisme plus exaltant, ou simplement des rites libérateurs de pulsions contenues, les sectes vont faire leur marché, et chercher cette consécration suprême qui par naturalisation de leur dieu leur donnera droit de « cité » et en feront des religions.
Liste des cultes et sectes
Eleusis où le mythe Déméter/Perséphone
Ceci est mon corps
Le mythe d’Eleusis tire ses sources de l’hymne de Déméter attribué un temps, et semble-t-il à tort, à Homère. Ce texte relate le rapt par Hadès de Coré la fille de Déméter. Déméter dans la mythologie grecque est la déesse de la terre, la divinité de la fertilité. Elle est fille de Cronos et de Rhéa, et donc sœur de Zeus avec lequel elle eut une fille, Coré.Elle est sans doute aussi l’incarnation grecque de la déesse phrygienne Cybèle, et probablement de l’Isis Egyptienne. A Rome elle deviendra Cérès, la déesse du blé qui donnera son nom aux céréales.
Hadès, dieu des enfers, frère de Zeus et donc de Déméter, voulait faire de Coré sa femme. Rien d’anormal dans une culture où le mariage entre oncle et nièce permettait de conserver le patrimoine familial. Zeus sachant que Déméter refuserait, laissa entendre à son frère Hadès, que s’il ne pouvait donner son assentiment, en revanche il n’interviendrait pas autrement dans l’affaire.
Alors que Coré cueillait des fleurs en compagnie de jeunes amies, la terre s’ouvrit et Hadès, dieu des enfers, enleva la jeune fille en l’emporta vers
le royaume des ombres. Déméter alertée par la disparition de sa fille se mit à sa recherche faisant intervenir Hécate (la lune) et Hélios
(le soleil).
Pour se venger de cet enlèvement Déméter se retira de l’olympe et se mit à errer à travers le monde, devant subir çà et là les assauts
de Poséidon, la traque de Pan, ou les tentatives de persuasion des Moires. Dans une autre version Déméter déguisée en vieille femme est prise en pitié
par une fille du roi Céléos (près d’Eleusis). Accueillie chez ce dernier, elle finit par se charger de l’éducation de son dernier né, Démophon, qu’elle
tentera de rendre immortel. Découverte avant d’avoir atteint son but elle dû révéler son identité et exigea que lui soit élevé un temple à Eleusis afin
que soit accompli les nouveaux rites.
Déméter se refugia ainsi dans son temple refusant la compagnie des dieux et laissant la terre devenir stérile. Zeus comprit qu’il fallait intervenir faute de voir les hommes disparaître. Il accorda que Coré soit rendue à condition qu’elle n’ait pas mangé durant son séjour aux enfers. En effet quiconque mangerait dans ces lieux serait à jamais prisonnier d’Hadès.Forcé par son frère de relâcher Coré, Hadès offrit à cette dernière une grenade la faisant ainsi tomber dans le piège. Coré dû admettre avoir mangé en enfer, mais un compromis fut accepté par chacun. Coré devenue Perséphone devait passer un temps sous terre et un temps sur terre.
Il est intéressant de voir apparaître la grenade comme fruit défendu. En effet dans certains récits le fruit mangé par Eve n’aurait pas été une pomme mais une grenade. D’ailleurs, et sans en tirer de conclusion, nous remarquons qu’en anglais le mot grenade se traduit par « pomegranate » et en allemand par « granatapfel » (apfel=pomme)
Le nom de Coré veux dire « la jeune fille » mais celui de Perséphone veut dire « le meurtre de Persea » et c’est
pourquoi ayant mangé du fruit Coré devint Perséphone. Le persea est un fruit qui a disparu des régions sud méditerranéennes, mais une espèce subsiste à
ce nom, et l’avocat en est un des fruits les plus connus. Pur hasard ? Mais chez les indiens ce nom signifie testicule.
La symbolique agraire
est évidente dans ce mythe. Coré est la graine donnée aux forces chtoniennes pour qu’après s’être transformée dans le monde d’Hadès elle revienne à la
vie pour une nouvelle génération.Au-delà, le voyage de Coré en enfer est celui de l’âme dans le monde souterrain, et en quelque sorte fait de ce
culte une sotériologie, c'est-à-dire une religion du salut. Mais le mythe n’est pas rendu à Coré mais à Déméter. Alors comment ne pas détecter dans ces
deux religions à mystère que sont les cultes Eleusinien et Dionysien les symboles du pain et du vin, le corps et le sang du Christ, repris dans la
célébration de la messe chrétienne.
Comme souvent, les symboles offrent un foisonnement de possibilités qui, s’il satisfait l’intellect
n’apporte pas de signification absolue. Aussi faut-il se résoudre à trouver dans ces symboles une simple piste de réflexion ou de recherche, mais
certainement pas une révélation qui elle demeure une récompense qui n’est peut-être pas destinée à notre raison.
Ainsi la piste « grenade » conforte
le message agraire/génération du mythe en lui ajoutant une notion nettement sexuelle. En effet le fruit lui-même est parfois assimilé à la vulve.
La couleur rouge intense nous fait penser au sang dont est fait Adam (terre rouge), et le mythe tout entier semble être celui de la génération qui ne
peut se perpétuer qu’en passant par les enfers, qui en l’occurrence n’est pas le domaine des damnés mais celui des morts, le passage obligé qui exige
que la graine meure pour renaitre.
Les hiérophantes, ou prêtres d’Éleusis, portaient des couronnes de grenadier sur leur tête lors des rituels,
mais il leur était interdit de manger de ce fruit qui avait la réputation de faire descendre les âmes dans les corps.Les rites d’initiations se
déroulaient en plusieurs étapes. Dans un premier temps le myste était initié aux petits mystères. Un an plus tard il pouvait se faire initier aux grands
mystères dans une cérémonie se tenant au Telestérion d’Eleusis et qui durait neuf ou dix jours selon les sources.L’initiation aux grands mystères
était garante de vie éternelle et conférait le salut. Le culte des mystères s’est éteint à la suite à la mise à sac du sanctuaire par les wisigoths en
395.
Certains auteurs modernes ont vu dans le mythe de Coré le symbole de la descente dans le subconscient en vue d’y libérer le désir refoulé.
Cette tendance freudienne entre autre de chercher dans les symboles mythologiques des supports à des théories modernes ne sont pour nous qu’une forme
recyclée de l’interprétation mythologique. La mythologie est comme l’astrologie une mise en scène des forces qui construisent l’homme et l’univers.
Elles agissent dans le monde psychique qui est celui des intentions et se réalisent selon les mêmes dynamiques dans le monde physique.Une même force va
produire dans le monde minéral un nouvel élément, dans l’animal une nouvelle espèce et dans le psychique une problématique, une idée, un concept, une
solution.
C’est à notre sens tout le mystère de la mythologie, et il n’est pas sûr que l’intellect à lui seul suffise à notre compréhension. Nous
pouvons donc nous poser la question de savoir si cette religion à mystère qu’était le culte Eleusinien, se satisfaisait d’une sorte d’initiation
du type maçonnique où tout n’est que symbole, ou alors conférait-elle par la pratique de certains rituels ou l’utilisation de certains
psychotropes un véritable voyage initiatique du type chamanique. Rien n’a pu transparaitre et nous ne pouvons que faire des conjectures.
Dionysos
Ceci est mon sang
Dionysos le délirant, le bruyant, le frémissant est un dieu tardif qui n’apparaît que dans les textes récents. Les légendes attachées à sa personne
sont diverses et contradictoires. Il serait originaire de Phrygie de Lydie ou de Piérie. Pour Hérodote, Dionysos est une divinité récente du panthéon
hellénique et il lui voit des ressemblances avec l’Osiris Egyptien. Comme ce dernier Dionysos subit une passion et une résurrection.
Quoiqu’il en soit
Dionysos pourrait-on dire à pris un créneau disponible, le mythe du sang, l’indispensable pendant du mythe de Déméter qui symbolise le corps. Avec
Déméter la symbolique agraire est celle de la maitrise du processus de reproduction que cette déesse va enseigner aux hommes, l’agriculture. Chez
Dionysos ce n’est pas tant la maitrise qui est en cause, mais l’énergie vitale qui va dans un lent parcours de transformation passer de la graine à de la
plante, puis au fruit pour aboutir au vin.
Le symbolisme de Déméter est celui du refoulement. Refoulement de la graine enfouie dans le sol,
refoulement des saisons pour la maturation des cycles, refoulement de Coré maintenue dans les enfers. Avec Dionysos nous sommes dans une dynamique
opposée, celle du défoulement, et en cela la nature même du vin avec son alcaloïde qui abat les tabous, participe au mouvement.
Dionysos n’est pas
n’importe qui, mais même né de la cuisse de Jupiter(Zeus) il ne peut échapper à la jalousie d’Héra qui le retrouvant à l’âge adulte, le frappe de folie.
Après diverses péripéties et un voyage en Inde, Dionysos revient en Béotie et fonde son culte à Thèbes, mais ses tantes s’opposent à lui. Après de
nombreuses difficultés ce dieu finit par imposer son culte et gagne l’Olympe sans oublier avant de libérer sa mère Sémélé, détenue en enfer.
Le culte
dionysiaque est assuré par des prêtresses appelées « dusmainai ». Les célébrations se déroulent tout au long de l’année. En décembre, les Dionysies
agraires, en janvier-février, les Lénéennes, en février-mars les Anthestéries, et en mars-avril, les Grandes Dionysies.
Les Dionysies agraires se
situent à l’époque où le soleil est au plus bas, c'est-à-dire au moment où la crainte de le voir disparaître est la plus forte. Un bouc est offert au
dieu et un phallus était promené lors de la procession. Les Lénéennes durent trois jours. Une foule joyeuse et masquée se rend au sanctuaire où un banquet
est donné.
Les Anthestéries ou « fête des fleurs) durent trois jours et honorent les morts. Le premier jour est celui de « l’ouverture des jarres »
qui correspond en gros à la mise en bouteille du vin nouveau. Au deuxième jour ou « jour des cruches » est organisé un concours de buveurs présidé par
l’archonte-roi, et en fin de journée l’archonte-roi et sa femme, la reine, s’unissent pour symboliser la fécondité animale et végétale.
Le troisième jour les athéniens honorent leurs morts en les conviant à des libations puis ils leur demandent de retourner dans leur royaume, autrement
dit chez Hadès.
En dernier venaient les fêtes des Grandes Dionysies qui duraient six jours .Le premier jour, dirigée par l’archonte-éponyme
(magistrat qui donne son nom à l’année) avait lieu la procession du « xoanon » (statue en bois de la divinité) de Dionysos d’Éleuthère (localité de Béotie)
.Le dieu était suivi par mille éphèbes armés, puis par les chorèges (citoyens qui payaient l’organisation des manifestations et concours) puis des
choreutes (danseurs d’un chœur de tragédie), et pour finir venait une file de taureaux sacrifiés ultérieurement.
Le deuxième et troisième jour se
tenaient les concours de dithyrambes, et les trois derniers jours les concours de pièces de théâtre. Au soir du troisième jour avait lieu une procession
(cômos) où l’essentiel reposait sur la
phallophorie. On chantait des obscénités, on s’insultait, on se badigeonnait de lie de vin.
Les chanteurs de
dithyrambe étaient déguisés en satyres et leurs drames mettaient en scène des satyres et des silènes. Le culte dionysiaque est celui du désordre, du
lâcher prise que symbolise ou plus exactement représente le végétal qui en est le catalyseur, le vin .Plus généralement il nous fait penser au carnaval
qui marque de façon générale la victoire de la vie sur la mort avec le retour de la végétation.
Avec ses attributs du bouc et du taureau, Dionysos
impulse la force créatrice de l’équinoxe de printemps, les forces déchaînées qui vont peu à peu se canaliser, s’ordonnancer, pour aboutir avec Déméter,
à la récolte, à l’épi, à Coré cette graine vierge, qui à nouveau rejetée dans les enfers, corrompue et violée, renaîtra au printemps suivant.
Dionysos est le dieu du temps devant soi, de l’exubérance d’une jeunesse pleine de projets, Déméter est la déesse des récoltes, des passions assagies, des bilans, et des nécessaires équilibres qui obligent contrairement à Dionysos à peser le pour et le contre.
Mais laissons la symbolique pour revenir à la réalité. Le culte dionysiaque comme n’importe quel autre culte ne peut exister que s’il est adopté par
les citoyens. En devenant religion d’état, le mythe dionysiaque s’est édulcoré en perdant des aspérités d’origine qui l’auraient autrement
disqualifié.
Orgies délirantes, omophagie,(consommation de viande crue obtenue à partir de victimes dépecées vivantes) et même anthropophagie font
partie de la litanie des reproches adressés aux pratiques des adeptes. Dionysos lui-même se faisait appelé « Omadios » (qui aime la chair crue).
Nous voyons que si les rituels dionysiaques se sont faits une virginité en devenant culte d’état, ils contenaient en eux les germes déviants dont sont
friands les sectateurs de toutes natures.Ainsi à côté de ces mystères bons teints, vont se développer des adaptations qu’en d’autres temps on appellerait
hérésies.
Dans la Grèce antique les phratries étaient des associations de citoyens liés par la communauté des sacrifices et de repas religieux,
formant une unité politique. Chaque membre de ces associations s’appelait « orgéon » (terme formé « d’orgie » qui désigne les cérémonies religieuses,
principalement à mystère)
Plus tard le terme phratrie s’appliquera aux habitants d’un village qui se regrouperont pour pratiquer le culte d’un dieu.
Le terme « thiase » que l’on retrouve souvent associé à Dionysos semble aussi être utilisé pour mentionner les habitants d’un même
« dème ». Les thiasotes sont des citoyens alors que les orgéons
peuvent être des étrangers.Vient enfin « l’érane »qui est tout simplement celui qui participe à
un repas en payant sa quote-part, un cotisant .
Toute cette organisation dont nous venons de voir la structure, génère en fait des associations
qu’on pourrait presque appeler « loi 1901 ». Autrement dit le cadre légal définit le rapport des associations à l’état, mais les cultes qui sont rendus
restent du domaine privé. Ainsi ces cultes sont le plus souvent dédiés à des divinités étrangères ou mineures qui n’ont pas atteint le statut de
divinité d’état et nous comprenons bien que ce processus est la voie royale à toute dérive sectaire ou simplement la couverture de pratique
douteuses.
Mais la voie n’est pas totalement royale, il existe une disposition qui permet à tout citoyen de se porter accusateur envers un
individu ou un groupe s’il soupçonne ces derniers de vouloir introduire des dieux étrangers ou se réunir sans l’autorisation du peuple. C’est cet
argument qui est la base de l’acte d’accusation envers Socrate, et qui, même si des contingences politiques sont en cause, lui vaudra la peine de
mort.
L’objet de l’association étant donc une affaire privée, et peut concerner n’importe quel objet. Entraide commerciale, ligue de taste-vin,
club politique ou toute autre prétexte à rester entre soi. Les critères de sélection, la discipline interne, l’organisation administrative des assemblées
s’apparentent davantage à la loge maçonnique transformée en auberge espagnole.C’est dans ce contexte que l’objet « Dionysos » arrangé à la manière de
chacun en dehors du Dionysos agréé par l’état, se perpétuait le culte d’un dieu tendant vers l’universalité et annonciateur d’un possible salut
de l’âme.
Les divinités apparantées à Dionysos
Zagreus, Isodaitès, Sabazios
Zagreus
Zagreus fils de Zeus et Perséphone fut caché chez les curètes pour être soustrait à la jalousie d’Héra. Mais celle-ci le retrouva et le fit
déchiqueter par les Titans, qui le dévorèrent après l’avoir fait cuire dans une marmite. Pour punir ces derniers Zeus les précipita dans le tartare et
les hommes nés de leurs cendres doivent expier la faute
. Nous avons là dans un mythe ancien l’origine de l’omophagie pratiqué dans les rituels
dionysiaques.Dans le rite rendu à Zagreus les officiants lui présentent des jouets rappelant ainsi la ruse utilisée par les Titans lorsqu’ils ont voulu
s’emparer de leur victime. Quoiqu’il en soit Zagreus semble être une ancienne divinité égéenne dont l’emblème, le serpent, se retrouve dans le mythe
dionysiaque avec les Bacchantes dont les serpents s’enroulent dans leurs cheveux.
Isodaitès
Autre divinité ou qualificatif de Dionysos , Isodaitès est un dieu introduit à Athènes auprès d’une thiase particulière, par une courtisane Phryné de Thespie, ce qui lui valut un procès pour avoir introduit un dieu étranger auquel se faisait initier des femmes de petite vertu. Durant ses fêtes étaient célébrées la mort et la résurrection du dieu. Appelé parfois Pluton ou fils de Pluton ou encore assimilé au soleil il ressemble aux dieux d’Asie mineure comme Attis et Adonis qui mouraient et ressuscitaient périodiquement. Phryné échappa à la mort, et le culte semble encore présent à l’époque romaine.
Sabazios.
Après le blé de Déméter, le vin de Dionysos nous voyons apparaître une divinité qui se revendique dieu de la bière, il s’agit de Sabazios. On lui doit la domestication des bœufs et l’invention de l’attelage. Représenté lui aussi cornu, il prend parfois l’apparence d’un serpent. Comme pour Isodaités les cultes sont parfois rendu la nuit et en secret « par pudeur pour voiler le commerce entre les eux sexes. »Zagreus, Isodaités, Sabazios, avec leur rituels de mort et de résurection par lesquels se joue la purification des âmes par une traversée des mondes inférieurs, préparent le terrain à un christianisme qui aura de fait moins de mal chasser un paganisme qui contient déjà une religion de salut.
Les cultes confidentiels
Cotys, Adonis, Cybèle/Attis, Bendis, les Cabires
Cotys.
Cotys déesse lunaire était vénérée par les Edoniens, habitants de Thrace. Les baptes (immergeurs) auraient été les prêtres ou sectateurs de Cotys dont un des rites consistait à la purification par l’eau.Proche des cultes de Sabazios et de Cybèle, les adeptes jurent par l’amandier et utilisent des petits tambours dans leurs cérémonies (tymphanon). Les danses pratiquées à ces occasions sont nettement obscènes
Adonis.
Originaire de Phénicie, Adonis , le Tammuz phénicien est très en vogue dans l’Athènes du Vème siècle. Recueilli à sa naissance par
Aphrodite et Perséphone, il est mortellement blessé par un sanglier, mais encore une fois sur l’insistance d’Aphrodite, ramené à la vie par Zeus.Le culte
d’Adonis est dont lié à celui d’Aphrodite, l’Astarté phénicienne et l’Ishtar babylonienne. Les Adonies, (nom des fêtes en l’honneur du dieu) sont en
liaison avec le cycle de la végétation, et la fragilité de la vie dont Adonis est un exemple. Aux rites funéraires succédaient de véritables orgies dont
on ne peut affirmer qu’elles répondaient à une véritable initiation ou si tout simplement elle ne justifiait pas un relâchement des mœurs. Aphrodite
était à Corinthe la patronne de la prostitution sacrée.
Quoiqu’il en soit le culte d’adonis en Grèce n’était pas reconnu, et donc, « subventionné par
l’état. Il n’en allait pas de même à Alexandrie où les cérémonies sont organisées par la reine elle-même (IIIème siècle avant J.C.)
Cybèle,Attis.
Déesse originaire de Phrygie, la Grande Mère des dieux est associée à Attis, un jeune homme dont elle était éprise et qu’elle rendit fou en raison de
son indifférence. Ayant donc perdu la raison il s’émascula et mourut. De son sang naquirent des fleurs et sur sa tombe poussa un amandier.
Attis
est le mythe central des rites célébrés par ses prêtres appelés Corybantes ou Galles, qui à l’imitation de leur héros se lacéraient les chairs allant
parfois jusqu’à l’émasculation.Souvent assimilée à Déméter, le culte de Cybèle fut officialisé au Vème siècle. Pourtant le caractère orgiaque des rituels,
le présence des corybantes n’ont pas permis que les cultes échappent aux seules réunions secrètes passibles de poursuites pour non-conformité et ceci en
dépit du fait que ce culte avait été déclaré officiel dès le Vème siècle.
Bendis.
Assimilée à Artémis, Hécate, et Perséphone, Bendis est une déesse lunaire de la végétation d’origine thrace. Bendis a été acceptée comme religion d’état (tout comme Cybèle) à la suite d’un oracle qui demandait réparation pour des actes de barbaries que les Pélasges avaient accomplis à l’adresse des athéniennes.Le culte à Bendis introduit au calendrier officiel athénien continua néanmoins a être pratiqué à titre privé et de façon sans doute plus débridée.
Les Cabires .
Démons chez les uns, dieux du feu chez d’autres ils sont généralement trois dieux et une déesse, leur nom restant réservé aux seuls initiés. Apparentés à d’autres dieux ils sont parfois représentés comme étant boiteux comme leur père supposé, Héphaïstos.Religion à mystère il existe comme pour Eleusis aucun témoignage des rituels. L’initiation semblait avoir lieu à Samothrace. La prononciation de leur nom pouvait écarter le danger, et les initiales de leurs noms semblent avoir été notées sur des amulettes. L’assimilation du mythe des cabires à celui des corybantes porte sur ceux-ci (les cabires) l’accusation de s’être entretués , pour ne laisser qu’un seul survivant.
L'Orphisme
Orphée est un Argonaute, en charge de charmer les sirènes. Fils Calliope, muse de la poésie épique son père serait Oiagros, un prince de thrace, ou
même Apollon en personne. Mage, médecin, devin, astrologue, Orphée est l’objet d’un culte à mystère où l’initiation se fait par l’apprentissage de poèmes
qui lui seraient attribués.
Dans diverses sources ce dieu est assassiné ou dépecé par les femmes qui lui reprochent d’entrainer leurs maris dans des
beuveries. C’est aussi pour avoir perdu sa femme à deux reprises et peut être aussi pour le sort que celles-ci lui ont fait, qu’Orphée aurait refusé
l’initiation des femmes à ses mystères. Comme pour Dionysos le mythe d’Orphée nous parle d’une descente aux enfers où tous deux cherchent la femme.
L’orphisme lui-même doit être abordé en fonction des époques.
L’orphisme archaïque semble avoir était actif dès le VIème siècle à Athènes. Mais là
où les cultes dionysiaques et éleusiniens sont exempts de théologie et de doctrines spirituelles l’Orphisme apporte sans nouveauté.Zeus voulait faire
de Dionysos l’héritier de son royaume, mais les Titans s’emparèrent de l’enfant et le dépecèrent. Athéna apporta à Zeus le cœur de son fils et de là
naquit le nouveau Dionysos. En punition les Titans furent réduits en cendre et de ces cendres naquirent les hommes.
Ainsi l’homme avait hérité de la
nature et de l’œuvre des Titans et devait en expier la faute. Cette théogonie introduisait la notion de purification par l’abstinence et l’ascétisme,
qui par la purification de l’âme apportait la rédemption. Mieux encore l’orphisme prône l’abstinence de toute nourriture animale et en conséquence refuse
la mise à mort des animaux, même pour des sacrifices.Cette attitude est en complète opposition avec les cultes officiels où la vie sociale exige
l’assistance aux sacrifices publics et au partage de la victime sacrifiée.
L’orphisme classique
L’orphisme au VIème siècle apportait théologie et dogme et une doctrine reposant sur le salut. Il aurait pu devenir une religion de la taille du
christianisme, mais mal représenté par des prêtres qui prétendaient connaître les recettes pour obtenir le salut et bien sûr entendaient en faire commerce.
Ces prêtres appelés orphéotélestes préfigurent la simonie qui dans l’église catholique amènera entre autre la réaction protestante.Quoiqu’il en soit à
l’époque classique l’orphisme se trouve profondément dénaturé et perd en mystique ce qu’il gagne en grotesque pour devenir enfin une secte « méprisée
dans les couches populaires »
Au IIIème siècle avant J.-C. l’Orphisme est fortement influencé par le pythagorisme. On retrouve des lamelles déposées dans des urnes funéraires et qui semble comporter des formules destinées à guider les âmes dans leur voyage céleste.Cette doctrine du salut obtenu par l’initiation et un mode de vie adapté à la morale sont des éléments du christianisme qui sont absent de la pratique officielle du culte d’Orphée. C’est dans les sociétés non-conformes, les sectes, que se retrouvent le caractère mystique et universel de l’orphisme. Pourtant bien que tous les éléments pouvant constituer une grande religion soient présents, l’orphisme ne parvient pas à s’imposer, et il nous semble que les raisons soient les mêmes que celles que nous allons constater dans ce culte si proche de l’orphisme, le pythagorisme
Le Pythagorisme
C’est ici la face « religion » de Pythagore qui nous intéresse. Encore faut-il admettre que là comme dans les autres cultes il n’existait pas beaucoup de témoignages sur la nature des mystères et les rituels initiatiques. Pythagore fonde plus une communauté fraternelle qu’une véritable religion, ce qui n’empêche pas que des contraintes particulièrement strictes entourent l’adhésion à cette communauté. L’impétrant devait d’abord subir une sorte de test au milieu d’un groupe, puis dans la solitude d’une cellule. S’il franchissait cette première marche il devenait novice sous le nom d’ « acoustique » ou auditeur. Ce noviciat pouvait durer de 3 à 5 ans, pendant lesquels le candidat devait garder le silence, apprendre et ne jamais s’adresser au maître.En suite seulement il était admis dans l’hétairie comme « ésotérique ».
Contrairement à l’orphisme, le pythagorisme faisait une place privilégiée aux
femmes, et même si en principe elles étaient exclues de la spéculation métaphysique, certaines ont publié des traités, en particulier l’épouse de
Pythagore, Théano.Le pythagorisme ne se contente pas de sacrifier a ses divinités mais introduit la notion de responsabilité humaine et de morale qui
échappe à ses prédécesseurs. L’homme n’est plus le jouet des dieux, mais devient l’instigateur de son propre destin. Examen de conscience, éducation des
enfants, conseils sur la vie conjugale sont autant de thèmes qu’il est rare de voir abordés par les cultes.
Comme pour l’orphisme il est recommandé
de s’abstenir de toute nourriture animale, et chose plus étrange de s’abstenir de manger des fèves. Si certains interdits se comprennent en raison soit
des mythes qui les ont motivés, ou pour des raisons d’hygiène de vie, il existe toute une kyrielle d’interdits répertoriés dans le « catéchisme
acousmatique » et qui vont de la défense d’accueillir des hirondelles sous son toit, de ne pas ramasser ce qui est tombé, de na pas marcher sur une
traverse de bois, jusqu’à ne pas regarder un miroir à côté d’une flamme.
Dans la cosmogonie pythagoricienne il existe un seul Dieu parfois appelé Zeus, mais qui reste inaccessible et inabordable. Viennent en suite les dieux habituels, Dionysos, Apollon, Déméter… Entre les dieux et les hommes nous trouvons les Démons, génies du bien ou du mal et enfin les héros. Chaque être vivant possède une étincelle divine, et l’âme passe de corps en corps au travers de ses réincarnations jusqu’à sa purification complète.(Métensomatose)
Le pythagorisme présentait toutes les caractéristiques qui
auraient pu en faire une grande religion. Par bien des côtés il nous fait penser au christianisme. Charisme de son maître, exigence en matière de morale,
monothéisme affiché, séduction des foules. Alors pourquoi ne sommes-nous pas aujourd’hui pythagoriciens plutôt que chrétiens.
Il est possible que les
chrétiens eux-mêmes se soient posé la question, et s’il l’on fait, alors cela leur aura permis de ne pas faire les mêmes erreurs.Par rapport au
christianisme, le pythagorisme avec une position bien plus enviable dans la société qui l’entourait, et comme souvent l’aisance ne promet pas toujours
des avenirs glorieux.
La première grande erreur de Pythagore est de ne pas avoir su bien mourir. Sa fin reste confidentielle, est-il mort dans un
incendie, ou est-il mort de sa belle mort, ici aucune croix, aucun larron, aucun méchant judas, rien pour construire un mythe. Mais là n’est pas seulement
ni principalement la cause. Le pythagorisme s’il avait des officiants, n’avait pas de clergé constitué. Contrairement aux apôtres qui ont fait des
évêques leurs successeurs, chez Pythagore il n’existe pas de cour, pas de disciple. Bien pire encore alors que le christianisme à diffusé et répandu des
rituels et doctrines exotériques gardant peut-être pour des seuls initiés la doctrine secrète, le Pythagorisme n’avait à offrir que des mystères
intransmissibles aux non initiés.
La où le christian isme se voulait catholique c'est-à-dire , le pythagorisme se vloulait confidentiel. Quoiqu’il
en soit, même si le système a échoué, il contenait en lui-même les racines d’un renouveau que d’autre temps, d’autres personnes et d’autres mythes
sauront exploiter
Mais au fond peut-être que tout simplement Pythagore n’avait pas rencontré son Constantin, c’est-à-dire ce catalyseur qui permet à
des éléments en présence les uns des autres à entrer en action.Et comme nous l’apprend le mythe éleusinien, il faut que vienne la saison pour que
naisse la graine.
