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5 - De Nicée à Constantinople
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Dernière révision
février 2010
De Nicée à Constantinople
Présentation.
Avec les hérésies Gnostiques, nous sommes parti des premiers temps de la chrétienté pour arriver aux premiers temps d’une église où les termes catholique et orthodoxe s’accordent et se complètent. Avec « De Nicée à Constantinople » Nous partons de ce quasi acte de naissance de l’église chrétienne que fut Nicée (325) pour nous rendre au sac de Constantinople (1204) qui sera l’aboutissement d’une longue querelle et fera définitivement d’orthodoxe et de catholique des mots ennemis.
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De Nicée....

En l’an 313, l’édit de Milan autorise la liberté de culte dans l’empire romain, mettant fin ainsi pour les chrétiens à trois siècles de persécutions et d’errance. Nous arrivons alors au terme d’une gestation durant laquelle la parole de Jésus, triturée, dévoyée, disséquée, approuvée ou contredite ou même corrompue, se devait de quitter l’ébauche pour accomplir son Chef-d’œuvre.
Pour cela il est temps que l’église manifeste son identité, trouve ses marques, définisse ses dogmes, et rejette dans le chaudron hérétique
tous ces faux prophètes exercés à la dispute, habiles dans l’art de persuader le peuple, et animés par l’intérêt du système et l’amour de la
célébrité.
L’affaire urge d’autant plus que les relaps, à la manière du cheval de Troie, menacent de faire pénétrer dans l’église les idées gnostiques qui ne
sont jamais loin des paganismes concurrents dont cette même église doit se débarrasser.
L’église doit donc se poser les bonnes questions, et surtout, leur apporter des réponses qui devront être nécessairement bonne du seul fait qu’elles existent. Le christianisme doit-il être un surgeon du judaïsme ou doit-il en être totalement émancipé ? Le Christ s’est-il incarné ou était-il une apparence astrale ? Le Père, le Fils, le Saint-Esprit étaient-ils de même substance ? L’empereur est-il le symbole sur terre de Dieu dans sa sphère céleste ?
Comme toujours l’occasion et le larron s’entendant comme larron en foire, le besoin d’affirmation de la doctrine chrétienne va opportunément s’accorder avec l’ambition politique du monarque. Ce dernier est d’abord réticent à se mêler des affaires chrétiennes. Il faudra la querelle de l’arianisme pour qu’il se décide à jouer les arbitres en convoquant un concile à Nicée en l’an 325.
Sans doute Constantin a-t-il perçu les risques pour son empire. Se décrétant évêque alors qu’il n’est même pas baptisé, il affirme la nature sacrée de la fonction impériale et va jusqu’à se déclarer représentant de Dieu sur terre. Introduisant la notion de césaropapisme il se fait chef de l’église, et assure par l’unité religieuse l’unité politique de son empire.
Nicée va être le premier concile œcuménique, c'est-à-dire qui réunit l’ensemble des évêques. Il ne faut pas l’oublier que l’église à cette époque est une sorte de confédération. Chaque évêque a autorité sur une région et ne réfère à aucun pouvoir centralisé autre que celui qu’un empereur pourra prétendre exercer. Ainsi par exemple si un évêque prononce une excommunication envers quelqu’un, un autre évêque n’est pas tenu de la prendre en compte, et peux même la déclarer nulle.
Les conclusions de ce concile vont jeter les bases de la chrétienté pour les siècles à venir, en même temps qu’elles vont contenir le germe du futur schisme qui verra les églises d’orient et d’occident suivre leur propre chemin. Nicée va marquer d’abord la défaite de l’arianisme. Non Jésus n’était pas un homme dans lequel s’est incarnée la parole du Père, mais il est de même substance (homoousios) et non de substance semblable(homoiousios, le fameux iota qui fait la différence.
Nicée va aussi indiquer une volonté de hiérarchiser l’église. Une primauté du patriarcat d’Alexandrie sur les églises d’Egypte et de Syrie est décrétée. Les excommunications prononcées par un seul évêque devront être respectées par tous. Enfin on voit se fixer la règle par laquelle on est ou non chrétien. Pour être chrétien il faut adhérer à la confession de foi, et qui n’adhère pas à la confession de foi n’est pas chrétien. Cette confession de foi née à Nicée, sera mixée aux apports du concile de Constantinople pour former le credo
Nous croyons en un seul Dieu…Qui procède du Père! Ce sera la décision du concile de Constantinople et la future pomme de discorde lorsque quelques siècles plus tard sera ajouté dans la traduction latine, qui procède du Père et du Fils « Patre filioque procedit ». Cette procession du Fils sera refusée par les orthodoxes et sera un des prétextes à une séparation entre église d’orient et d’occident dont la raison profonde était plus certainement une discordance de culture, de mentalité, et d’intérêt.
Nous voilà à l’aube du christianisme et déjà la parole de Jésus semble noyée dans le fatras de discours tarabiscotés, querelles d’experts, onctuosités oratoires, et les réponses qui sont apportées relèvent de la bonne manière de savoir trouver dans l’écriture une réplique adaptée. Fort heureusement Jésus ressuscité ne devra pas se retourner dans sa tombe, mais nous voyons bien revenir les marchands d’un temple qui fera de la parole d’expert, parole d’évangile.
Constantin meurt en 337 en recevant au dernier moment un baptême qu’il avait toujours repoussé. Il faudra attendre Théodose pour que le christianisme soit reconnu comme religion d’état et que le paganisme soit interdit.
Alexandrie y a gagné une zone d’influence, et Rome et Antioche conservent la leur sur des territoires qui sont moins bien définis, sans doute
l’Italie pour l’un et l’orient pour l’autre.
La notion d’un pape héritier unique de Saint Pierre ne semble pas encore pertinente. Le titre de pape est accordé au patriarche, sans plus de
signification que le titre de père que nous donnons aujourd’hui aux curés.
Il faudra attendre le concile de Calcédoine (481) pour que le titre de Pape soit officiellement accordé au métropolite de Constantinople.
Quant à l’évêque de Rome il faudra qu’il patiente jusqu’au XIe siècle pour que Grégoire VII soit investi officiellement de ce titre.
...A Constantinople

Petite pause, et nous voilà en l’an 726. A cette date l’empereur Léon III fait enlever les images du Christ de son palais, et cette décision entraîne la répression envers les artistes et la destruction de leurs œuvres. Réhabilitée par le deuxième concile de Nicée à condition qu’il ne soit pas fait commerce des œuvres( ?) l’idolâtrie sera à nouveau condamné par l’empereur Léon V.
Les affaires reprennent en 1054. D’un côté l’évêque de Rome veut uniformiser les rites dans le sud de l’Italie prise au byzantins par les normands.
De l’autre côté le patriarche de Constantinople, Michel Cérulaire veut également s’occuper de l’affaire, mais sous son autorité. En dehors du
problème d’autorité, Rome reproche aux orientaux d’utiliser le pain fermenté au levain au lieu du pain azyme. Dans la foulée sont repris les
récriminations au sujet du mariage des prêtres et par-dessus tout le désaccord sur la nature du Saint Esprit.
Pour les orientaux le Saint-Esprit procède directement de Dieu, et peut sauver n’importe quelle âme, même non chrétienne. Pour les occidentaux
en revanche le Saint-Esprit procède non seulement de Dieu, mais aussi du Christ. De ce fait seul les chrétiens peuvent être sauvés.
C’est toujours cet ajout du filioque officialisé à l’époque de Charlemagne qui fait problème.
Dans ce contexte le Pape Léon IX, envoi ses émissaires auprès de Michel Cérulaire. Comme chacun ne fait pas dans la dentelle, un des légats Humbert de Moyenmoûtier, remet la bulle d’excommunication de Michel Cérulaire sur l’autel de la cathédrale Sainte-Sophie. En représailles, le synode permanent byzantin prononce l’anathème envers les légats du pape.
L’affaire est sérieuse, et cette année 1054 est souvent considérée comme celle du grand schisme, mais pour en arriver là il faudra attendre le XIIIème siècle. D’un côté les états occidentaux se trouvent confrontés à de nouvelles rivalités et de nouveaux rapports de forces. De l’autre côté l’empire byzantin devient l’ombre de lui-même.
Dans cet environnement en mutation, église d’orient et d’occident jouent au « plus orthodoxe que moi tu meurs. » et à ce jeu l’église d’orient restée fidèle au symbole de Nicée-Constantinople est bien au sens strict du mot, la seule orthodoxe. Dans un monde ou la controverse et le débat semble nourrir son homme, l’affaire aurait pu s’éterniser si n’était survenu la quatrième croisade.
Au départ, en l’an 1202, Venise décide de lancer la quatrième croisade. Il s’agissait cette fois d’éviter un Constantinople peu enclin à soutenir la cause des croisés, et de lancer les croisades directement depuis les terres musulmanes, en l’occurrence L’Egypte. Au passage, la conquête de ce pays en portant un coup fatal aux musulmans, serait une affaire rentable.
La quatrième croisade ne parvint jamais à son but, mais aboutit après de nombreuses péripéties à la conquête de Constantinople. Devenus occupants, et tout chrétiens qu’ils fussent, les croisés furent mal acceptés par les byzantin. De leur côté les occidentaux apercevant çà et là des mosquées et des synagogues acceptaient mal le libéralisme oriental, et lorsque ces mêmes occidentaux verrons leur protecteur assassiné, ils n’auront plus aucun scrupule.
En l’an 1204, le sac de Constantinople marquera la rupture définitive entre l’église d’orient et d’occident. Les croisés et les vénitiens se partagèrent l’empire byzantin mais çà c’est une autre histoire.
Comme toujours chaque adversaire prétend être le seul orthodoxe. Pourtant c’est bien l’église catholique qui à retenu le filioque (procession du Saint-Esprit). C’est elle qui pratique le baptême par aspersion, qui à établit le principe du purgatoire, qui à dénié le droit au mariage pour les prêtres et bien d’autres nouveautés encore.
Pour autant doit-on considéré les dogmes issus de Nicée-Constantinople comme irréversibles? L’église ne peut elle admettre une évolution dans
sa compréhension? Ces questions trouveront deux réponses contradictoires. L’une avec l’avènement du protestantisme qui considérera que les
institutions ecclésiastiques sont des institutions humaines et qu’elles peuvent donc se tromper, et, l’autre réponse sera fournie par le premier
concile du Vatican en 1870, qui décrètera l’infaillibilité du Pape.
Nous sommes passés de concile de Nicée au sac de Constatinople il nous faut désormais nous acheminer vers Brandebourg ou un autre schisme et d'autres
prodiges de l'interprétation des écritures nous attendent.
Les Eglises orthodoxes
Si l’église catholique romaine est une, il n’en va pas de même de l’église orthodoxe. Celle-ci reste fidèle à l’esprit des apôtres dont les évêques étaient les seuls descendants. Ici pas de pape qui serait symboliquement un inacceptable successeur du Christ. L’instance suprême demeure collégiale sous la forme d’un concile œcuménique seul habilité à formuler le dogme. Vient en suite le synode des primats, et enfin les quatorze églises autocéphales dirigées par leur synodes et leur primat.
Certaines églises d’orient ont reconnu la primauté de l’évêque de Rome et ne sont donc pas orthodoxes. Ce sont les églises uniates, les maronites, les coptes, l’église chaldéenne, l’église Syriaque d’orient et celle d’occident, l’église byzantine, arméniene, et enfin les gueze ( église catholique éthiopienne)
Les autres églises orthodoxes d’orient ou non répondent à des critères variés
Appelée aussi église nestorienne les églises des deux conciles sont nées du refus des conclusions du concile d’Ephèse en 431, qui condamnaient l’hérésie de Nestorius (Nestorianisme). Celui-ci affirmait que deux personnes coexistaient dans Jésus-Christ, l’une humaine, l’autre divine. L’église nestorienne ne reconnaît donc que les conciles de Nicée (325) et Constantinople (380-381). Les églises des deux conciles sont liées à l’ancienne église de Perse (Eglise apostolique assyrienne d’Orient- Ancienne église de l’Orient-Eglise malabare orthodoxe.)
Nées du refus des conclusions du concile de Chalcédoine en 451 qui condamnait le monophysisme d’Eutychès et Dioscore prônant que le Fils, Jésus, n’a qu’une seule nature et qu’elle est divine, s’opposant ainsi à la doctrine chrétienne issue de Nicée qui reconnaissait la consubstantialité du Père et du Fils. Ces églises connues sous le nom de « communion orthodoxe orientale » sont constituées des églises (copte orthodoxe - érythréennes orthodoxe – éthiopienne orthodoxe – syriaque orthodoxe – syro-malankare, syriaque, et malankare orthodoxe – apostolique arménienne – orthodoxe britannique.) C es église reconnaissent le concile d’Ephèse (431) en plus de Nicée et Constantinople
Elles forment la branche majeure des églises orientales, et sont séparées de l’église catholique romaine depuis l’an 1054. Il existe 14 églises
canoniques autocéphales qui accordent une primauté d’honorifique au patriarcat de Constantinople. Les autres églises sont autonomes
ou indépendantes.
Les conciles reconnus sont:
Le concile dit de Trullo qui eut lieu en 691 n'est pas pris en compte. Ce n'était par un concile Œcuménique, il ne réunissait que les églises d'orient
