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Dernière révision
février 2010


Protestantisme et Réforme
Présentation.

Les symptomes d'une crise annoncée.

Très tôt l’église chrétienne semble privilégier l’étude spéculative des écritures pour en faire le socle de son dogme, et considère comme secondaire si ce n’est quantité négligeable le respect des règles morales et éthiques contenues dans le message christique.

Il est clair qu’en faisant d’une dialectique experte, pour ne pas dire hermétique, le gardien du dogme, l’église s’offrait à peu de risque une forteresse intemporelle imprenable, ce qui en lui épargnant de jouer la donneuse de leçon, lui évitait de prendre de front un pouvoir temporel que par ailleurs elle pourrait circonvenir et même conquérir.

Cette dérive corporatiste et même sectaire qui par une nouvelle trahison de Jésus offre une position dominante et incontournable au pouvoir séculier, va provoquer la réaction d’âmes sincères et simplement soucieuses de vivre leur foi selon un idéal que l’on pourrait appeler humaniste à défaut du terme de chrétien qui ne convient plus.

Ces courants dits réformateurs et qui pourtant dans bien des cas en prônant un retour aux sources, ne sont que conservateurs, vont par poussées de fièvre successives déclencher cette maladie grave pour l’église catholique, la réforme protestante.

C’est cette préhistoire de la réforme que nous allons donc aborder en visitant quelques mouvements caractéristiques.

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Les Vaudois.

Riche marchand de la région lyonnaise, Pierre Vaudès (ou Valdès ou Valdo, latinisation de Pierre de vaux) dénonce la décadence morale du haut clergé et aspire à une église de pauvreté et de charité qu’il estime plus en accord avec la parole divine.
Se ralliant à ce sentiment vont se regrouper autour de la personne du « vaudois » un groupe de partisan qui donnera naissance au mouvement des Pauvres de Lyon connues également sous le nom de Vaudois

Mettant en conformité ses paroles et ses actes, Pierre Vaudès va distribuer un tiers de ses richesses aux pauvres, un tiers à sa famille, et le dernier tiers sera consacré à faire traduire en langue vulgaire certains passages des écritures.

Mauvaise pioche, l’église voit toujours d’un mauvais œil tout ce qui en étant exposé à l’interprétation non dirigée pourrait échapper à sa censure. L’affaire devient d’autant plus sérieuse que se créent des liens avec les « pauvres lombards » et plus tard, même avec les Hussites dont les idées sont tout aussi « libérales »

L’excommunication de Pierre Vaudès (1182) sera le premier acte d’une entreprise d’élimination qui aboutira au milieu du XVIème siècle aux massacres du Luberon. Les derniers vaudois finiront par être absorbés par la réforme protestante qu’ils avaient préfigurée pour ne pas dire inspirée. Pour s’en convaincre il suffit de rapporter les principaux éléments de leur doctrine.

Les Vaudois rejetaient la hiérarchie religieuse, les sacrements conférés par des prêtres peu scrupuleux du respect de la morale. Ils n’adhéraient pas aux cultes des saints, refusaient la messe, la confession, niaient le purgatoire, réprouvaient les indulgences. Adeptes inconditionnels de la pauvreté ils ne voulaient pas du service militaire et s’opposaient à la peine de mort.
Leur seule hiérarchie était constituée des apôtres liés par le vœu absolu de pauvreté, et les amis ou simples disciples ou adhérents.

Quelques années après l’excommunication de Vaudès, François d’Assise à son tour reprendra le thème de la pauvreté en exemple. Il restera dans l’obéissance envers l’autorité papale qui en lui autorisant le nouvel ordre des Franciscains reprendra à son compte, et à bon compte le désir de modestie et de pauvreté dans devenu très tendance.

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Gérard Grote.

Fils d’une famille aisée de Deventer aux Pays-Bas Gérard Grote décide vers l’âge de 30 ans de se définir des objectifs. Faisant du salut de son âme sa priorité, il cède une grande partie de ses biens, choisit de vivre dans un monastère où il approfondira par une lecture intense sa connaissance religieuse.
Considérant que ses actes doivent répondre à une exigence du cœur il finit par devenir le modèle d’une communauté qui prendra le nom de maison des frères et maison des sœurs de la vie commune . Resté fidèle à l’église bien qu’il fut interdit de prêche, Gérard Grote mourut en 1384.

Pour Grote, paix intérieure, silence et profondeur des sentiments sont les conditions de la dévotion moderne. Ses idées se répandent aux Pays-Bas et en Allemagne et un siècle après sa mort 97 monastères appartiennent à la fondation de Windesheim créée par ses élèves.
Dans ces monastères il n’est pas question de débats théoriques mais seulement de pratique religieuse et de « l’imitation de Jésus ».

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John Wycliffe .

Né à Oxford en 1325, John Wycliffe fait d’un retour à l’écriture sainte la seule référence valable préfaçant ainsi les futurs réformateurs qui feront de la Bible le miroir des vérités éternelles. S’il en est ainsi c’est avant tout que la vérité de la Bible est garantie par Jésus-Christ qui s’est conformé à sa loi et à ses enseignements.

Pour Wycliffe l’église ne correspond pas à l’idéal de pauvreté et d’humilité dont Jésus était porteur. Il faut donc appauvrir le clergé et supprimer tout ce qui n’est pas mentionné dans la Bible, le célibat des prêtres, la pratique des indulgences, l’extrême onction , le culte des saints.
Pire encore il ne faut pas obéir à un pape qui ne serait pas exemplaire, et il considère enfin que l’état est l’autorité instaurée par Dieu, et que de ce fait on lui doit obéissance.

Pour finir il conteste l’eucharistie et affirme que le pain et le vin restent ce qu’ils sont même s’ils sont symboliquement le corps et le sang du Christ. Cependant pour que l’eucharistie ait un quelconque pouvoir faut-il encore que l’officiant et le récipient soient en accord avec les fondamentaux chrétiens.
De plus en plus critique envers l’église, ne voyant de salut que dans une communauté de croyants suivant l’exemple de Jésus en dehors de tout système, il meurt en 1384 victime d’une attaque d’apoplexie. Déclaré hérétique par le concile de Constance en 1415, l’église dans sa grande bonté fera à titre de symbole, bruler ses os sur le bucher.

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Jean Huss
Les Hussites, les utraquistes, les taborites, les adamites,les Frères Moraves
.

Né en 1371 en Bohème Jean Hus est ordonné prêtre en 1400. C’est comme prédicateur qu’il va se faire connaître en critiquant l’absence de morale des fidèles et les vices du clergé. Condamnant à la fois l’usure, la simonie, il incite les fidèles à reprendre le chemin de la pureté. Dans une époque où il existe jusqu’à trois papes (Rome/Avignon) il rejoint les idées de l’église primitive qui voyant en Jésus son seul chef possible, n’avait pas cru bon de lui donner de successeur, réservant une postérité aux seuls apôtres.

Revendiquant lui aussi la prédominance de la Bible il finit par rencontrer l’hostilité de l’église romaine et sera excommunié en 1410 et 1411 par un pape qui sera d’ailleurs destitué peu après. Obligé de quitter Prague, il est accueilli par la noblesse bohémienne et il profitera de cet exil forcé pour interpréter le « credo apostolique », les dix commandements, le notre père et rédige un « A propos de l’église ». Convoqué au concile de Constance en 1414 il subira un procès qui aboutira à sa condamnation à mort et à son exécution le 6 juillet 1415.

Cet événement conjugué à un contexte politique de lutte entre les communautés germanophones et les autochtones va être à l’origine du mouvement Hussite dont les grandes lignes reprendront les idées de Wycliffe et bien sûr de jean Hus. Très rapidement une majorité de la population de Bohême va s’avérer hussite. Pour les hussites il s’agit de moraliser la religion chrétienne aux mœurs extrêmement dissolues et de rétablir l’église dans ses fondements. Ces évènements vont donner lieu à une guerre (des hussites) qui verra s’opposer les tchèque hussites à une croisade formée d’une véritable coalition européenne.

En même temps, à peine créé le mouvement hussite va se scinder en deux. D’un côté va se former le camp modéré des Utraquistes dont les adeptes seront aussi appelés les Calixtins. Ce mouvement qui sera surtout constitué de nobles et de bourgeois, sera localisé à Prague et fondera sa doctrine sur les « quatre articles de Prague » qui sont l’énoncé de quatre préceptes.
En premier la communion devra pouvoir être transmise sous deux forme, le pain, et le vin (d’où leur nom utraquiste). Les biens de l’église devront être confisqués. Les péchés mortels devront faire l’objet de punitions et enfin chacun doit être libre de prêcher selon ses convictions.

L’autre branche sera celle des Taborite en référence à la ville de Tabor où ils se sont majoritairement installés. Ici ce sont surtout les masses populaires qui constituent les taborites (paysans et artisans). Nettement plus radicaux que les utraquistes leur convictions sont à la rencontre du nationalisme tchèque et de la moralisation des pratiques religieuses. Partisans de rituels en langue tchèque, ils exigent que soit pratiquée la communauté de bien. Ils rejettent les sacrements à l’exclusion du baptême et de l’eucharistie.

C’est sur cette ramification taborite que tentera de se greffer le mouvement adamite. Au Ier siècle la secte des adamites (aussi appelés prodiciens) fut fondée par Prodique (Prodicus) un disciple de Carpocrate. Les adamites vivaient nus comme Adam( ?) et refusaient la prière et le martyre. Les adamites du XVème siècle reprenaient une partie de ces lubies et y ajoutaient la suppression des structures sociales, de l’argent, du travail, de la noblesse, de la bourgeoisie, de l’administration, et de l’armée. Ils refusaient de cultiver la terre et ne devaient compter que sur le hasard de la nature pour être nourris. Installés dans l’île de Moldau près de Prague ils finirent par devenir intolérables et ils furent exterminés par les armées hussites de Jan Zizka Trocnova en 1421.

Après plus 20 ans de guerre dont les trois croisades se soldèrent par l’échec de la coalition, la branche utraquiste désirant consolider les acquis penchait pour la recherche d’un consensus, s’opposant ainsi aux taborites plus extrémistes. Après une ultime tentative infructueuse de régler le conflit par la force les catholiques finirent par accepter la négociation avec les utraquistes, non sans en avoir profité pour écraser l’armée de taborites à la bataille de Lipany en 1434. Ainsi les modérés utraquiste débarrassés des taborites purent arriver au bout de leurs tractations.
Une grande partie des utraquistes retourna dans le giron de l’église catholique, l’autre partie se joignant aux taborites rescapés finira par former avec eux l’ordre de frères tchèques qui deviendra l’ordre des Frères Moraves. A leur tour victimes de persécutions les Frères Moraves se réfugieront sur les terres du conte de Zinzendorf en Saxe où ils fonderont la communauté d’Herrnhut. A nouveau pourchassés les Frères moraves émigreront en Amérique du Nord où ils fonderont la ville de Bethléem en souvenir du nom de la chapelle où ils se réunissaient à Prague.

Les temps sont mûrs pour la réforme.

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La Crise .

Nous avons donc vu que les idées du protestantisme ne sont pas nées avec Luther mais qu’elles étaient depuis plusieurs siècles en gestation. On peut même par certains côtés estimer qu’en partie le protestantisme a restitué une église chrétienne plus originelle qu’un catholicisme romain avait largement perverti.

Si les prémices de la réforme sont faciles à retracer, en revanche il n’en va pas de même pour le développement du mouvement où l’amalgame entre les religions et certains qualificatifs qui en définissent les spécificités rendent les tentatives de discernement des chapelles particulièrement complexe.

Plus qu’ailleurs dans le protestantisme un adjectif peut être pris pour une religion et une religion peut partager avec d’autres un même qualificatif rendant difficiles ou improbables les la compréhension de l’ensemble du phénomène. C’est pourquoi nous devrons pour lever les doutes commencer par suivre le chemin des certitudes.

Ces certitudes ce résument au fait qu’il existe trois axes essentiels dans le développement du protestantisme, axes en relation avec l’origine des mouvements.
Le premier axe est celui de la réforme luthérienne.
Le deuxième est celui de la réforme de Zwingli développée par Calvin
Le troisième est celui de la réforme protestante issue de la rupture avec l’église anglicane.

En parallèle nous devrons comprendre comment les termes de baptistes, anabaptistes, évangélistes, congrégationalistes et d’autres, s’imbriquent dans cet ensemble. Mais avant il nous faut aborder chaque phase du processus, et d’abord l’acte fondateur, la réforme luthérienne.

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Luther ou le luthéranisme .

Luther se situe dans la lignée des contestataires dont nous avons déjà fait mention. Il n’est pas révolutionnaire ni schismatique et espère seulement que l’église va se discipliner. Le 31 octobre 1517, ses étudiants réagissent à la campagne des indulgences lancée par Albert de Brandebourg et affichent sur la porte de l’église de Wittenberg une lettre de Martin Luther constituée de 95 thèses ou propositions en vue de réformer une église déliquescente.

Ces thèses ne sont pas seulement des critiques envers les abus ecclésiastiques, mais elles font également des propositions tel que par exemple, l’accès à la Bible sans discrimination sociale, ou encore, l’égalité entre les hommes.

Rencontrant un écho favorable dans la population, ces opinions vont déclencher des soulèvements populaires.(Guerre des paysans-1525). Pour endiguer ce qui pourrait devenir une grave menace envers le pouvoir les grands princes convoquent en 1526 la « diète de Spire » où il sera question du commerce des indulgences, du mariage des prêtres et de la possibilité pour des laïcs de célébrer en partie le culte.

En réponse Charles Quint absent de la diète fait savoir que le choix en matière de culte est l’affaire des princes et qu’il leur appartiendra de décider de leur religion, quitte aux opposants à s’exiler vers un état favorable à leur foi.
Sous la pression papale Charles Quint revient sur ses décisions et convoque une deuxième et diète à Spire (1529). En conclusion les accords de 1526 seront supprimés, le culte catholique et la messe en latin seront rétablis.
Acceptant mal se revirement six princes et quatorze villes déposent une protestation auprès de l’empereur l’obligeant à reconnaître la nouvelle confession. Une nouvelle diète convoquée à Augsbourg en1530 confirme la résistance des princes, et débouche sur la rédaction par Melanchthon de la Confession d’Augsbourg qui composera en quelque sorte les statuts du protestantisme.

Excommunié depuis 1521 Luther constitue avec ses disciples l’église évangélique luthérienne . Ses idées vont se répandre en Europe et particulièrement en Suisse ou Zwingli va fonder la tradition réformée qui s’épanouira avec Calvin.

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La doctrine luthérienne .

La doctrine luthérienne repose sur l’énoncée des principes suivants :
Par la grâce seule
L’homme n’est pas sauvé par ses œuvres, mais par la grâce divine. La valeur individuelle ne dépend pas du statut social. Par cette définition Luther veutr instaurer avec Dieu un rapport de confiance et d’amour qui n’était pas favorisé par la menace catholique d’un enfer toujours promis.
Par la foi seule
Comme les œuvres ne sauvent pas, la confiance en Dieu devient une affaire personnelle qui ne peut être soumise à aucun endoctrinement.
Par l'écriture seule
C’est dans l’écriture que se trouve le témoignage de la parole de Jésus, et non pas dans leur explication dogmatique faite par la hiérarchie catholique.
En outre pour Luther les institutions ecclésiastiques sont des constrtuctions humaines et peuvent donc se tromper. C’est à partir de la Bible que ces institutions doivent se mettre en cause. Enfin chaque baptisé est prophète, prêtre, sous la seule seigneurie du Christ.


Les avatars du luthéranisme .

Tous les mouvements protestants sont des avatars du luthéranisme considéré dans son ensemble, mais en fait, ils sont plus spécifiquement descendants des réformateurs suisses ou des dissidents de l’église anglicane.
En descendance directe du luthéranisme nous trouvons le piétisme créé par Spener en 1689 et qui est une forme du luthéranisme proche de l’idée d’une religion sévère à la Quaker. Le piétisme s’est à son tour uni aux hussites que nous connaissons déjà pour créer la communauté d’Herrnhut dans le domaine du conte de Zinzendorf qui deviendra le premier évêque des frères moraves.

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L'église réformée, le calvinisme .

En 1525 Ulrich Zwingli qui était arrivé au même constat que Luther fait abolir la messe dans sa ville de Zurich. L’année suivante le premier culte réformé se tient dans la même ville. Bien que radical Zwingli ne souhaite pas pour autant émanciper son église de toute autorité et souhaite conserver une forme d’allégeance au pouvoir politique. Cette attitude est très controversée par certains disciples. Ils considèrent en effet qu’ils ne se sont pas émancipés du pouvoir papal pour se mettre sous les ordres du conseil municipal.

De ce fait alors que Luther et Zwingli n’ont pas encore stabilisé leurs églises, se dessine déjà une rupture au sein de l’église réformée. Les « radicaux » de Conrad Grebel fondent l’église anabaptiste qui deviendra plus tard sous l’instigation de Menno Simons, l’église Mennonite.

Si Zwingli peut être considéré comme le réformateur Suisse, il l’est avant tout celui de la Suisse alémanique. Calvin, ce français originaire de Picardie, sera lui le réformateur de la suisse romande et participera à l’extension de la réforme dans toute l’Europe.

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La doctrine de la réforme .

Prenant appui sur la doctrine luthérienne, la doctrine réformée insiste sur l’importance de la grâce divine pour le salut. Elle affirme nettement la prédestination de chacun à être ou non sauvé. Et enfin l’église réformée insiste sur les valeurs culturelles et l’importance du commerce.

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Les avatars de l'église réformée.

Les frères suisses marquent déjà leur différence avec Zwingli. Contrairement à ce dernier ils estiment qu’une religion ne peut être institutionnalisée.
Les anabaptiste de Melchior Hoffman ne voient que par la fin du monde (1538) et créent à Munster le règne eschatologique du Christ.
Les Huttérites forment une communauté repliée sur elle-même et qui refuse de tuer même en cas de légitime défense.
Les Brethen ou Frères baptistes Allemands émigrent rapidement en Amérique.
Le Munstérisme de Thomas Münzer, millénariste convaincu qui voyant arrivé l’échéance des 5000 ans de l’humanité, attend la fin du monde, tout comme le firent et pour les mêmes raisons les témoins de Jéhovah le 15 août 1975.

Plus caractéristiques et aussi plus connus furent les mennonites. Voulant pratiquer une religion plus pure et surtout détachée de tout pouvoir politique, ils héritèrent de l’anabaptisme de Grebel et finirent par être appelé mennonite du nom de Menno Simons un pasteur hollandais qui développera le mouvement. Cet anabaptisme pat leur intermédiaire rencontrera le mouvement congrégationaliste baptiste pour former les confessions baptistes en Amérique
Issus directement des mennonites et en représentant une forme absolue, les Amish voient le jour en Alsace à Sainte-Marie-aux-Mines ou Jacob Amman un pasteur en rupture avec le mouvement mennonite suisse souhaite une vie détachée de tout matérialisme. Les Amish émigreront en Amérique avec le destin que nous leur connaissons.

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La réforme issue de l' anglicanisme.

L’émergence de l’anglicanisme doit être située dans son environnement historique.1521 Luther est excommunié. 1530 publication de la ‘Confession d’Augsbourg’. 1525 Zwingli accomplit le premier rite réformé à Zurich. C’est dans ce mouvement de rejet d’une église catholique pervertie que ce situe donc l’épisode bien connu d’Henri VIII, Catherine d’Aragon et Anne Boleyn qui amènera Henri VIII à s’émanciper de la tutelle de Rome. C’est en 1531 que l’évêque de Cantorbéry déclare, un peu contraint, que le roi d’Angleterre sera désormais le chef suprême de l’église anglicane. Mais c’est l’année 1534 qui marquera l’acte fondateur de l’anglicanisme avec « l’Acte de suprématie » qui établit le roi d’Angleterre -et ses successeurs - chef de l’église anglicane totalement séparée de Rome.

Pour autant ne nous y trompons pas. Il ne s’agit en aucun cas de favoriser les vues de Luther Zwingli Calvin et leurs avatars. En éliminant le pape, le souverain entend bien se réserver l’autorité suprême, ne laissant aux évêques qu’un rôle subalterne. Autant dire qu’il est encore moins question de permettre à la communauté des fidèles d’organiser elle-même son destin comme le propose l’église presbytérienne . Dans les faits Henri VIII rétablit le Césaropapisme qui fut en son temps cher à Constantin Ier .

On l’a bien compris Henri VIII ne s’est pas contenté de dégager le pape de son horizon politique mais il a jeté les fondements d’un pouvoir absolu qui faisait du roi non seulement le chef de l’église mais un représentant direct et sacré du Dieu sur terre, ce qui ne manquerait pas d’agir sur les consciences populaires.
Après le passage éclair d’Edouard VI et la fantomatique apparition de Jeanne Grey, c’est Maris Tudor devenue Marie Ier qui en 1553 prendra le pouvoir et ira vers un rétablissement des liens avec Rome. Maris Ier dite Marie la sanglante (Bloody Mary) persécutera les protestants et va être à l’origine d’une première vague d’exil poussant les fuyards à établir des contacts avec les luthériens et les calvinistes sur le continent. En 1558 Elizabeth Ier succède à la papiste et revient à l’anglicanisme avec « L’Elyzabethan Religious Settlement » de 1559 , acte qui déclare l’église anglicane indépendante, entérinant de fait la rupture définitive avec Rome.
En 1581 Robert Browne considère que l’église doit reposer sur des accords contractuels et démocratiques pris par une assemblée de fidèles qui sont de ce fait la seule source de pouvoir. Dans cet esprit opposé à l’épiscopalisme anglican, Browne fonde la première église congrégationaliste chargée de fonctionner selon ces principes communautaristes.


Le puritanisme.

C’est à cette époque qu’apparaissent les puritains qui ne sont pas à proprement parler un courant religieux mais le résultat de la situation toute particulière de l’Angleterre où se sont télescopés les rejets du papisme et la tentative des communautés chrétienne d’imposer la réforme, en particulier celle inspirée par Calvin qui rejette la position de Zwingli et estime que la réforme ne s’était pas libérée du pape pour se mettre sous l’autorité du conseil municipal ( à fortiori celle du roi). En d’autres termes, une partie de la population anglaise et écossaise souhaite installer dans leurs pays une église non soumise à l’autorité temporelle ni à celle des évêques, mais bel et bien à celle des fidèles qui doivent pouvoir décider de leur propre destin. C’est ce presbytérianisme qui est mis en échec par une église Anglicane qui de plus, reprenant l’ensemble du dogme catholique, ne fait que remplacer le pape par le roi ne donnant pas satisfaction à l'élan purificateur à la base du schisme protestant. Les purificateurs devenus puritains se trouvent donc en opposition à la fois avec l’ordre spirituel et temporel, constituant de fait une menace avant tout politique. Encouragés à tort par la création d’une église presbytérienne en Ecosse (1560) les puritains anglais fondent de faux espoirs. Espoirs d’autant plus déçus lorsqu’en 1603 Jacques VI d’Ecosse succèdera à Elizabeth Ier sur le trône d’Angleterre sous le nom de Jacques Ier. Ce roi avait déjà eu maille à partir avec ses presbytériens écossais et n’entendait certainement pas accepter leur présence en l’Angleterre.

Une nouvelle vague d’exil verra ces puritains se lancer à la recherche d’espaces où ils pourront fonder leur royaume spirituel. Un puritain réfugié aux Pays-Bas va fréquenter les communautés mennonites héritières de l’anabaptisme, et qui considèrent que le baptême doit être une décision individuelle, et de ce fait, ne peut être accordé qu’aux adultes.De retour dans son pays, cet exilé, John Smith n’aura pas le temps d’agir, mais son successeur Thomas Helwis fondera en 1612 la première église baptiste. Les persécutions ne cessant pas, une grande partie des puritains devenus aussi pour certains congrégationalistes, ou baptistes ou les deux vont émigrer vers l’Amérique du nord. (May Flower )

Sur le sol américain mennonites et congrégationalistes vont initier le courant baptiste d’Amérique du nord. Comme nous le voyons l’anabaptisme des mennonites n’est pas l’opposé du baptisme des puritains. En revanche alors que l’anabaptisme prône la non violence, le refus du service militaire et de la peine de mort, le baptisme reste moins radical sur ces points.
Nous allons quitter l’aventure européenne et particulièrement anglicane pour nous enfoncer dans l’aventure américaine, mais au paravent nous devons encore parler d’un autre mouvement issu directement du puritanisme anglais, les Quakers.Mais avant établissons une chronologie des évènements


Chronologie des évènements ayant concourus ou étant concomitants à l’établissement de l’église Anglicane

1491- Naissance du futur roi Henri VIII d’Angleterre
1509- Avènement d’Henri VIII et son mariage avec Catherine d’Aragon.
1516- Naissance de Marie, fille d’Henri VIII et Catherine d’Aragon.
1516- Avènement de Charles Quint.
1516- Publication d’Utopia de Thomas More.
1521- Excommunication de Luther.
1529- Thomas More devient Chancelier d’Henri VIII.
1531- William Warham, archevêque de Cantorbéry déclare le Roi d’Angleterre chef supérieur de l’église anglicane.
1532- Henri VIII épouse Anne Boleyn en secret.
1533- Excommunication d’Henri VIII par le pape Clément VII.
1534- Promulgation de l'Acte de Suprématie consiédéré comme l'évènement fondateur de l'église anglicane.
1536- Exécution d’Anne Boleyn.
1539- Création de l'acte des 6 articles, qui organise l'église anglicane sur le modèle catholique à l'exclusion bien entendu de la reconnaissance de l'autorité papale.
1540- Henri VIII se marie avec Anne de Clèves qu’il répudie la même année et épouse Catherine Howard.
1542- Exécution de Catherine Howard, Henri VIII épouse Catherine Parr.
1547- Mort d’Henri VIII et avènement à d’Edouard VI fils du roi et de Jeanne Seymour.
1553- Jeanne Grey est reine d’Angleterre pour 9 jours. (La reine de 9 jours).
1553- Avènement de Marie Ier (Tudor) fille d’Henri VIII et de Catherine d’Aragon dite Marie la sanglante. (Bloody Mary)
1556- Condamnation de Thomas Cranmer et rétablissement de l’autorité de Rome sur l’église d’Angleterre par Marie Ier.
1558- Mort de Marie Ier et Avènement d’Elizabeth Ier fille d’Henri VIII et d’Anne Boleyn 1559- La reine Elizabeth Ier entérine la séparation définitive avec Rome en édictant le « Elyzabethan Religious Settlement ».
1603- Mort d’Elizabeth Ier et fin de la dynastie Tudor
1603- Jacques VI roi d’écosse depuis 1567 devient roi d’Angleterresous le titre de Jacques Ier, marquant le départ du règne des Stuart.


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Les Quakers.

George Fox développe une spiritualité mystique enracinée dans la bible et fortement dirigée par l’action du Saint-Esprit. La non-violence, l’objection de conscience, l’assistance aux blessés sont les caractéristiques de cette société qui ne se prétend pas véritablement attachée au protestantisme. L'un des fondement du mouvements Quakers est de considérer que la religion est d'abord une affaire personnelle. Il existe une masse important d'information sur ce sujet, aussi nous sommes nous seulement contenté de l'inscrire dans le contexte, sans entrer dans le détail.

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Les mouvements évangélistes.

Nous avons jeté les bases européennes, il va nous falloir maintenant émigrer mais il nous faut encore insister sur un autre terme fréquemment rencontré, celui d’évangéliste. Voilà encore une définition difficile à situer et qui majoritairement s’applique à presque tous les mouvements de la réforme.

Pour faire simple on peut dire que l’évangélisme est la primauté du lien religieux porté sur l’évangile. En d’autres termes c’est à l’écriture de servir de guide et non à la hiérarchie ecclésiastique. L’autre caractéristique de l’évangélisme est que l’on ne né pas chrétien on le devient par acte de foi. De plus chaque fidèle doit pouvoir accéder directement à Dieu sans avoir besoin d’une hiérarchie intermédiaire en conséquence de quoi l’évangélisme est fondé sur une communauté non cléricale de fidèles.

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La deuxième génération anglo-saxonne.

Les méthodistes.

John Wesley est un pasteur anglican. En revenant d’Amérique il voyage avec les frères moraves et reste impressionné par leur ferveur. De retour dans une Angleterre industrielle riche où la pauvreté du peule augmente il part prêcher dans les cités industrielles.
Particulièrement organisé et méthodique, Wesley prêche pour une participation active dans la vie sociale, jointe à une morale irréprochable, et l’action de l’œuvre du Saint-Esprit dans la transformation de la personne.
L’église anglicane ne reconnaît pas ces « nouveaux convertis » et de ce fait Wesley va créer un mouvement qui va grandir en Angleterre et Amérique, l’église méthodiste

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Les pentecôtistes.

Le pentecôtisme est issu directement du méthodisme et en partie du baptisme. A l’abolition de l’esclavage les noirs qui avaient été enrôlés dans les églises méthodistes et baptistes ne souhaitaient pas fréquenter les mêmes lieux de cultes que leur anciens maîtres. De plus leurs rituels étaient teintés de traditions africaines, danse, chant (Négro spiritual).
Outre l’accent mis sur l’importance du Saint-Esprit, les pentecôtistes croient à la glossalie ou parler en langue, c'est-à-dire la capacité de parler sous illumination (ou transe) des langues inconnues. Ils croient également à la guérison par imposition des mains.

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L' Adventisme.

En 1843, un prédicateur méthodiste américain du nom de William Miller, annonçait le retour du christ en se basant sur Daniel l8-9. Puis réalisant que le calendrier géorgien ne comportait pas d’année zéro, il prétendit que le retour en était décalé d’une année. La non-venue du Christ a été appelée « la Grande déception ». Sur cette dynamique plusieurs groupes millerites ( de Miller) se formèrent, et l’un de ceux-ci deviendra sous l’impulsion d’Ellen White , le adventistes du septième jour.

Ellen White centre principalement son œuvre sur le second avènement du Christ. Elle a également milité pour l’hygiène et le respect du corps. C’est elle tout particulièrement qui « explique » et justifie la non-venue du Christ. « Jésus n’est pas revenu le 22 octobre 1844, mais il est rentré dans un lieu très saint du sanctuaire céleste (why not !!)

Les adventistes sont l’exemple parfait de ce qui ailleurs pourrait s’appeler l’intégration. En effet ils tirent leurs sources du Luthéranisme, du baptisme, du piètisme et du méthodisme.

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Les Témoins de Jéhovah.

Le mouvement se fonde sur l’œuvre de Charles Taze Russell, pasteur américain presbytérien qui trouve son inspiration dans le millénarisme (idée d’un règne terrestre du messie, après la destruction de l’antéchrist et le jugement dernier). Russell fonde les « étudiants de la bible internationaux » ainsi que la « Watchtower Bible and Tract Society (tour de garde) »
Dès la mort de Russel (1917) à1931 va se dessiner une séparation au sein des étudiants de la bible. Les fidèles à Russel conserveront le nom des étudiants de la Bible alors que la tendance dissidente fidèle à Watchtower prendra le nom de « Témoins de Jéhovah »

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